Félix Leclerc (1914-1988) : Prière bohémienne
30 octobre, 2010 @ 5:00 A chanter

À tous les Bohémiens, les Bohémiens de ma rue
Qui sont pas musiciens, ni comédiens, ni clowns
Ni danseurs ni chanteurs ni voyageurs ni rien
Qui vont chaque matin, bravement, proprement,
Dans leur petit manteau
Sous leur petit chapeau,
Gagner en employés le pain quotidien;
Qui sourient aux voisins
Sans en avoir envie,
Qui ont pris le parti d’espérer
Sans jamais voir de l’or dans l’aube ou dans leur poche,
Ces braves Bohémiens, sans roulotte ni chien,
Silencieux fonctionnaires aux yeux fatigués.

J’apporte les hommages émus,
Les espoirs des villes inconnues,
L’entrée au paradis perdu
Par des continents jamais vus;
Ce sont eux qui sont les plus forts
Qui emportent tout dans la mort.

Devant ces Bohémiens, ces Bohémiens de ma rue
Qui n’ont plus que la nuit pour partir
Sur les navires bleus de leur jeunesse enfuie.
Glorieux oubliés
Talents abandonnés
Comme des sacs tombés au bord des grands chemins.

Qui se lèvent le main
Cruellement heureux d’avoir à traverser
Des journées
Ensoleillées, usées,
Où rien n’arrivera que d’autres embarras,
Que d’autres déceptions,
Tout au long des saisons,
J’ai le chapeau bas à la main
Devant mes frères Bohémiens.

-Jean
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