posts du 13 mars, 2011


Julien Sarrazin (1924-1991) : Contrescarpe

58101contrescarpepoche.jpgPour mieux faire bouillir la marmite, plus exactement faire bouillir la marmite à la limite du strict nécessaire, la mère, en plus de ses gosses, prenait aussi un bébé en nourrice. C’est ainsi que j’ai failli changer de mère.

Une Parisienne avait apporté un bébé maigrichon de mon âge, nous étions ensemble dans un parc, le jour où cette mère-là vint en visite quelques mois plus tard, elle m’attrapa, me prit dans ses bras, m’embrassa, m’embrassa, folle de joie de retrouver son gosse si beau et si costaud.

Ma mère me raconta plusieurs fois avec des pleurs de rire et de consternation :  » Mais, madame, c’est le mien, je vous assure ! » Avec ma mère tous les bébés savaient chantonner avant de savoir parler. Le Livre de Poche n° 4987 p 23

Jean Ferrat (26-12-1930/13-03-2010) : Le cœur fragile

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Si je meurs un beau soir d’hiver
On dira que c’est d’un cancer
Ou bien d’un truc à quelque chose
Il peut se trouver des experts
Qui décréteront au contraire
Que c’était la tuberculose

C’est pourquoi je prends les devants
Pour affirmer dès maintenant
Croyez pas ces vieux imbéciles
J’avais une santé de fer
Je n’avais qu’un petit travers
J’avais le cœur un peu fragile

Le cœur fragile
Les mains fébriles
La bouche offerte
J’aurai vécu
Sans avoir cru
L’île déserte
En attendant
Le cœur battant
La découverte
Je veux dormir
Je veux mourir
La porte ouverte

Quand on prend tout d’un cœur léger
Il paraît qu’on vit sans danger
Que la mort longtemps nous évite
Mais j’ai voulu croire au bonheur
Et j’ai pris tant de chos’s à cœur
Que mon cœur a battu trop vite

Au lieu d’être un homme averti
Qui se passionne au ralenti
J’ai pris le parti des poètes
C’est en cherchant la toison d’or
Que mon cœur a battu si fort
Quand j’y pense encore il s’arrête

Le cœur fragile
Les mains fébriles
La bouche offerte
J’aurai vécu
Sans avoir cru
L’île déserte
En attendant
Le cœur battant
La découverte
Je veux dormir
Je veux mourir
La porte ouverte

On me dira c’est pas sérieux
On ne s’en va pas pour si peu
Il faut des raisons bien plus fortes
Mais je n’ai pas d’autres raisons
De mettre sous le paillasson
La petite clé de ma porte

On peut mourir tout doucement
D’un petit baiser qu’on attend
D’une voix froide au téléphone
D’un mot qu’on lance à bout portant
D’une confiance qu’on reprend
D’un amour qui vous abandonne

Le cœur fragile
Les mains fébriles
La bouche offerte
J’aurai vécu
Sans avoir cru
L’île déserte
En attendant
Le cœur battant
La découverte
Je veux dormir
Je veux mourir
La porte ouverte

58-101 : pluvieux

Entendu : De l’arbre je suis la pirogue !

Lu : La possibilité de vivre commence dans le regard de l’autre. Les Particules élémentaires (1998) Michel Houellebecq

Philippe Jacquot (23-04-1966/

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On doit lire tous les écrivains deux fois, les bons et les mauvais. Les uns, on les reconnaîtra ; les autres, on les démasquera.

Karl Kraus

Karl Kraus (1874-1936) : Aphorismes

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Le jeu de mots, méprisable en soi, peut être, au service d’une intention artistique, le plus noble des instruments quand il représente une idée spirituelle en raccourci. Il peut ramasser en une épigramme toute une critique de la société.

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