posts de mai 2010


57-157

Entendu : Les maîtres d’école sont des jardiniers en intelligences humaines. Victor Hugo, Faits et croyances – Océan, 1840

Vladimir Gusev (1957-

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Sans les livres je n’aurais pas, à l’âge de la crainte,
connu le doute, le dégoût, le sarcasme et le scepticisme.
Antonius Alexis Hendricus Struycken (Fratlamur, 1928)

Marie-Hélène Carbonel : Consuelo de Saint-Exupéry : Une mariée vêtue de noir.

57156consuelo.jpgLe mot de l’éditeur: Pour la première fois la vie de Consuelo dévoilée, sans fards ni censure. Lettres inédites, journaux intimes, enregistrements privés, archives personnelles, redonnent son vrai visage à la rose du Petit Prince.
Née en 1901 au Salvador, morte en 1979 à Grasse, Consuelo Suncín épouse, en troisième noce d’Antoine de Saint Exupéry, nous révèle enfin son vrai visage.
Peintre, sculpteur, et conteuse émérite, maîtresse du ministre de l’Education mexicain, José Vasconcelos, élève de Diego Rivera, elle se meut dans le monde des artistes de son temps avec une aisance peu commune depuis l’Amérique jusqu’à l’Europe. Elle n’a que 26 ans lorsqu’elle épouse à Nice le grand chroniqueur guatémaltèque Enrique Gómez Carrillo. Elle fréquente dans les années folles, tout ce que le monde offre de personnalités de renom : depuis des Prix Nobel comme Maeterlinck ou Gabriela Mistral, en passant par des hommes politiques comme Poincaré ou Clémenceau.
Sa rencontre avec Antoine son troisième mari, la propulse à 30 ans, dans un autre monde, plus difficile à appréhender pour elle car elle n’en possède pas les codes.
Après des années houleuses, l’Exode lui fait vivre une expérience hors du monde qui lui inspira son roman Oppède. Là encore lettres d’amour magnifiques, télégrammes enflammés, tous inédits, viennent souligner cette époque exaltée et exaltante, tandis que Saint Ex s’est replié à New York.
Lorsqu’enfin elle l’y rejoint c’est pour trouver après des mois d’incertitudes, la paix et la réconciliation avec son mari. C’est alors que nait « leur enfant » : Le Petit Prince. Véritable acte de contrition de la part d’Antoine, dernier adieu avant de rejoindre sa planète. Il lui dit et écrit combien il regrette de ne pas lui avoir dédié ce conte dont elle est l’inspiratrice et la rose. On connaît la suite pour Antoine : porté disparu le 31 juillet 1944…
Mais Consuelo continue à vivre tant bien que mal, et plutôt mal que bien les années qui suivent jusqu’à sa propre mort. Elle peint, elle expose dans le monde entier se déplace beaucoup pour faire revivre la mémoire de ses deux maris d’exception que furent les deux grands écrivains qui l’épousèrent.
Elle s’éteint à Grasse des suites d’une crise d’asthme plus forte que les autres. Se sentant décliner, chaque nuit, au cours de ses deux dernières années, elle livre au dictaphone les souvenirs émouvant d’une vie, où elle ne s’épargne rien.
Elle le fait, en dépit de la gêne que cela lui procure, car « On a trop dit de mensonges »…
Elle a donc demandé ainsi qu’on rétablisse la vérité. Ce qui est fait désormais. Editions du Rocher

L’héritage

Défendue par certains anthropologues, l’idée que la rencontre entre Cro-Magnon et Neandertal ait été féconde n’avait jusqu’à présent pas trouvé de confirmation dans les études de paléo-génétique. La revue Science publie cette semaine un rebondissement de taille: le croisement aurait bien eu lieu, même s’il demeure marginal, selon l’équipe de Svante Pääbo, de l’Institut Max Planck de Leipzig. Nous aurions quelques gènes néandertaliens : 1 à 4% de l’ensemble de notre génome.

Cette même équipe avait d’abord écarté l’hypothèse. La comparaison de l’ADN mitochondrial (contenu par les mitochondries dans la cellule) de Neandertal et d’Homo sapiens ne montrait aucune parenté. Après le premier décodage de l’ADN nucléaire (du noyau de la cellule) de Neandertal, les chercheurs n’avaient pas non plus repéré de similitude avec l’ADN de Sapiens.

Après quatre ans de travail, Svante Pääbo et ses collègues disposent désormais d’environ 60% de la séquence génétique d’Homo neandertalensis, soit plus de 4 milliards de nucléotides obtenus à partir de trois fragments d’os de trois Néandertaliens. Grâce à des techniques nouvelles mises au point pour récupérer, trier et analyser ce matériel, les chercheurs publient une première carte du génome néandertalien.

