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Condorcet

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Manuscrits

58167robespierre.jpgLes descendants de Pierre François Joseph Le Bas (1762-1794), ami de Robespierre, étaient en possession de manuscrit inédits de l’Incorruptible. Il s’agit notamment de 113 pages de brouillons, rédigées entre janvier 1792 et juillet 1794. Ce sont les manuscrits de premier jet, du « Discours des Jacobins sur la guerre« , le 25 janvier 1792, à celui qu’il prononce la veille de sa mort, le Discours du 8 thermidor, le 26 juillet 1794. L’ensemble réunit les fragments de cinq discours et quatre articles, ainsi que des notes éparses et une lettre à un correspondant inconnu sur le fond de sa philosophie : le rapport difficile entre bonheur et liberté. Ces documents resteront en France, l’état ayant fait jouer son droit de préemption, lors de la vente d’aujourd’hui. 

Des anglais dans la Résistance

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Quatrième de couverture : Ce livre a longtemps été interdit de diffusion en langue française. Pourquoi ? Parce qu’il écorne l’image complaisamment entretenue selon laquelle la Résistance aurait été une affaire purement franco-française. Créé en 1940 par Churchill, le SOE, Spécial Operations Executive, a un rôle déterminant sur le territoire français : il livre les armes et forme les principaux agents de la France Libre. Pourtant, à mesure que le SOE prend de l’importance, des frictions apparaissent entre Churchill et de Gaulle. S’appuyant sur les archives les plus secrètes, cet ouvrage dévoile toute l’ampleur, méconnue, de l’action britannique en France. « Un des maîtres-livres de l’histoire clandestine de la Seconde Guerre mondiale. » La Tribune

Protégé : L’Ordre

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Louxor

58147amenhotep.jpgAu sud de Louxor, vient d’être mise à jour une statue, haute de 13 mètres, d’Amenhotep III, dans son temple funéraire.

A l’origine l’entrée Nord de ce temple, sur la rive Ouest du Nil, devait être garnie de deux statue. Cette zone faisant l’objet de fouilles intenses, les archéologues s’attendent à trouver la deuxième.

Celle-ci est composée de sept blocs de quartzite, mais n’a pas encore sa tête. Découverte en 1928, elle avait été recouverte.

Deux autres statues ont été mises à jour : une du dieu Thot et une autre de la déesse Sekhmet.

Mona Lisa

Lu : Il y a quelques années était retrouvé l’acte de décès de la Florentine Lisa Gherardini, plus connue sous le nom de Mona Lisa. Peinte par Léonard de Vinci, entre 1503 et 1506, la « Joconde« , née en 1479, est décédée en 1542 à 63 ans. Elle aurait été inhumée, au couvent Sainte-Ursule, de Florence.

L’historien Silvano Vincenti s’apprête à exhumer son corps : près de 1000 mètres carrés seront sondés au géoradar afin de repérer la dépouille de la dame. Une fois retrouvé, le squelette sera soumis à une série de tests. Ceux-ci permettront, entre autres, d’analyser la morphologie de son crâne pour réaliser une reconstitution faciale.

Crâne…

Lu : Dimanche dernier, un promeneur a découvert un crâne humain sur les berges du Frémur. Il pourrait s’agir des restes du Dr Godard… Mais rien n’est moins sûr, car il n’est pas rare de découvrir des ossements humains sur les côtes bretonnes. Ainsi, en 2008, quatre squelettes de jeunes gens ont été mis au jour par la tempête dans des îles du Nord-Finistère. Autrefois, lors des épidémies de choléra, les victimes étaient souvent enterrées au plus vite, pour éviter le risque de contagion.

Teotihuacan

Fouilles dans un tunnel, découvert en 2003, sous la pyramide du Serpent à plumes. L’espoir des archéologue et de trouver au bout de 120 mètres, trois salles contenant les dépouilles de souverains.

