posts de mai 2008


(Balthasar Klossowski de Rola) Balthus (1908-2001) : Alice dans le miroir – 1933

215balthus.jpg
huile sur toile, 162 x 112 cm. Musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou. Photo: RMN/Philippe Migeat

chronique : n° 8

Il arrive souvent qu’à partir d’une réponse que l’on m’a fait ou de plusieurs dans une journée mon imagination se mette en route et le soir je cherche s’il y avait un sens général à ces mots épars entendus ce qui me permettrait de savoir ce que l’on dit sur moi. Mais souvent je me persuade moi-même que tout cela n’a pas un sens caché et que laisse trop travailler mon imagination.

(Balthasar Klossowski de Rola) Balthus (1908-2001) : Michelina endormie – 1975

08051405balthus.jpg

crayon et fusain
sur papier « peau d’éléphant »
70 x 100 cm

Arles

Des découvertes sous-marines exceptionnelles ont eu lieu, à Arles. Elles ont mis au jour de nombreux éléments de statuaire antique dont certains sont uniques en Europe. Plusieurs pièces présentent un intérêt exceptionnel, parmi lesquelles :

- un buste grandeur nature de César âgé. Ce buste en marbre du fondateur de la cité romaine d’Arles constitue la plus ancienne représentation aujourd’hui connue de César. Typique de la série des portraits réalistes d’époque républicaine (calvitie, traits dus à l’âge…), il date sans doute de la création de la ville d’Arles en 46 avant Jésus-Christ ;

- une statue de Neptune en marbre de près de 1,80 m de hauteur ; datée de la première décennie du IIIe siècle.

- une statue en bronze du satyre phrygien Marsyas. Cette statue (haute d’ environ 70 cm), dont les mains sont liées derrière le dos, est sans doute d’origine grecque hellénistique ; -

une statue en bronze de Victoire d’environ 70 cm de hauteur. Se présentant en demi-relief, elle était sans doute vouée à décorer un parement de marbre.

 

Hors les deux statues en bronze, l’ensemble des éléments de statues découverts sont en marbre, à l’exception d’une base supportant un lion qui semble en calcaire local (Beaucaire). S’ajoutent à cette statuaire, un chapiteau corinthien en marbre, des fragments de chapiteaux avec feuilles d’acanthe, deux stèles, un autel et des colonnes.
Certains de ces objets seront mis en dépôt et présentés au musée départemental de l’Arles Antique.
Cette découverte a été réalisée dans le cadre d’une opération d’expertise archéologique sous-marine menée par le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM) du ministère de la Culture et de la Communication. Une seconde opération est d’ores et déjà programmée pour l’été 2008. Le site a également révélé deux nouvelles épaves.
Cette découverte confirme une fois encore l’importance du patrimoine sous-marin et rappelle la nécessité d’en assurer la protection, l’étude et la valorisation.

chronique : n° 7 : Déborah

Ce matin elle a téléphoné pour des sièges de jardin. Laetitia me l’a passé. Nous avons discuté après. Elle voudrait que je passe un soir chez elle. Elle a perdu mon numéro parce que son portable à eut un problème. La santé du père de Julie s’est détériorée : certainement son cancer de la gorge… Elle m’a demande si j’avais reçu son message ” au début ” comme elle a dit. J’ai dit non.

Que vous inspire cette image ?

58160corpsenlace350.jpg

paindepices : Entre ombre et lumière, un homme, une femme, deux êtres si différents se sont trouvés. Leur désir est intense. Elle, voluptueuse et nue, s’abandonne, lui offrant toute sa tendresse. Leurs regards ne se croisent pas. Ils s’aiment en silence, leurs corps entrelacés se parlent.Osmose dans l’étreinte, ils ne font plus qu’un.

