posts de juin 2007


La moustache

A la communion de Laure, ma nièce, j’avais remarqué que beaucoup d’hommes portaient la moustache. Comme j’en ai toujours eu envie j’ai décidé de la laissé pousser. Elle est épaisse et noire.
Les premières remarques arrivèrent, mercredi, de Julie et Mireille. Je les ai surprises au bureau en discussion là-dessus : Ça te va pas. T’es pas beau avec. Demain… Elle fait le geste de me raser. Mireille approuva avec une grimace. Et secouant la tête pour dire non.
Le lendemain Julie revient à la charge : tu l’as fait exprès parce que tu sais qu’on t’aime pas avec cette moustache. J’avais bien vu mais je pensais que c’était que pour quelques jours.
Hier ce sont les deux Nat qui montent aux créneaux et en discutent avec les autres collègues : ça te donne un côté méchant, alors que tu es gentil et un côté voyou, alors que c’est pas vrai. Faut que tu l’enlève. Elle me passe une main dans le dos affectueusement.
Il y a une unanimité : la moustache c’est pas pour moi. Mais je crois savoir pourquoi. Elle m’enlève cette fausse distinction que je n’aime pas et fait ressortir le laboureur du Haut-Doubs dont je suis si fière d’être descendant. Néanmoins je vais devoir la sacrifier mais je vais attendre un peu.
Quand on se fait la bise le matin, Marie me dit parfois : Tu es toujours rasé de près et tu sens bon. Et c’est ce qu’elles veulent.

2 juin, terne

Reflexion : L’amour, c’est  chaque jour la connaître un peu mieux, par un détail physique ou moral. Et lorsque cela cesse l’amour est fini.

Vu : Carmen, de Bizet sur France 3. Le romantique que je suis se laisse emporté par cette musique et cette histoire.

Lu : Au printemps / Où gazouillent des milliers d’oiseaux / Toutes choses / Se renouvellent / Moi seul vieillis.

 

1er juin, sinistre et pluvieux.

Kevin : La maison bruisse encore de son prénom. Ce matin il a été mis en bière et incinéré cet après-midi. Les rumeurs veulent que son départ soit dû à sa rupture avec sa copine. Aucun autre sujet de conversation n’a vraiment fait surface. Ceux qui sont allé le voir au crématorium y ont rencontré sa famille atterrée.

Je n’ai pu m’empêcher de dire à mes collègues que j’avais du respect pour ce gamin. Toutes les explications ne valent pas ça : il a prit la décision de poser son fardeau et de laisser les autres continuer sans lui.

Lu :

Pour rentrer au port, / Ma barque, fendant les roseaux / Rencontre maints obstacle / Mais, d’arriver bientôt à vous / Ne croyez pas qu’ils m’empêcheront ! /

(Anonyme VIII e siècle)

Photo :

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Entendu :

Je veux me glisser sous ta peau… Florent Vintrinier.

Poésie :

Elle est là en moi qui me torture
Me rendant cette vie de plus en plus dure
J’écoute ses silences
Tâchés de complaisance
Elle se nourrit de ma misère
Se délecte de mes angoisses
Circulant dans toutes mes artères
Épuisant ma carcasse.
Elle s’est faite prison
Forteresse imprenable
Cachée dans le donjon
Elle se croit inviolable
Parfois elle semble m’oublier
Je retrouve ma liberté
Je respire à pleins poumons
A m’enivrer de cet air qui sent si bon
Mais très vite sa griffe cruelle
De ma perpétuité se rappelle.
Alors je courbe le dos
Recevant d’elle les pires maux
Il n’est d’ennemi plus puissant
Invisible conquérant
Elle est l’envers de la quiétude
Elle a pour doux nom : solitude.
B.T

Anonyme trouvé sur la toile. Terrible non de ne pas connaître l’auteur ?

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