posts de juin 2011


Friedrich Nietzsche (1844-1900)

58156nietzsche.jpgL’état qui engendre la règle est différent de celui que la règle engendre.

Ne pas perdre la page…

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Léopold Batut (1856-1902)

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Daniel Cordier (1920- : Alias Caracalla

58169aliascaracalla.jpgAlors que je déjeune seul Chez George, une de mes cantines londoniennes, je vois arrivé Guy Vour’ch, dont je suis sans nouvelles depuis mon entrée au BCRA. (…) Il est accompagné de Guy Hattu, qu’il me présente comme l’e neveu de Bernanos. Tous deux travaillent à Radio-Gaulle, une petite station pirate censée émettre clandestinement en France occupée. Gallimard, 2009, Folio, n° 5206, p. 372

Quand j’entre dans le bureau de la revue, (La France libre) l’homme à l’œil malicieux qui se lève et vient à moi la main tendue n’est autre que Raymond Aron. (…) « Puisque vous retournez en France, je vous demande un service pour la liberté : dites aux résistants qu’à la Libération, ils devront s’opposer par tous les moyens aux ambitions du Général. Sinon, ce sera la catastrophe pour le France.  » Gallimard, 2009, Folio, n° 5206, p. 377

Franz Kafka (1883-3-06-1924) : article de Milena Jesenska

Avant-hier est mort au sanatorium de Kierling près de Klosterneuburg, à côté de Vienne, le Dr. Franz Kafka, un écrivain allemand qui vivait à Prague. Peu de gens le connaissaient ici, car il allait seul son chemin, plein de vérité, effrayé par le monde ; depuis bien des années, il souffrait d’une maladie des poumons, et s’il la soignait, il la nourrissait aussi consciemment et l’entretenait dans sa pensée. Lorsque l’âme et le cœur ne peuvent plus supporter leur fardeau, le poumon prend sur lui la moitié de la charge, ainsi la charge est au moins également répartie, a-t-il écrit une fois dans une lettre, et sa maladie était de cette espèce. Elle lui conférait une fragilité presque incroyable et un raffinement intellectuel sans compromis presque terrifiant ; mais lui, en tant qu’homme, avait déposé toute son angoisse intellectuelle sur les épaules de sa maladie. Il était timide, inquiet, doux et bon, mais les livres qu’il a écrits sont cruels et douloureux. Il voyait le monde plein de démons invisibles qui déchirent et anéantissent l’homme sans défense. Il était trop lucide, trop sage pour pouvoir vivre, trop faible pour combattre, faible comme le sont des êtres beaux et nobles, qui sont incapables d’engager le combat avec la peur qu’ils ont de l’incompréhension, de l’absence de bonté, du mensonge intellectuel, parce qu’ils savent d’avance que ce combat est vain et que l’ennemi vaincu couvre encore de honte son vainqueur. Il connaissait les hommes, comme seul peut les connaître quelqu’un de grande sensibilité nerveuse, quelqu’un qui est solitaire et qui reconnaît autrui à un simple éclair dans son regard. Il connaissait le monde d’une manière insolite et profonde, lui-même était un monde insolite et profond. Il a écrit les livres les plus important de toute la jeune littérature allemande ; toutes les luttes de la génération d’aujourd’hui dans le monde entier y sont incluses, encore que sans esprit de doctrine. Ils sont vrais, nus et douloureux, si bien que, presque naturalistes. Ils sont pleins de l’ironie sèche et de la vision sensible d’un homme qui voyait le monde si clairement qu’il ne pouvait pas le supporter et qu’il lui fallait mourir, s’il ne voulait pas faire de concessions comme les autres et chercher recours dans les diverses erreurs de la raison et de l’inconscient, même les plus nobles. Franz Kafka a écrit le fragment Le Soutier (paru en tchèque dans Cernen, chez Neumann), le Verdict, conflit de deux générations, La Métamorphose, le livre le plus fort de la littérature allemande moderne, La Colonie pénitentiaire et les esquisses Regard et Médecin de Campagne. Le dernier roman, Devant la loi, attend depuis des années en manuscrit. C’est un de ces livres qui, quand on les a lus jusqu’au bout, laissent l’impression d’un monde si parfaitement compris qu’il rend inutile le moindre commentaire. Tous ses livres décrivent l’horreur de l’incompréhension, de la faute innocente parmi les hommes. C’était un artiste et un homme d’une conscience si sensible qu’il entendait encore là où les sourds se croyaient faussement en sûreté.