Wolfgang Doeblin (Vincent Doblin)

Né le 17 mars 1915 à Berlin, Wolfgang Doeblin était le fils d’Alfred Doeblin. Ce dernier, homme de gauche et psychiatre, fut l’un des grands romanciers expressionnistes allemands de l’entre-deux-guerres. Il est l’auteur de Berlin Alexanderplat.
Wolfgang Doeblin rejoint son père réfugié à Zurich au lendemain de l’incendie du Reichstag, puis la famille s’installe à Paris en 1934. Plus tard à l’Institut Henri-Poincaré, il se tourne vers la théorie «pure» des probabilités, qui connait un nouvel essor depuis que le mathématicien soviétique Andrei Kolmogoroff s’y est intéressé. Wolfgang est incorporé dans l’armée française en octobre 1938, et refuse à quatre reprises de devenir élève-officier, comme ses titres universitaires le lui permettaient. Doeblin est mobilisé en septembre 1939 comme télégraphiste. Après une campagne héroïque qui lui vaudra plusieurs citations, le jeune soldat, se voyant encerclé par l’armée allemande, préféra se tirer une balle dans la tête plutôt que de connaître l’humiliation de la captivité, le 21 janvier 1940 à Housseras (Vosges). Or, quelques mois avant sa mort, en février 1940, Wolfgang Doeblin avait adressé un pli cacheté à l’Académie des sciences de Paris, qui fut enregistré le 26 février. Ce pli est resté fermé jusqu’au 18 mai 2000, date à laquelle son jeune frère Claude Doblin a autorisé les chercheurs à l’ouvrir et l’étudier. Il contenait une centaine de pages manuscrites griffonées à la hâte et portant sur l’équation de Kolmogorov. Ces pages étaient l’œuvre d’un génie.

Jean Moulin – Nu – 1968

042moulin.jpg

Teeth

58160jessweixler1.jpg

Les dents de la fille : Dawn, lycéenne sans histoire, redouble d’efforts pour refouler tout désir sexuel. Elle milite d’ailleurs activement dans un groupe prônant la chasteté jusqu’au mariage. Mais, cette abstinence est de plus en plus mise à rude épreuve. D’abord, par le séduisant Tobey, dont elle tombe amoureuse. Ensuite, par les provocations à répétition de Brad, son demi-frère à la sexualité très extravertie. La vie de Dawn va brutalement basculer le jour où elle découvre avec effroi qu’en cas d’agression, son vagin peut devenir une arme de défense grâce aux nombreuses dents dont il est tapissé ! Ce que la jeune castratrice prenait d’abord pour une damnation va en fait s’avérer très vite être un pouvoir particulièrement incisif.

Ré-actualisation du vieux mythe du vagin denté !

11 mai

L’Univers – ou, plutôt, la perception que nous en avons – présente, en effet, une … particularité fascinante : lorsque nous regardons loin dans l’espace, nous regardons, aussi nécessairement en arrière dans le temps, cela en raison de la vitesse finie de la propagation de la lumière et de toute autre type de signal. Ainsi, la lumière du Soleil nous parvient après 8 minutes de parcours, et cet astre nous apparait donc, à tout instant tel qu’il était 8 minutes auparavant. (…) La grande nébuleuse de la constellation d’Andromède, la plus proche des grandes galaxies spirales semblables à notre Voix lactée, se trouve à une distance de 2,3 millions d’années lumière, et nous la voyons telle qu’elle était il y a 2,3 millions d’années, à l’époque où Australopithecus et Homosapiens se battaient pour survivre.

chronique : n° 6

Finalement lorsque on voit que l’être humain n’utilise la parole que pour tromper son prochain on se dit que les animaux ont peut-être moins de moyens de communications mais en tout cas le peu qu’ils possèdent, ils l’utilisent mieux que nous.

