Anaïs Bazin (1797-1850): Le choléra-morbus à Paris – 1832
2 mars, 2011 @ 9:57 Notes de lecture

Cependant l’épidémie poursuivait sans pitié sa récolte de morts ; et l’on eût dit vraiment qu’il y avait dans la puissance inconnue qui dirigeait ses coups quelque chose d’intelligent et de moqueur, tant elle se montrait prompte à renverser toutes les assertions de la science, à démentir toutes ses prédictions, à nous ôter l’un après l’autre toutes nos espérances, tant elle semblait trouver un malin plaisir à ne pas se laisser comprendre. Ainsi à peine l’avait-on reléguée dans les parties étroites et malsaines de la ville, qu’elle s’établissait aux lieux où l’air trouve le plus d’espace, où les habitations s’étendent le plus à l’aise. On lui livrait la misère ; elle s’emparait aussitôt de l’opulence : on lui abandonnait les corps infirmes et décrépits ; elle se jetait sur la jeunesse et la beauté. Au moins prétendait-on que les enfants n’étaient pas de son domaine, et elle trouvait, dans ces êtres faibles et riants, de la place pour tous ses ravages. Elle confondait les fortunes, elle accouplait les sexes dans la tombe, et levait encore une dîme sur le berceau. Que faire donc avec ce mystérieux, cet insaisissable ennemi, qui était partout et ne se révélait que par des atteintes profondes, qu’on ne pouvait éviter ni prévoir ; capricieux dans le choix de sa proie, mais d’un si constant caprice, qu’on l’eût pris pour une volonté ?Source

-Jean
rss pas de réponses

Laisser un commentaire

openspach |
CFDT SNCF Languedoc Roussillon |
Marc Champel |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | souvenirsdelecolejeanmoulin
| CUIRS AUX BANQUES
| ART DE DEPLAIRE