MaxiSciences ; Unesco 

Fabrice Nicolino

58114nicolino.jpgQuatrième de couverture : Ce livre va faire mal, parce qu’il décrit ce qu’est devenu le mouvement écologiste officiel, celui des salons dorés, des petits-fours, des photos de groupe devant les palais officiels. Ce livre va faire mal, parce qu’il révèle pour la première fois l’histoire, les histoires, les coulisses. On peut donc le lire comme un roman vrai, un polar implacable, rempli de personnages aussi étonnants qu’Anton Rupert, l’un des véritables fondateurs du WWF International.

Mais l’acte d’accusation vise bien au-delà la « bande des quatre » qui s’est autoproclamée représentante de la société française. Et qui a décidé de se soumettre aux ruses et risettes de l’État français, Nicolas Sarkozy, Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet en tête. Certes, il existe de nombreuses différences entre le WWF, Greenpace, la Fondation Nicolas Hulot et France Nature Environnement (FNE). Ce document rend à chacun ce qui lui appartient.

Mais au total, le bilan est désastreux. Alors que les mêmes clament que la planète est en perdition – et elle l’est -, ils préfèrent compromis et compromissions, tapes dans le dos et décorations. Dernière dérobade : l’affaire des gaz de schistes, qui exigerait pourtant une mobilisation immédiate. « Qui a tué l’écologie ? » ne se contente pas de poser une question, mais y répond. Le livre a été écrit par un écologiste engagé depuis des décennies dans le combat pour la vie sur terre. Il appelle à un sursaut historique, seul capable de nous aider à faire face à la crise écologique qui arrive. Qui est déjà là. C’est donc un cri d’espoir. Et un appel majeur.

Face à la persécution

58113juifsdelens.jpg4e de couverture :  » L’histoire de la Shoah en France envisagée dans une nouvelle perspective.

S’appuyant sur un formidable travail d’archives et décrivant l’éventail des parcours des victimes, entre la vie et la mort, voici l’histoire des 991 Juifs de Lens entre 1940 et 1945, au jour le jour, famille par famille. Chaque temps de la discrimination antisémite en France est scruté du côté des persécutés : l’identification, l’aryanisation, l’arrestation, la déportation.

Au total, que fallait-il faire ? Se déclarer comme juif ou se taire ? Fuir ou se cacher ?

Nicolas Mariot est chercheur au CNRS. Il a notamment publié Bains de foule. Les voyages présidentiels en province, 1888-2002 et, avec A. Loez, Obéir/désobéir. Les mutineries de 1917 en perspective.

Claire Zalc est chercheuse au CNRS. Elle a codirigé 1931, les étrangers au temps de l’exposition coloniale (2008), le catalogue de l’exposition du même nom dont elle était commissaire et qui s’est tenue à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, et a publié Melting Shops. Une histoire des commerçants étrangers en France.  »

Enquêter de quel droit ?

58111croquant.jpg4e de couverture :  » Face aux normes éthiques et aux règles juridiques qui régissent la vie privée ou la propriété intellectuelle, les sociologues, et plus largement tous les chercheurs en sciences sociales, se voient de plus en plus souvent opposés les droits des personnes enquêtées ou d’autres principes supérieurs, jusqu’à voir parfois la réalisation de leur enquête ou sa publication menacées.

Cet ouvrage a pour objet ces tensions entre droit à l’enquête et droits des enquêtés, ce croisement conflictuel entre la légitimité scientifique et différents registres possibles de mise en suspens du droit à l’enquête. Il a pour ambition de créer un espace de confrontation et d’échanges sur des expériences d’enquêtes passées qui ont pu être limitées voire interrompues par la volonté des enquêtés ou des autorités. Il est aussi l’occasion de faire le point sur les droits que peuvent faire valoir les chercheurs en sciences sociales mais aussi sur leurs devoirs face à une judiciarisation croissante des rapports sociaux qui pourraient menacer à terme leur autonomie.

Verra-t-on bientôt en France, comme cela peut être déjà le cas dans certaines universités américaines, des chercheurs faire signer à leurs enquêtés des questionnaires attestant du caractère « non violent » des questions posées ? A l’inverse, le bricolage et les arrangements sur mesure dont s’accommodent généralement les chercheurs peuvent-ils garantir le fonctionnement pérenne d’une recherche en sciences sociales sur le long terme ? « 
Croquant

Lillebonne

Lillebonne (Seine-Maritime) : Découverte, d’une nécropole romaine. Elle pourrait contenir plusieurs milliers de sépultures. Cela confirme l’importance, sous l’Antiquité, de la cité portuaire appelée alors Juliobona, qui commerçait déjà avec la future Angleterre.

