posts de juin 2010


4) Brigitte Bardot : Le Mépris – 1963

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L’idéal quand on lit, c’est de tout oublier.
Savoir que dans un livre se trouve un ton, qu’on va être étonné, émerveillé, ému à coup sûr, qu’on va sourire, qu’on va connaître un plaisir sans retenue.
Le savoir pendant des années, se retenir d’aller vérifier, puis un jour risquer un œil, pour voir. Et ne pas être déçu.
La grande joie qui nous emplit, que n’a certes pas connue l’auteur du livre.

Gilles Archambault, Les plaisirs de la mélancolie 4289

« La Femme mariée » de Jean-Luc Godard – 1964 : Macha Meryl

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Moi, j’ai toujours pensé que le cinéma était intéressant
parce que ça permettait de comprendre sans lire.

Jean-Luc Godard

Gustave Courbet (1819-1877) : Trois anglaises à la fenêtre –

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Peinte à Trouville à l’été 1865.  

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Lu : « La tête de Jeanne Forgues, épouse Loubatière, 4 septembre 1867. » Cette petite note accompagnait un crâne emballé dans un chapeau haut-de-forme, trouvé à Agen le 16 juin. Il fut découvert dans une cloison au cours de la démolition d’une cheminée.

58184juliengreen.jpgNote de lecture : Je voudrais écrire pour celui qui est seul. Julien Green (1900-1998) : Journal 1935-1939 Le Livre de Poche n° 3704 p. 252

J’ai connu plusieurs écrivains qui se croyaient des géants parce qu’ils vivaient au pays des nains. Quoi que nous en ayons, il faut, si nous voulons savoir ce que nous valons vraiment, nous reporter en arrière et nous comparer à ce qu’il y a de meilleur. Entre vivants, les jugements que nous portons les uns sur les autres sont suspects. A tous les écrivains qui se croient quelque chose, je conseille une courte promenade le long des quais ; qu’ils jettent un coup d’œil dans les boîtes des bouquinistes, ils verront ce que vaut leur petite gloire. Julien Green (1900-1998) : Journal 1935-1939Le Livre de Poche n° 3704 p. 261

Opinion : Les radios et les télés fonctionnent à plein sur un non-événement : la coupe du monde foot et ses petits incidents collatéraux. A côté de ça le sort de millions d’africains ne s’améliore pas. Quand au Golf du Mexique ?

Paul Eluard : Puisqu’il le faut

Dans le lit ton corps se simplifie57210jeanloupsieffhloseallonge1972.jpg
Sexe liquide univers de liqueur
Liant des flots qui sont auteur de corps
Entiers complets de la nuque aux talons
Grappe sans peau grappe-mère en travail
Grappe servile et luisante de sang
Entre les seins les cuisses et les fesses
Régentant l’ombre et creusant la chaleur
Lèvre étendue à l’horizon du lit
Sans une éponge pour happer la nuit
Et sans sommeil pour imiter la mort.
Frapper la femme monstre de sagesse
Captiver l’homme à force de patience
Doucer la femme pour éteindre l’homme
Tout contrefaire afin de tout réduire
Autant rêver d’être seul et aveugle.

Photo : Jean-Loup Sieff, 1972, Héloïse allongée.

Federico Garcia Lorca (1898-1936) : Madrigal d’été

Presse ta bouche pourpre sur la mienne,
Etoile, la gitane !
Et sous l’or solaire du grand midi
Je mordrai à la pomme.

Par les verts oliviers de la colline,
Il est une tour maure
Qui rappelle le teint de ta peau brune
Fleurant miel et aurore.

Ton corps brûlé au soleil me dispense
Le divin aliment
Qui fait fleurir le cours d’eau apaisé
Et s’étoiler les vents.

Pourquoi t’es-tu livrée, lumière brune ?
Pourquoi m’as-tu donné remplis
D’amour ton sexe de lys
Et la rumeur de tes seins ?

Serait-ce pour mon air si triste ?
(O ma lourde démarche !)
Ou si ma vie t’a fait pitié
Qui à chanter se fane ?

