posts de octobre 2010


Fresque de Lyon

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lire ce n’est jamais que fixer un point pour ne pas se laisser séduire, et détruire, par la fuite incontrôlable du monde.
Alessandro Baricco (1958 – …)

Paysage, refuge et nourriture

 

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Il nexiste pas de plus beau paysage que le corps vibrant ou alangui de qui lon aime ; pas de plus sûr refuge que lâme secrète et tendre de qui lon aime ; pas de meilleure nourriture que les caresses de qui lon aime.
Jean Simard (1916 – La Séparation

Maurice Rollinat (1846-1903) : Paysage d’octobre

Les nuages sont revenus,
Et la treille qu’on a saignée
Tord ses longs bras maigres et nus
Sur la muraille renfrognée.
La brume a terni les blancheurs
Et cassé les fils de la vierge ;
Et le vol des martins-pêcheurs
Ne frissonne plus sur la berge.

Les arbres se sont rabougris,
La chaumière ferme sa porte,
Et le joli papillon gris
A fait place à la feuille morte.
Plus de nénuphars sur l’étang ;
L’herbe languit, l’insecte râle,
Et l’hirondelle, en sanglotant,
Disparaît à l’horizon pâle.

Charles Cros (1842-1884) : Tsigane

Dans la course effarée et sans but de ma vie
Dédaigneux des chemins déjà frayés, trop longs,
J’ai franchi d’âpres monts, d’insidieux vallons.
Ma trace avant longtemps n’y sera pas suivie.

Sur le haut des sommets que nul prudent n’envie,
Les fins clochers, les lacs, frais miroirs, les champs blonds
Me parlent des pays trop tôt quittés. Allons,
Vite ! vite ! en avant. L’inconnu m’y convie.

Devant moi, le brouillard recouvre les bois noirs.
La musique entendue en de limpides soirs
Résonne dans ma tête au rythme de l’allure.

Le matin, je m’éveille aux grelots du départ,
En route ! Un vent nouveau baigne ma chevelure,
Et je vais, fier de n’être attendu nulle part.

Le Coffret de santal

 

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Etre femme est, en réalité, terriblement difficile:
en effet cela consiste à avoir essentiellement à faire à des hommes.
Joseph Conrad.

Michel Pinel : Face à l’objectif 2004

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En voir +
Une femme, c’est le mystère à portée de la main.
André Berthiaume, Contretemps.

Salma Hayek

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Salma Hayek dans Frida

Léopold Schmutzler (1864-1941) : Endormie

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La lecture, une porte ouverte sur un monde enchanté.
François Mauriac (1885-1970)

Fragment

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Il est difficile de définir l’amour. Dans l’âme c’est une passion de régner, dans les esprits c’est une sympathie, et dans le corps ce n’est qu’une envie cachée et délicate de posséder ce que l’on aime après beaucoup de mystères.
François de La Rochefoucauld (1613 – 1680)

Frederick Arthur Bridgeman (1847-1928) : La Couturière

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Frederick Arthur Bridgeman

Henri de Montherlant (1896-1972)

Le phénomène le plus important du XXe siècle est la toute-puissance de la propagande, qui aboutit à discréditer le jugement de l’homme, ou si vous voulez à discréditer l’homme en tant qu’être pensant. Aujourd’hui, l’organisation de la propagande est d’une telle puissance – internationale – et d’une telle habilité, que, partout dans le monde, l’homme, même lorsqu’il a une certaine valeur, n’est plus guère capable d’y résister, et cela dans tous les domaines. Le monde d’aujourd’hui est gouverné par le snobisme social, le snobisme politique, le snobisme intellectuel, le snobisme religieux, le snobisme artistique, le snobisme économique. J’entends par snobisme la conduite de celui qui adopte une certaine opinion, simplement parce qu’on lui a dit que c’était elle qu’il était convenable d’avoir. Il substitue cette opinion à la mode soit à son absence d’opinion, soit à une opinion toute contraire qu’il avait quand il réfléchissait personnellement. Le snobisme des classes populaires égale et dépasse celui des  » élites ». Montherlant, de Henri Perruchot Pour une bibliothèque idéale, p. 211

Noam Chomsky : Dix Stratégies de manipulation

1/ La stratégie de la distraction

Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions

Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple : laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

3/ La stratégie de la dégradation

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

4/ La stratégie du différé

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge

La plupart des publicités destinées au grand public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proches du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion

Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité

Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

9/ Remplacer la révolte par la culpabilité

Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution…!

