posts de janvier 2008


Le Mouvement

Ce matin-là Anne se leva à six heures précises. Elle ne voulait rien rater des événements de la journée, qui devaient être retransmis à la télé à partir de sept heures. La semaine dans sa totalité était fériée, donc, elle et son mari, Simon, étaient de repos. Lui resta au lit.
- Il n’arrivera qu’à dix heures, pourquoi, regarder avant ?
- Je suis anxieuse tu peux pas savoir. On attend ce moment depuis si longtemps. Je me demande à quoi il ressemble.
Après avoir prit sa douche, elle sortit acheter du pain. La rue était calme et elle fit deux ou trois rencontres avec lesquelles elle papota. Elle ne cessait pourtant de se demander pourquoi elle, militante depuis 5 ans n’avait pas reçu de mission.
Quand Simon se leva, il alla comme chaque jour imperturbablement ouvrir son ordinateur dans son petit bureau et envoya un message. Anne était assise devant la télé est regardait une émission sur le Mouvement.
- Il raconte n’importe quoi.
- Ah ! Bon ?
- Ils disent que le Mouvement est vieux de 15 ans. Mais il est bien plus vieux.
- Comment tu le sais ?
- Par des Vétérans !
- Ah ! Bon !
- Pourquoi tu n’en as jamais voulu faire partie ?
- ça ne m’intéresse pas.
- Tu as peut-être bien raison ! Aujourd’hui je n’ai pas reçu de mission, ni d’affectation. Tu t’imagines.
- Elles peuvent encore arriver non ?
- Oui !
Mais elle n’y croyait pas. Elle y voyait une injustice.
- Ce n’est qu’un oubli je pense.
On frappa à la porte. Elle ouvrit à un voisin.
- Tu as vu la rue, Anne ?
Elle sortit. Des Gardes en uniforme y étaient alignés de chaque côté sur toute la longueur.
- Il va passer ici ?
- Je ne sais pas.
- Tu pourrais te renseigner.
Après avoir parcouru une vingtaine de mètres elle reconnut un garde en chef :
- Qu’est-ce qui se passe ?
- Je n’en sais pas plus que toi ! Mais c’est le grand décorum. Je n’ai pas vu ça ailleurs.
De retour à la maison elle eut beaucoup de mal de sortir Simon de son ordinateur.
- La rue est remplie de Gardes.
- Tant mieux. Tu seras aux premières loges comme ça.
Elle retourna dehors. Elle ne revint que vers dix heures moins le quart.
- Tu devrais venir voir. Des caméras de télévision sont arrivées.
- Je tape encore ça et j’arrive.
Elle repartit au salon et en revint aussitôt.
- Notre rue est à la télé, je sorts.
- ça se précise.
Simon se changea et s’assit dans un fauteuil. Il regardait la télé mais pensait à autre chose. Anne vit bientôt une dizaine de voiture remonter la rue et s’arrêter devant sa maison. En descendirent des chefs des vétérans. Ils entrèrent dans le jardin et allèrent à la porte. Anne revint sur ses pas.
- Que voulez-vous ?
Mais Simon avait ouvert la porte. Il portait l’uniforme de la garde avec le brassard, noir et doré.
- X527A
- Le code secret du jour ! dit Anne.
Les hommes se mirent au garde à vous. Anne ne comprenait plus rien. Deux femmes vinrent l’encadrer. Le chef des gardes s’avança. Simon lui posa la main sur l’épaule :
- Connétable !
- Moi aussi je suis fier de te rencontrer Vincent.
L’homme avait les larmes aux yeux. Le Connétable, celui qui avait initié le Mouvement était devant lui, celui avec lequel il correspondait tous les jours depuis quinze ans sans jamais l’avoir vu était là en face de lui.
- Aller Vincent on y va.
Simon s’approcha de Anne qui pleurait.
- Maintenant tu sais pourquoi tu n’as pas reçu d’affectation. Elles vont prendre soin de toi. Bonjour Myriam. Bonjour Rachida.
Il salua ses voisins comme chaque jour. Alors toute la rue retentit du cri de ralliement du mouvement que les Gardes poussèrent : Tous unis !
Simon monta à l’arrière d’une voiture. Il tendit la main au chauffeur, celui-là même auquel le matin il avait demandé de le conduire.
- Bonjour Paul !
L’homme se retourna.
- Je suis tellement heureux de te voir.
- Moi aussi ! Démarre ne nous mettons pas en retard.
Les voitures partirent.
Le cortège prit la direction de l’aéroport sous les cris et les applaudissements. Là, le Connétable devait prendre l’avion pour rejoindre l’hexagone dans la nouvelle capitale.
Anne à la maison ne revenait pas de sa surprise. Son téléphone sonnait sans cesse mais les jeunes femmes répondaient à sa place. Simon était Le Connétable.

Simone de Beauvoir – Art Shay – 1952

Simone de Beauvoir - Art Shay - 1952 dans Femme : Portrait 226-beauvoir-

Elle avait toutes les intelligences !

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