posts du 19 octobre, 2010


Gertrud Kolmar (1894-1943) : Lettres

57322kolmar.jpgJ’apprends la cuisine comme toi ton anglais et ton espagnol, sans savoir non plus si je mettrai jamais à profit mes connaissances. Mais outre que la compétence n’a jamais nui à personne, le simple sentiment de la posséder est à lui seul un vrai réconfort. Quand j’ai moi-même commencé à apprendre les langues, je ne me doutais évidemment pas qu’elles seraient un jour un « atout ». Pourtant, si je me trouve aujourd’hui dans de meilleures dispositions spirituelles que bien des gens dont la situation n’est par ailleurs plus mauvaise que la mienne, je le dois sans doute en partie à la conscience et à l’assurance de pouvoir me faire comprendre où que j’aille, immédiatement ou du moins assez vite. Naturellement, comme je l’ai dit, ce n’est pas seulement cette conscience qui me tient debout… 16-10-1938 à Hilde, p. 43

Victor Hugo (1802-1885)

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont
Ceux dont un dessein ferme emplit l’âme et le front.
Ceux qui d’un haut destin gravissent l’âpre cime.
Ceux qui marchent pensifs, épris d’un but sublime.
Ayant devant les yeux sans cesse, nuit et jour,
Ou quelque saint labeur ou quelque grand amour.
C’est le prophète saint prosterné devant l’arche,
C’est le travailleur, pâtre, ouvrier, patriarche.
Ceux dont le cœur est bon, ceux dont les jours sont pleins.
Ceux-là vivent, Seigneur ! les autres, je les plains.
Car de son vague ennui le néant les enivre,
Car le plus lourd fardeau, c’est d’exister sans vivre.
Inutiles, épars, ils traînent ici-bas
Le sombre accablement d’être en ne pensant pas.

Emilienne d’Alençon

Où donc repose-t-il  à présent, l’être cher ?
Dans le creux de quel arbre ou sous quelle colline ?
Quel oreiller soutient son beau visage clair ?
Sur quels draps argileux crispe-t-il ses mains fines ?

Autrefois, sur mon bras, il dormait tendre et fier ;
Je voyais son regard  travers ses paupières,
A-t-il pris, pour mourir, sa pose familière ?
Et ses yeux sans regards, peut-être, sont ouverts ?

Je n’écarterai plus ses cheveux sur sa tête,
Je ne le verrai plus sourire en s’éveillant,
Je ne connaîtrai plus la délicate fête
De prendre, en un baiser, la gaîté de ses dents.

Que n’ai-je pu du moins, charmer sa dernière heure !
Eclairer la douleur et l’ombre du chemin ;
Pour qu’il sente qu’une âme est près de lui, qui pleure,
Que je borde son lit de mes tremblantes mains.

Mais non ! le lit est fait de feuilles et de terre,
C’est un lit à la fois, étroit, vaste et glacé…
Sans couronnes de fleurs, sans cierges mortuaires,
Je ne sais où – là-bas – est mort le bien-aimé !

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Etre femme, c’est une douleur.
Quand on devient jeune fille, bien-aimée ou mère, ça fait mal.
Mais le plus intolérable, c’est d’être une femme qui n’a pas connu toutes ces douleurs.

Blaga Dimitrova.

Paul Delvaux (1897-1994)

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Ma consolation est qu’à cette heure
je suis sûre que quelque part
on fait l’amour.
Antoinette Madeleine de Fontaine-Martel (-1733), Les Mots de la fin

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