10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

Mary Cassatt (1843-1926) : Le Figaro – 1878

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Lire est le seul moyen de vivre plusieurs fois.
Pierre Dumayet (1923-

Jozef Israëls (1824-1911)

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J’aime à lire comme une poule boit, en relevant fréquemment la tête, pour faire couler.
Daniel Pennac (1944 – …)

 

François Coppée (1842-1908) : Matin d’octobre

 

C’est l’heure exquise et matinale
Que rougit un soleil soudain.
A travers la brume automnale
Tombent les feuilles du jardin.

Leur chute est lente. On peut les suivre
Du regard en reconnaissant
Le chêne à sa feuille de cuivre,
L’érable à sa feuille de sang.

Les dernières, les plus rouillées,
Tombent des branches dépouillées ;
Mais ce n’est pas l’hiver encore.

Une blonde lumière arrose
La nature, et, dans l’air tout rose,
On croirait qu’il neige de l’or.

Couple / Le Cantique des Cantiques

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… Que tes caresses sont douces, ô ma fiancée !
Tes yeux sont des colombes derrière ton voile ;
Ta chevelure, un troupeau de chèvres
ondulant aux pentes de Galaad ;
Ton nombril, une coupe en demi-lune ;
Et tes seins comme deux faons, jumeaux d’une gazelles,
qui paissent parmi les lis.
(…)
- Verdoyante est notre couche, ô mon aimé !
Le parfum de ta barbe m’émeut,
et ton port majestueux, tel un cèdre du Liban.

Le Cantique des Cantiques.

Alexandre Dumas (1802-1870): Le Chevalier de Sainte-Hermine

58161dumas.jpgJ’avais dans mon étude de la route de Varennes, raconté qu’au somment de la montée, d’où l’on découvre entièrement la ville, le roi devait trouver une escorte. Les dragons ne s’y trouvant pas, un des gardes du corps qui servaient d’escorte au roi descendit et alla frapper à la porte d’une maison, à travers les contrevents de laquelle transparaissait de la lumière.
La reine et M. de Valory s’avancèrent de leur côté vers cette maison dont la porte se referma à leur approche. Le garde du corps s’avance, la repousse et se trouve en face d’un homme d’une cinquantaine d’années, vêtu d’une robe de chambre, ayant les jambes nues et les pieds dans des pantoufles.
C’était un gentilhomme (M. de Préfontaines) en sa qualité de major et de chevalier de Saint-Louis, avait deux fois prêté serment de fidélité au roi. Mais, en cette circonstance, le cœur lui faillit ; reconnaissant la reine, il refusa d’abord de répondre, puis répondit en balbutiant, puis enfin referma la porte, laissant les augustes voyageurs aussi embarrassés qu’auparavant. Citation d’Alexandre Dumas, par Claude Shopp, Le Testament perdu, p. 45

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Une femme est comme votre ombre, courez après elle vous fuit ; fuyez-la, elle vous court après !
Alfred de Musset.

Alexandre Dumas (1802-1870): Le Chevalier de Sainte-Hermine

58161dumas.jpgJ’ai vu entre les mains de M. de Montholon l’original du billet annonçant à Hudson Law la mort de Napoléon.
Il était en trois endroits corrigé de la main de Napolèon lui-même.
Ainsi Napoléon en mourant s’arrangeait une mort napoléonienne. Alexandre Dumas, cité par Claude Schopp, dans le Testament perdu p. 39

 

George Wesley Bellow (1882-1925) : Emma à la fenêtre – 1920

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