posts de mai 2008


Pierre Louys (1870 – 1925) : Les Lèvres

Oui, des lèvres aussi, des lèvres savoureuses,232lvres.jpg
Mais d’une chair plus tendre et plus fragile encore,
Des rêves de chair rose à l’ombre des poils d’or
Qui palpitent légers sous les mains amoureuses.

Des fleurs aussi, des fleurs molles, des fleurs de nuit,
Pétales délicats alourdis de rosée
Qui fléchissent, pliés sur la fleur épuisée
Et pleurent le désir, goutte à goutte, sans bruit.

Ô lèvres, versez-moi les divines salives,
La volupté du sang, la chaleur des gencives
Et les frémissements enflammés du baiser !

Ô fleurs troublantes, fleurs mystiques, fleurs divines,
Balancez vers mon cœur, sans jamais l’apaiser,
L’encens mystérieux des senteurs féminines !

Guillaume Apollinaire (1880 – 1918) : Mai

Le mai le joli mai en barque sur le Rhin
Des dames regardaient du haut de la montagne
Vous êtes si jolies mais la barque s’éloigne
Qui donc a fait pleurer les saules riverains

Or des vergers fleuris se figeaient en arrière
Les pétales tombés des cerisiers de mai
Sont les ongles de celle que j’ai tant aimée
Les pétales flétris sont comme ses paupières

Sur le chemin du bord du fleuve lentement
Un ours un singe un chien menés par des tziganes
Suivaient une roulotte traînée par un âne
Tandis que s’éloignait dans les vignes rhénanes
Sur un fifre lointain un air de régiment

Le mai le joli mai a paré les ruines
De lierre de vigne vierge et de rosiers
Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers
Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes

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