posts du 30 octobre, 2010


Félix Leclerc (1914-1988) : Prière bohémienne

À tous les Bohémiens, les Bohémiens de ma rue
Qui sont pas musiciens, ni comédiens, ni clowns
Ni danseurs ni chanteurs ni voyageurs ni rien
Qui vont chaque matin, bravement, proprement,
Dans leur petit manteau
Sous leur petit chapeau,
Gagner en employés le pain quotidien;
Qui sourient aux voisins
Sans en avoir envie,
Qui ont pris le parti d’espérer
Sans jamais voir de l’or dans l’aube ou dans leur poche,
Ces braves Bohémiens, sans roulotte ni chien,
Silencieux fonctionnaires aux yeux fatigués.

J’apporte les hommages émus,
Les espoirs des villes inconnues,
L’entrée au paradis perdu
Par des continents jamais vus;
Ce sont eux qui sont les plus forts
Qui emportent tout dans la mort.

Devant ces Bohémiens, ces Bohémiens de ma rue
Qui n’ont plus que la nuit pour partir
Sur les navires bleus de leur jeunesse enfuie.
Glorieux oubliés
Talents abandonnés
Comme des sacs tombés au bord des grands chemins.

Qui se lèvent le main
Cruellement heureux d’avoir à traverser
Des journées
Ensoleillées, usées,
Où rien n’arrivera que d’autres embarras,
Que d’autres déceptions,
Tout au long des saisons,
J’ai le chapeau bas à la main
Devant mes frères Bohémiens.

Jules Seeberger (1872-1932) : Liseuse

56301jseebergerleserin.jpg

Issus d’une famille bavaroise installée à Lyon en 1860 puis à Paris, Jules, Louis et Henri suivent les cours de dessin de l’école Bernard Palissy. En 1891, Jules réalise ses premières photographies et participe avec Henri aux concours annuels de la Ville de Paris (1903-1904).
En 1905, ils commencent à travailler pour des éditeurs de cartes postales, des séries sur Paris avec les frères Kunzli, puis avec l’éditeur Léopold Verger à partir de 1906. Louis les rejoint et, ensemble, ils photographient les grandes villes du Midi, les villégiatures de la Côte d’Azur ou la côte normande, les villes de cure ou de tourisme alpin, les champs de course, les petits métiers des ports ou de la campagne.
En 1909, ils se consacrent à la photographie de mode pour La Mode pratique, puis en 1910 à des reportages sur l’industrie pour l’encyclopédie Le Monde et la Science, tout en assurant le reportage des inondations de Paris. Vers 1925, Jules abandonne la photographie ; Henri et Louis continuent à fournir à la presse des photographies de mode et d’événements mondains jusqu’à la Seconde guerre mondiale.
En 1923, une agence d’Hollywood, l’International Kinema Research, leur commande des photographies documentaires sur Paris pour des décorateurs américains qui devaient recréer en studio le cadre de vie parisien. Ils y travaillent jusqu’en 1931, rejoints en 1927 et en 1930 par les deux fils de Louis, Jean (1910-1979) et Albert (né en 1914).
L’Etat a acheté en 1976 une grande partie de ce fonds. Les Archives photographiques (Médiathèque de l’architecture et du patrimoine) conservent les 3045 plaques de verre sur le patrimoine architectural, les sites, la vie quotidienne, tandis que la Bibliothèque nationale de France conserve les photographies de mode.

 

En savoir plus…

openspach |
CFDT SNCF Languedoc Roussillon |
Marc Champel |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | souvenirsdelecolejeanmoulin
| CUIRS AUX BANQUES
| ART DE DEPLAIRE