8 mai

58156ilrisquedepleuvoir1211879172.jpgEntendu : Antoine Rougemont se rend à un enterrement dans la famille de son ex-femme, Inès. Il occupe une belle place dans le monde des assurances, mais pas aussi importante que celle d’Alexandre, le nouveau mari d’Inès, à la tête du groupe leader en France. Dans l’assemblée, il y a beaucoup de gens qui ont réussi leur carrière, et qui en veulent plus encore, à tout prix. Tous ces assureurs attendent une autre mort : celle de la Sécurité sociale, énorme gâteau qu’ils rêvent d’empocher. Et Antoine hésite : faut-il se rendre au luxueux cocktail qui suivra la cérémonie funèbre ? Un roman grinçant sur l’avenir radieux du monde contemporain. ” 4e de couverture du roman : Il risque de pleuvoir, de Emmanuelle Heidsieck.
http://www.marianne2.fr/Emmanuelle-Heidsieck-la-mort-de-l…l
Le rythme effréné de Il risque de pleuvoir est celui avec lequel le monde de l’assurance a remis en cause le principe de solidarité de la Sécurité sociale, en quelques années à peine, avec le consentement à peine voilé des gouvernements qui se sont succédé depuis 2002.

chronique : n° 5

Avec elle, est partit l’inspiration : plus rien ne vient.
Après ce long hiver la nature est prise d’une véritable ivresse : tout verdit.

Charles Cros

Au printemps, c’est dans les bois nus
Qu’un jour nous nous sommes connus.

Les bourgeons poussaient vapeur verte.
L’amour fut une découverte.

Grâce aux lilas, grâce aux muguets,
De rêveurs nous devînmes gais.

Sous la glycine et le cytise,
Tous deux seuls, que faut-il qu’on dise ?

Nous n’aurions rien dit, réséda,
Sans ton parfum qui nous aida

chronique : n° 4

Réflexion : Il y a de la métempsychose dans l’écriture. On va chercher au fond de soi des êtres que l’on aurait pu être.

chronique : n° 3

Humeur : Ces premiers jours de mai sont chauds et ensoleillés, mais une angoisse indéfinissable m’empêche de me laisser aller à la douceur ambiante et à la joie de vivre qu’amène ce beau temps.

chronique : n° 2

Réflexion : Améliorer, ranger, chaque chose ou chaque endroit sur lesquels je suis amené à intervenir.

Baltasar Gracian (1601-1658) – L’homme de cour – CLXXXI Ne point mentir, mais ne point dire toutes les vérités

Rien ne demande plus de circonspection que la vérité, car c’est se saigner au cœur que de la dire. Il faut autant d’adresse pour la savoir dire que pour la savoir taire. Par un seul mensonge l’on perd tout ce que l’on a de bon renom. La tromperie passe pour une fausse monnaie, et le trompeur pour un faussaire, qui est encore pis. Toutes les vérités ne se peuvent pas dire : les unes parce qu’elles m’importent à moi-même, et les autres parce qu’elles importent à autrui.

Alain (Emile Chartier – 1868-1951) : Maux d’esprit

L’imagination est pire qu’un bourreau chinois ; elle dose la peur ; elle nous la fait goûter en gourmets. Une catastrophe réelle ne frappe pas deux fois au même point ; le coup écrase la victime ; l’instant d’avant elle était comme nous sommes quand nous ne pensons point à la catastrophe. Un promeneur est atteint par une automobile, lancé à vingt mètres et tué net. Le drame est fini ; il n’a point commencé ; il n’a point duré ; c’est par réflexion que naît la durée.

Aussi, moi qui pense à l’accident, j’en juge très mal. J’en juge comme un homme qui, toujours sur le point d’être écrasé, ne le serait jamais. J’imagine cette auto qui arrive ; dans le fait, je me sauverais si je percevais une telle chose ; mais je ne me sauve pas, parce que je me mets à la place de celui qui a été écrasé. Je me donne comme une vue cinématographique de mon propre écrasement, mais une vue ralentie, et même arrêtée de temps en temps ; et je recommence ; je meurs mille fois et tout vivant. Pascal disait que la maladie est insupportable pour celui qui se porte bien, justement parce qu’il se porte bien. Une maladie grave nous accable sans doute assez pour que nous n’en sentions plus enfin que l’action présente. Un fait a cela de bon, si mauvais qu’il soit, qu’il met fin au jeu des possibles, qu’il n’est plus à venir, et qu’il nous montre un avenir nouveau avec des couleurs nouvelles. Un homme qui souffre espère, comme un bonheur merveilleux, un état médiocre qui, la veille, aurait fait son malheur peut-être. Nous sommes plus sages que nous ne croyons.

