posts de octobre 2010


Alexandre Dumas (1802-1870): Le Chevalier de Sainte-Hermine

58161dumas.jpgSi l’on trouve parfois sans chercher, c’est parce qu’on a longtemps cherché sans trouver. Claude Shopp, Le Testament perdu, p. 14

Fascisme à la française

Selon l’avocat Serge Klarsfeld, Pétain a durci de sa propre main le document original établissant un statut des juifs en octobre 1940. Ce document inédit, récemment découvert et authentifié a été remis au Mémorial de la Shoah à Paris par un donateur anonyme. Il a ajouté le fondateur de  » l’Association des Fils et Filles des Déportés juifs de France ». » On ne savait pas jusque-là que Philippe Pétain avait annoté ce texte du 3 octobre 1940 et qu’il l’avait aggravé », dit-il.

Le projet de loi « portant statut des Juifs », les excluant d’un grand nombre de professions, est un texte de cinq pages dactylographiées comportant la mention « document confidentiel », annoté au crayon par Pétain. Ce projet de loi a été débattu lors du Conseil des ministres du 1er octobre 1940 puis adopté le 3 octobre.

Les annotations de Pétain, faites au crayon, « remanient profondément » la nature d’un texte déjà « extrêmement antisémite ». Selon l’avocat, il ne fait aucun doute que l’écriture est bien celle de Philippe Pétain. « L’écriture de Pétain est très personnelle », explique-t-il.

Pour Serge Klarsfeld, « maintenant, on a la preuve décisive que le statut des juifs relève de sa volonté personnelle. »

Le projet initial prévoyait d’épargner « les descendants de juifs nés français ou naturalisés avant 1860″, mais le maréchal a décidé de rayer cette mention. En conséquence, « ce sont désormais tous les juifs qui sont visés, qu’ils soient étrangers ou français ». De même, Philippe Pétain aurait décidé « d’élargir considérablement » le champ d’exclusion des juifs, la justice et l’enseignement leur étant désormais totalement fermés.

Selon Serge Klarsfeld, le mensonge des défenseurs de Pétain consistant à dire  » que le maréchal avait protégé les juifs français tombe avec la découverte de ce document « .

A la main le chef du régime de Vichy a complété la liste des tribunaux et juridictions d’où sont exclus les Juifs et ajoute aux mandats qui leur sont interdits les sièges dans « toute assemblée issue de l’élection ». Sous sa plume, les Juifs ne peuvent pas non plus exercer la fonction d’ »inspecteur des colonies ».

- Il élargit à « tous les membres du corps enseignant » l’interdiction pour les Juifs d’exercer, alors que les rédacteurs du statut avaient prévu cette interdiction pour les recteurs, inspecteurs, proviseurs et directeurs d’établissements primaires et secondaires.

- Le projet initial prévoyait une mesure d’exception: « être descendant de Juifs nés français ou naturalisés avant 1860″. Pétain raye cette phrase.

- Enfin, il conclut ces mesures anti-juives en demandant que « les motifs qui les justifient » soient publiés au Journal officiel.

Pétain rectifie également les numéros des paragraphes. L’article 3 devient le paragraphe 6 de l’article 2, les numéros des autres articles avançant ainsi d’un rang jusqu’au 9è. Pour Me Arno Klarsfeld, ce souci du détail démontre que le maréchal, alors âgé de 84 ans, « n’était pas gâteux », contrairement à ce que ses défenseurs ont parfois affirmé.

La cinquième feuille du projet indique le lieu de sa rédaction et la fonction de ses rédacteurs: « fait à Vichy, par le maréchal de France, chef de l’Etat, le vice-président du Conseil » et huit autres ministres. Il n’y a ni date, ni noms, ni signatures. Mais la version promulguée au Journal Officiel le 18 octobre 1940 comporte tous les ajouts de Pétain, y compris « les motifs » justifiant les mesures.

Barbara Laage (1920-1988) : 1946

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Tant que la lecture est pour nous l’initiatrice dont les clefs magiques nous ouvrent au fond de nous-mêmes la porte des demeures où nous n’aurions pas su pénétrer, son rôle dans notre vie est salutaire.
Marcel Proust, Sur la lecture

Alexandre Dumas (1802-1870): Le Chevalier de Sainte-Hermine

58161dumas.jpg… d’autant que ledit (Claude) Schopp avait la réputation de tout connaître de Dumas (il se murmure qu’il aurait rassemblé au long de sa carrière de chercheur assez de documents consacrés à son héros pour disposer dans ses archives de plus de dix milles fiches biographiques, chacune d’elle correspondant à une journée de la vie de l’écrivain depuis ses vingt ans jusqu’à sa mort.) Jean-Pierre Sicre, Note de l’éditeur p. 11

Claude Monet (1840-1926) : La Liseuse – 1872

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La solitude est peu de chose en regard des inconvénients des visites, empiétements sur ma liberté ; on veut lire, il faut répondre, dormir, il faut parler, manger vite, rester à table, etc.
Paul Morand (1888 – 1976)

Franz Kafka (1883-1924) : Journal – 5 février 1912

57301fkafka.jpgHier, à l’usine. Les jeunes filles dans leurs vêtements défaits et sales d’une saleté en soit insupportable, avec leurs cheveux emmêlés comme si elles venaient de se réveiller, leur expression figée sur le visage par le bruit incessant des transmissions et celui, isolé, des machines qui marchent certes automatiquement, mais s’arrêtent quand on ne le prévoit pas, ces jeunes filles ne sont pas des êtres humains ; on ne les salue pas, on ne s’excuse pas quand on les bouscule, si on leur donne un petit travail à faire, elles l’exécutent, mais se hâtent de revenir à leur machine, on leur montre d’un signe de tête l’endroit où elles doivent engrener, elles sont là, en jupon, livrées à la plus dérisoire des puissances, et n’ont même pas assez de sens rassis pour reconnaître cette puissance et se la concilier par des regards et des courbettes. Mais qu’il soit six heures, qu’elles se crient, qu’elles ôtent le mouchoir qui couvre leur cou et leur cheveux, qu’elles se débarrassent de la poussière avec une brosse qui fait le tour de la salle et est réclamée par les impatientes, qu’elles arrivent tant bien que mal à se nettoyer les mains, – et ce sont tout de même des femmes, elles peuvent rire en dépit de leur pâleur et de leurs mauvaises dents, elles secouent leur corps engourdi, on ne peut plus les bousculer, les dévisager ou ne plus les voir, on se presse contre les caisses graisseuses pour leur laisser le chemin libre, on garde le chapeau à la main quand elles vous disent bonsoir et si l’une d’elle vous aide à mettre votre pardessus, on ne sait pas comment il faut prendre son geste. Le Livre de Poche Biblio 3001 p. 219

233 cambrure

233cambrure.jpg

La nudité dans la relation amoureuse, c’est une offrande que l’on fait de son moi véritable, dépourvu des boucliers et masques qui nous protègent de la société, qui nous facilitent l’épreuve de ses règles et de ses contraintes.
Romain Guilleaumes (1963 – …)

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