Pour la comparer, Pääbo et ses collègues ont aussi séquencé l’ADN de cinq humains actuels originaires d’Afrique, d’Afrique de l’ouest, de France, de Chine et de Papouasie Nouvelle-Guinée.

Le génome de Neandertal a plus de similitudes avec les hommes actuels vivants hors d’Afrique, constatent les chercheurs. Ils suggèrent donc que les croisements entre les premiers hommes modernes et les néandertaliens ont eu lieu il y a longtemps, après avoir quitté l’Afrique mais avant de se disperser en Europe et en Asie. C’est au Moyen-Orient, il y a au moins 100.000 ans, que les deux branches humaines se seraient mélangées, avancent les chercheurs.

Au-delà de ces mystérieuses rencontres, ce qui intéresse Pääbo et ses collègues c’est l’identification des gènes qui ont permis à l’homme moderne de prospérer, tandis que Neandertal s’est éteint. Pour cela ils cherchent des régions du génome qui ont rapidement évolué chez l’homme moderne mais pas chez Neandertal. Ils en ont isolé 212, dont 20 qui ont subi une sélection très forte. Parmi ces gènes qui auraient conféré un avantage à l’homme moderne au cours de l’évolution, plusieurs concernent la cognition (apprentissage, relations aux autres…) et le métabolisme.

129 :

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William Bouguereau (1825-1905)

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Max Beckmann (1884-1950) : Femme dans la chemise blanche

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La parole n’est qu’un bruit et les livres ne sont que du papier.
Paul Claudel, Tête d’or

Jean-François Millet : L’Angelus

L’Angélus de Jean-François Millet, date de 1858. En plein champs un couple de paysans prie, des outils posés près d’eux. On devine l’angélus sonner au clocher lointain (celui de l’église Saint-Paul des XIIe et XVe siècles de Chailly-en-Bière, près de Barbizon).

À la suite de La récolte des pommes de terre et Des glaneuses, Millet s’attache ici à représenter avec réalisme et délicatesse un aspect de la vie quotidienne des campagnes de son temps. Parallèlement au goût des foules paysannes pour les pratiques magiques et les grandes cérémonies ostentatoires, la deuxième moitié du XIXe siècle voit le développement au sein du monde paysan d’une piété plus profonde et plus personnelle. La prière de l’angélus est tout à fait représentative de cette sensibilité.

Ce tableau s’inspire de son enfance paysanne. « L’Angélus est un tableau que j’ai fait en pensant comment, en travaillant autrefois dans les champs, ma grand-mère ne manquait pas, en entendant sonner la cloche, de nous faire arrêter notre besogne pour dire l’angélus pour ces pauvres morts » disait Millet. Il ne cherche pas à représenter la religiosité du monde rural, mais à fixer son rythme de vie.

Ce tableau a été très largement reproduit sur différents objets et supports et copié ou réinterprété par d’autres artistes XIXe siècle et du XXe siècle. Salvador Dali en particulier était fasciné par ce travail, et lui a consacré un livre entier (le Mythe tragique de l’Angelus de Millet). En 1938, Dali écrit que les paysans figurant sur le tableau, n’étaient pas simplement en prière suite à l’Angelus, mais qu’ils se recueillaient devant un petit cercueil. En 1963, Dali insiste et obtient du Louvre que le tableau soit radiographié. Sous la peinture, au premier plan, est effectivement masqué le cercueil d’un enfant.

Des variations de ce tableau de Millet apparaissent dans plusieurs de ses propres peintures. En 1889, la volonté de rachat du tableau par le Louvre est devenu en France une affaire d’État et médiatique, opposant la droite royaliste qui ne voulait pas de cette acquisition, au gouvernement qui ne voulait pas que le tableau devienne la propriété des musées américains. L’État ne réunissant pas la somme nécessaire, le tableau fut acheté par l’American Art Association en 1890, mais aussitôt revendue à Alfred Chauchard, qui le lègue aux musées nationaux à sa mort, en 1909. Dès lors, exposé au Louvre, il est lacéré par un déséquilibré en 1932. Il est affecté au musée d’Orsay en 1986.

L’inventaire de l’atelier de Gustave Courbet

58151selfportraitcourbetwithblackdogcourbetgustave.jpgL’inventaire de l’atelier de Gustave Courbet établi en 1879 après le décès du peintre faisant partie du patrimoine franc-comtois, voire mondial, sera prochainement consultable par les chercheurs ou simples passionnés des œuvres de Gustave Courbet.