Les maux réels vont vite, comme le bourreau va chez nous. Il coupe les cheveux, échancre la chemise, lie les bras, pousse l’homme. Cela me paraît long, parce que j’y pense, parce que j’y reviens, parce que j’essaie d’entendre ce bruit des ciseaux, de sentir la main des aides sur mon bras. Dans le fait une impression chasse l’autre, et les pensées réelles du condamné sont des frissons sans doute, comme les tronçons d’un ver ; nous voulons que le ver souffre d’être coupé en morceaux ; mais dans quel morceau sera la souffrance du ver ?

On souffre de retrouver un vieillard revenu à l’enfance, ou un ivrogne hébété qui nous montre « le tombeau d’un ami ». On souffre parce que l’on veut qu’ils soient en même temps ce qu’ils sont et ce qu’ils ne sont plus. Mais la nature a fait son chemin ; ses pas sont heureusement irréparables ; chaque état nouveau rendait possible le suivant ; toute cette détresse que vous ramassez en un point est égrenée sur la route du temps ; c’est le malheur de cet instant qui va porter l’instant suivant. Un homme vieux, ce n’est pas un homme jeune qui souffre de la vieillesse ; un homme qui meurt ce n’est pas un vivant qui meurt.

C’est pourquoi il n’y a que les vivants qui soient atteints par la mort, que les heureux qui conçoivent le poids de l’infortune ; et, pour tout dire, on peut être plus sensible aux maux d’autrui qu’à ses propres maux, et sans hypocrisie. De là un faux jugement sur la vie, qui empoisonne la vie, si l’on n’y prend garde. Il faut penser le réel présent de toutes ses forces, par science vraie, au lieu de jouer la tragédie.

Victor Hugo (1802-1885) : 1er mai

Tout conjugue le verbe aimer. Voici les roses.
Je ne suis pas en train de parler d’autres choses.

Premier mai ! l’amour gai, triste, brûlant, jaloux,
Fait soupirer les bois, les nids, les fleurs, les loups ;
L’arbre où j’ai, l’autre automne, écrit une devise,
La redit pour son compte et croit qu’il l’improvise ;
Les vieux antres pensifs, dont rit le geai moqueur,
Clignent leurs gros sourcils et font la bouche en cœur ;
L’atmosphère, embaumée et tendre, semble pleine
Des déclarations qu’au Printemps fait la plaine,
Et que l’herbe amoureuse adresse au ciel charmant.

A chaque pas du jour dans le bleu firmament,
La campagne éperdue, et toujours plus éprise,
Prodigue les senteurs, et dans la tiède brise
Envoie au renouveau ses baisers odorants ;
Tous ses bouquets, azurs, carmins, pourpres, safrans,
Dont l’haleine s’envole en murmurant : Je t’aime !

Sur le ravin, l’étang, le pré, le sillon même,
Font des taches partout de toutes les couleurs ;
Et, donnant les parfums, elle a gardé les fleurs ;
Comme si ses soupirs et ses tendres missives
Au mois de mai, qui rit dans les branches lascives,
Et tous les billets doux de son amour bavard,

Avaient laissé leur trace aux pages du buvard !
Les oiseaux dans les bois, molles voix étouffées,
Chantent des triolets et des rondeaux aux fées ;
Tout semble confier à l’ombre un doux secret ;
Tout aime, et tout l’avoue à voix basse ; on dirait
Qu’au nord, au sud brûlant, au couchant, à l’aurore,
La haie en fleur, le lierre et la source sonore,
Les monts, les champs, les lacs et les chênes mouvants,
Répètent un quatrain fait par les quatre vents.

12

openspach |
CFDT SNCF Languedoc Roussillon |
Marc Champel |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | souvenirsdelecolejeanmoulin
| CUIRS AUX BANQUES
| ART DE DEPLAIRE