Marie-Hélène Carbonel : Consuelo de Saint-Exupéry : Une mariée vêtue de noir.
7 mai, 2010 @ 10:33 A retenir,Livres

57156consuelo.jpgLe mot de l’éditeur: Pour la première fois la vie de Consuelo dévoilée, sans fards ni censure. Lettres inédites, journaux intimes, enregistrements privés, archives personnelles, redonnent son vrai visage à la rose du Petit Prince.
Née en 1901 au Salvador, morte en 1979 à Grasse, Consuelo Suncín épouse, en troisième noce d’Antoine de Saint Exupéry, nous révèle enfin son vrai visage.
Peintre, sculpteur, et conteuse émérite, maîtresse du ministre de l’Education mexicain, José Vasconcelos, élève de Diego Rivera, elle se meut dans le monde des artistes de son temps avec une aisance peu commune depuis l’Amérique jusqu’à l’Europe. Elle n’a que 26 ans lorsqu’elle épouse à Nice le grand chroniqueur guatémaltèque Enrique Gómez Carrillo. Elle fréquente dans les années folles, tout ce que le monde offre de personnalités de renom : depuis des Prix Nobel comme Maeterlinck ou Gabriela Mistral, en passant par des hommes politiques comme Poincaré ou Clémenceau.
Sa rencontre avec Antoine son troisième mari, la propulse à 30 ans, dans un autre monde, plus difficile à appréhender pour elle car elle n’en possède pas les codes.
Après des années houleuses, l’Exode lui fait vivre une expérience hors du monde qui lui inspira son roman Oppède. Là encore lettres d’amour magnifiques, télégrammes enflammés, tous inédits, viennent souligner cette époque exaltée et exaltante, tandis que Saint Ex s’est replié à New York.
Lorsqu’enfin elle l’y rejoint c’est pour trouver après des mois d’incertitudes, la paix et la réconciliation avec son mari. C’est alors que nait « leur enfant » : Le Petit Prince. Véritable acte de contrition de la part d’Antoine, dernier adieu avant de rejoindre sa planète. Il lui dit et écrit combien il regrette de ne pas lui avoir dédié ce conte dont elle est l’inspiratrice et la rose. On connaît la suite pour Antoine : porté disparu le 31 juillet 1944…
Mais Consuelo continue à vivre tant bien que mal, et plutôt mal que bien les années qui suivent jusqu’à sa propre mort. Elle peint, elle expose dans le monde entier se déplace beaucoup pour faire revivre la mémoire de ses deux maris d’exception que furent les deux grands écrivains qui l’épousèrent.
Elle s’éteint à Grasse des suites d’une crise d’asthme plus forte que les autres. Se sentant décliner, chaque nuit, au cours de ses deux dernières années, elle livre au dictaphone les souvenirs émouvant d’une vie, où elle ne s’épargne rien.
Elle le fait, en dépit de la gêne que cela lui procure, car « On a trop dit de mensonges »…
Elle a donc demandé ainsi qu’on rétablisse la vérité. Ce qui est fait désormais. Editions du Rocher

-Jean
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