Narodini listy, 7 juin 1924

Voir absolument

Rêveuse

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Protégé : 4) Modifs de juin

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Gustave Courbet (1819-1877) : La Fileuse endormie – 1853

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La Fileuse : Aux Paysans qui reviennent de la foire se rattache, par analogie de l’idée, la Fileuse endormie, excellente peinture où Courbet a de nouveau montré comment, dans les scènes de la vie populaire, il entend le but et la dignité de l’art. Donnez à un autre, ce sujet si simple, de la Fileuse endormie et je serai bien trompé si, obéissant aux préoccupations de la vieille école et au goût détestable de l’époque, il ne vous fabrique une petite personne à figure de nymphe, taille svelte, jambe fine, doigts de fée comme répètent à satiété les gens de lettres, lorsqu’ils parlent des travaux de l’ouvrière ; bref une vraie poupée, paysanne de Florian et de l’Opéra. Il n’oubliera pas non plus de soulever un peu la jupe, d’écarter la cuisse, de découvrir la gorge, enfin de donner à l’abandon de la dormeuse toute la grâce possible. Une fileuse qui dort ne peut pas être dans la tenue sévère de la ménagère qui tient le balai. Ne faut-il pas d’ailleurs que l’artiste vous émoustille qu’il éveille en vous un certain idéal ? Sans cela vous ne vous soucieriez point de sa fileuse : qu’y a-t-il de commun entre la quenouille et l’art ? Le critique dont j’ai cité plus haut l’opinion à propos du Retour de la foire dit de La Fileuse : « Figure simple, solide, noire et lourde.» Il est clair que, regardant à travers le binocle à la mode, il a pris pour un défaut un effet voulu de l’artiste, et n’y arien compris. Mais laissons ces gens à leurs imaginations aussi absurdes, aussi laides qu’elles sont indécentes. Courbet, qui n’a pas vu, les dieux, qui ne connaît que les hommes, excelle à rendre la beauté physiologique, au sang riche, à la vie puissante et calme ; beauté qui, représentée et fixée de la beauté idéale des statues grecques. C’est que la vérité est aussi un idéal, qui par lui-même s’est affranchit des titillations de la chair et des orages de la concupiscence, et qu’une imagination dépravée peut seule rendre dangereux. Quelle magnifique créature que cette fileuse, et comme elle dort ! Le fil est « tombé » de sa main; on croit entendre sa respiration lente à la place du bourdonnement du rouet. Tous les jours elle se lève de grand matin ; elle se couche la dernière ; ses fonctions sont multipliées, son action incessante, pénible : c’est aux instants perdus qu’elle prend sa quenouille, travail minuscule dont la ténuité et le petit bruit ne sauraient tenir éveillée la robuste campagnarde. Comprenez-vous maintenant pourquoi Courbet a fait de sa fileuse une franche paysanne ? Sans cela elle serait à contresens ; je dis plus, elle tomberait dans l’indécence. Il y a beau temps que les châtelaines ne filent plus ; les bourgeoises n’ont jamais filé ; les ouvrières des grandes villes n’ont pas même appris ; on a bâti des filatures qui les en dispensent ; aussi bien elles n’y gagneraient pas leur vie. Toutes d’ailleurs sont artistes ; elles ne supporteraient l’ennuyeuse quenouille que si la coquetterie y trouvait son compte, derrière une vitrine, en vue du boulevard. Là vous les verriez, d’une main preste et légère, tirer leur lin. Sortez-la de son village, de son foyer champêtre : l’idée de la fileuse succombant au sommeil ne sera plus qu’une image de la paresse domestique ; par conséquent, comme je le disais tout à l’heure et comme le veut la logique de notre faux goût, une provocation à la luxure. La fileuse de Courbet est, bien assise, bien colletée ; elle a la taille puissante, les bras robustes, les doigts nourris, la figure candide; au sein du sommeil, ses habitudes de modestie ne la trahiront pas. La vérité pouvait seule ici, écartant toute pensée impure, suggérer à la fois une idée et un idéal, hors desquels l’art, réduit l’arbitraire, à l’insignifiance, disparaît.
Pierre Joseph Proudhon, Du principe de l’art et de sa destination sociale, 1865, p.206

Tableau vendu 2500 fr, en 1854, à Alfred Bruyas (1821-1877). Présentée à L’Exposition universelle de 1855, elle appartient au musée Fabre de Montpellier.

Cole Weston : Nu – Arizona – 1979

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Bonus

Juin

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Antonio Mancini (1852-1930) : La Lecture – 1911

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