posts de octobre 2009


Soir de fête…

Par le chemin désert et sombre
nous rentrions, un peu avant minuit
tout étourdit de la musique, du bruit
et de la griserie des manèges.

Nous ramenions notre lot de berlingots
et de bonbons des Vosges,
de porte-clés et de sifflets,
de souvenirs et de regrets.

Les étoiles filantes d’août,
nous faisaient lever la tête
et les verts luisants
perçaient l’obscurité des fossés.

Plein d’une fatigue inconnue
nos fredonnions
la chanson scie de l’été
et attendions notre destinée !

Platon : Phèdre

SOCRATE : – Le dieu Teuth, inventeur de l’écriture, dit au roi d’Egypte :

 » Voici l’invention qui procurera aux Egyptiens plus de savoir et de mémoire : pour la mémoire et le savoir j’ai trouvé le médicament qu’il faut  » – Et le roi répliqua :  » O Teuth très industrieux, autre est l’homme qui se montre capable d’inventer un art, autre celui qui peut discerner la part de dommage et celle d’avantage qu’il procure à ses utilisateurs. Père des caractères de l’écriture, tu es en train, par complaisance, de leur attribuer un pouvoir contraire à celui qu’ils ont. Conduisant ceux qui les connaîtront à négliger d’exercer leur mémoire, c’est l’oubli qu’ils introduiront dans leurs âmes : faisant confiance à l’écrit, c’est du dehors en recourant à des signes étrangers, et non du dedans, par leurs ressources propres, qu’ils se ressouviendront ; ce n’est donc pas pour la mémoire mais pour le ressouvenir que tu as trouvé un remède. Et c’est l’apparence et non la réalité du savoir que tu procures à tes disciples, car comme tu leur permets de devenir érudits sans être instruits, ils paraîtront pleins de savoir, alors qu’en réalité ils seront le plus souvent ignorants et d’un commerce insupportable, car ils seront devenus de faux savants. « 

[…] Ainsi celui qui croit avoir consigné son savoir par écrit tout autant que celui qui le recueille en croyant que de l’écrit naîtront évidence et certitude, sont l’un et l’autre tout pleins de naïveté dans la mesure où ils croient trouver dans les textes écrits autre chose qu’un moyen permettant à celui qui sait de se ressouvenir des choses dont traitent les écrits.


PHÈDRE : – C’est très juste.

SOCRATE : – Car ce qu’il y a de redoutable dans l’écriture, c’est qu’elle ressemble vraiment à la peinture : les créations de celle-ci font figure d’êtres vivants, mais qu’on leur pose quelque question, pleines de dignité, elles gardent le silence. Ainsi des textes : on croirait qu’ils s’expriment comme des êtres pensants, mais questionne-t-on, dans l’intention de comprendre, l’un de leurs dires, ils n’indiquent qu’une chose, toujours la même. Une fois écrit, tout discours circule partout, allant indifféremment de gens compétents à d’autres dont il n’est nullement l’affaire, sans savoir à qui il doit s’adresser. Est-il négligé ou maltraité injustement ? il ne peut se passer du secours de son père, car il est incapable de se défendre ni de se secourir lui-même. « 

Seul le poète…

Le poète, seul, connait la valeur et la puissance des mots !
Lui seul sait les placer dans la phrase,
dans la bonne lumière,
pour qu’ils se mettent en valeur mutuellement
pour qu’ils expriment pleinement leur sens !
Il en est avare.
il construit sa phrase pour eux et non avec eux.

Le poète est le jardinier des mots !

Instant…

Vous marchiez à côté de moi, avec quelques pas d’avance.
Vous m’offriez en plus d’un parfum léger, les lignes douces et arrondies de votre profil.
Une onde de chaleur, provoquée par les mouvements gracieux de votre corps, parcouru le mien.

Passage !

Comme…

… le premier chant d’oiseau de l’aurore !
… le cri de l’enfant s’éveillant à la vie !
… l’envolée d’une nuée d’étourneaux, dans le soleil couchant !
… mon cœur a bondit en croisant ton regard et en revoyant ton visage !

Mort d’Irving Penn

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Colette, par Penn

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