L’inventaire en question était jusqu’à lundi soir conservé dans un office notarial de Besançon depuis plus de cent ans et c’est son actuel propriétaire, Me Raphaël Callier qui très solennellement à remis le précieux document au président du conseil général, Claude Jeannerot au siège de la Chambre des Notaires du Doubs.

Visiblement très émue, Nathalie Vidal, directrice des archives départementales du Doubs, est ainsi devenue la nouvelle gardienne de ce document culturel exceptionnel.

La minute (acte original) comporte 21 pages manuscrites, elle liste et estime, parfois pour 1 franc, les quelques 501 œuvres ayant appartenu à Gustave Courbet. Ce document, rendu public lundi pour la première fois enrichit le fond Courbet, déjà dépositaire d’un premier inventaire, et s’inscrit dans le projet scientifique et culturel « Pays de Courbet, pays d’artiste ».

43 / Cédric Buchet : décembre 1999

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Mithra

Les vestiges d’un lieu de culte dédié à Mithra ont été retrouvés à l’emplacement de l’ancienne clinique Saint-Louis, à Angers. Dès le début des fouilles, en janvier, les archéologues avaient conclu à la présence d’une villa gallo-romaine très importante. Parmi les différents bâtiments, « le propriétaire avait créé un sanctuaire au dieu Mithra, » révèle Jean Brodeur, le responsable des fouilles.

Une découverte exceptionnelle à plusieurs titres. D’abord parce que c’est le premier « mitraeum » découvert dans l’Ouest. Jusqu’ici, aucun historien ne savait qu’un culte au dieu Mithra avait été rendu dans la région. Le dernier site, en Europe, a été découvert en 1986 à Bordeaux ! Ensuite par la richesse des objets retrouvés : des fragments de statues, de poteries, beaucoup de pièces de monnaie… « On a un vase zoomorphe en poterie, représentant un cervidé. C’est le seul en Europe pour cette période ! s’extasie Maxime Mortreau, céramologue. Une dédicace en grec : c’est la seule connue au nord de la Loire… » Un vase complet avec dédicace explicite à Mithra, les fragments d’un bas relief représentant le dieu sacrifiant un taureau, les morceaux d’un rare lustre en terre cuite aux figures d’Africains…

Le temple, construit au début du IIIe siècle, a été détruit à la fin du IVe, comme en témoignent des traces d’incendie (terre et morceaux de poutre brûlées) et la fragmentation de tous les objets de culte. La tête du dieu a été martelée. « Le mithriacisme est une religion monothéiste qui a été ramenée de Perse par les légionnaires romains, explique Jean Brodeur. Elle faisait concurrence au christianisme. » Elle a donc été interdite en 392 par l’empereur Théodose et le temple ravagé. Jusqu’à ce que, 1 600 ans plus tard, les archéologues le mettent au jour. Le site et le mobilier seront présentés au public les 5 et 6 juin pour les Journées de l’archéologie.

Urana Marchesini

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Dessin

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Maria Giovanna Peri : Jeune fille lisant – 2005

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C’est pour le moins un sort pénible que d’être ce que nous appelons hautement cultivé et de ne pas en jouir: d’assister au grand spectacle de la vie et de ne jamais se délivrer de son être borné, affamé, grelottant – de ne jamais être pleinement possédé par cette gloire que nous contemplons, de ne jamais sentir notre conscience se transformer en ravissement dans la vigueur d’une pensée, l’ardeur d’une passion, l’énergie d’une action, mais de rester toujours un érudit sans inspiration, ambitieux et timide, scrupuleux et de vues obscures.
Comme son nom ne l’indique pas, il s’agit d’une femme dont l’œuvre est archi connue des anglophones; beaucoup moins des français d’aujourd’hui et bien à tort: Proust fut un fervent lecteur d’Adam Bède!
George Eliot

Voici le mois de mai

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Où les fleurs volent au vent.
Voici le mois de mai
Où les fleurs volent au vent.
Si jolie mignonne,
Où les fleurs volent au vent
Si mignonnement.

Le gentil fils du roi
S’en va les ramassant
Le gentil fils du roi
S’en va les ramassant
Si jolie mignonne,
S’en va les ramassant
Si mignonnement.

Il en ramasse tant
Qu’il en remplit ses gants.

A sa mie les porta
Les donna en présent.

Prenez, prenez ma mie
Je vous donne ces gants.

Portez-les donc, ma mie
Trois ou quatre fois l’an.

À Pâques, à la Toussaint,
À Noël, à Saint-Jean.

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