Pourquoi n’as-tu préféré à mes plaintes
Les cuisses en sueur
D’un saint Chrisptophe campagnard, lentes
Dans l’amour et superbes ?

Danaïde des voluptés, tu es
Un Sylvain féminin
Dont les baisers ont le parfum des blés
Grillés par le soleil.

Obscurcis-moi les yeux avec ton chant.
Laisse ta chevelure
S’épandre solennelle comme un voile
D’ombre sur la verdure.

Rougis pour moi de ta bouche sanglante
Tout un ciel d’amour
Où sur un fond de chair luit la violette
Etoile des douleurs.

Mon Pégase andalou est le captif
De tes yeux ouverts.
Il s’envolera dolent et pensif
Lorsqu’il les verra morts.

Quand tu ne m’aimerais pas, moi je t’aime
Pour ton regard sombre
Ainsi que pour sa rosée l’alouette
Aime le jour nouveau.

Presse ta bouche pourpre sur la mienne,
Etoile, la gitane !
Et laisse-moi sous le feu de midi
Mordre à la pomme.

Livre de Poèmes – Poésie/Gallimard : Traduction de André Belamich

Gustave Courbet (1819-1877) : Portrait de Juliette – 1844

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Juliette, née en 1831 et sœur de Gustave, fera dont de cette toile à la ville de Paris en 1909. Elle est actuellement au Petit Palais.

Gustave l’avait présenté au Salon de 1845, avec comme titre : « Portrait de Mlle la baronne de M. », « Pour rire », comme il l’écrira à ses parents.

Marie Nizet (1859-1922) : La Torche

Marie Nizet (1859-1922) : La Torche dans Femme : Enlacement 57-186-duo-

Je vous aime, mon corps, qui fûtes son désir,
Son champ de jouissance et son jardin d’extase
Où se retrouve encor le goût de son plaisir
Comme un rare parfum dans un précieux vase.

Je vous aime, mes yeux, qui restiez éblouis
Dans l’émerveillement qu’il traînait à sa suite
Et qui gardez au fond de vous, comme en deux puits,
Le reflet persistant de sa beauté détruite.

Je vous aime, mes bras, qui mettiez à son cou
Le souple enlacement des languides tendresses.
Je vous aime, mes doigts experts, qui saviez où
Prodiguer mieux le lent frôlement des caresses.

Je vous aime, mon front, où bouillonne sans fin
Ma pensée à la sienne à jamais enchaînée
Et pour avoir saigné sous sa morsure, enfin,
Je vous aime surtout, ô ma bouche fanée;

Je vous aime, mon coeur, qui scandiez à grands coups
Le rythme exaspéré des amoureuses fièvres,
Et mes pieds nus noués aux siens et mes genoux
Rivés à ses genoux et ma peau sous ses lèvres…

Je vous aime ma chair, qui faisiez à sa chair
Un tabernacle ardent de volupté parfaite
Et qui preniez de lui le meilleur, le plus cher,
Toujours rassasiée et jamais satisfaite.

Et je t’aime, ô mon âme avide, toi qui pars
- Nouvelle Isis – tentant la recherche éperdue
Des atomes dissous, des effluves épars
De son être où toi-même as soif d’être perdue.

Je suis le temple vide où tout culte a cessé
Sur l’inutile autel déserté par l’idole ;
Je suis le feu qui danse à l’âtre délaissé,
Le brasier qui n’échauffe rien, la torche folle…

Et ce besoin d’aimer qui n’a plus son emploi
Dans la mort, à présent retombe sur moi-même.
Et puisque, ô mon amour, vous êtes tout en moi
Résorbé, c’est bien vous que j’aime si je m’aime.

Recueil:  Pour Axel de Missie

Auguste Renoir (1841-1919) : Le grand Arbre – 1910-12

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Il n’y a rien de plus beau qu’un arbre, se plait à dire Alain Le Goff.
Le pauvre homme ne possède aucun arbre à lui,
mais tout ceux qu’il peut voir sont ses complices dans le grand jeu de la Création.

Le Chaval d’Orgueil, de Pierre Jakez Hélias

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