Les archéologues ont mis au jour une centaine de tombes, de sarcophages, de coffrages ou encore d’urnes funéraires, après deux semaines de fouilles.

Taizhou

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Dans la ville Taizhou (province du Jiangsu) en Chine, au cours d’élargissement d’une rue, a été découverte la momie, d’une femme extrêmement bien conservée.

Elle mesure 1,5 m. Elle était immergée dans un liquide brun et dans un cercueil contenant aussi, des os, des céramiques, des écrits et des reliques. Son costume, très bien conservé, est un habit traditionnel de la dynastie Ming (1368-1664).

Cette momie est la cinquième a être retrouvée dans un état comparable.

Plus… 

Seins et café

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Boire du café ferait perdre ses seins, selon une étude suédoise de l’université de Lund, publiée au British Journal of Cancer. Trois tasses par jour suffisent. Helena Jernström, la chercheuse responsable de l’étude, est formelle : «Boire du café peut avoir un effet majeur sur la taille de la poitrine.» Elle précise cependant que l’inconvénient ne concerne que les femmes porteuses d’un gène particulier, ce qui est le cas de la moitié de ses compatriotes. La bonne nouvelle, pour les femmes concernées, c’est que ce gène protège aussi du cancer du sein. J.M.

Véto

Le 4 août 1761, Louis XV signait à Versailles, l’acte autorisant la construction à Lyon de la première école vétérinaire du monde.
Le roi espérait que les vétérinaires pourraient lutter contre une épidémie qui « désole les campagnes ». De 1712 à 1714, la peste bovine avait tué 90% du cheptel européen, relève Christophe Degueurce, professeur à l’Ecole vétérinaire de Maisons-Alfort, la deuxième créée en France, quatre ans après celle de Lyon.
Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, 14 écoles vétérinaires voient le jour en Europe.

Manchots !

Une étude publiée dans la revue Nature et pilotée par Yvon Le Maho, chercheur CNRS à l’Institut pluridisciplinaire Hubert Curien, met en lumière des objections éthiques à l’utilisation du bagage pour les manchots royaux (Aptenodytes patagonicus) et discrédite également, partiellement, la valeur prédictive des données provenant des oiseaux bagués. Une étude démontre que, sur dix ans, des manchots bagués à l’aileron ont un taux de survie de 16 % inférieur à leurs congénères non bagués, et que cette bague réduit de 39% leur succès reproducteur.

Vieux marins !

 » Une équipe d’archéologue a mis à jour plus de 2000 objets de pierre de la Préhistoire dont 30 bifaces… sur neuf sites différents près des villages de Plakias et Preveli sur la côte sud-ouest de la Crête, il y a deux ans.

Les outils étaient enchâssés dans des dépôts géologiques qui ont été fortement remaniés depuis plusieurs dizaines de milliers d’années : grottes, terrasses surplombant la mer et abri sous roche. La région ayant subi une forte activité tectonique, les couches sédimentaires les plus anciennes sont parfois au-dessus de couches plus récentes.

Les premières estimations en terme de datation indiquent des âges compris entre – 45 000 pour les plus récents et – 130000 ans pour les plus anciens.

Plus étonnant encore, ces outils ressemblent aux outils utilisés au Paléolithique en Afrique. Ils sont même très proches de ceux fabriqués par Homo erectus il y a 800 000 ans.

Jusqu’à présent la présence d’une humanité sur l’île était attestée et datée de – 9 000 ans seulement. La Crête étant effectivement isolée du continent depuis 5 millions d’années, les chercheurs ne pensaient pas trouver des outils plus anciens que ceux du Néolithique.

On imaginait donc que la colonisation de la Crête ne pouvait être que le fait des Homo sapiens récents ayant maîtrisé les techniques de la navigation en mer : l’île se trouve en effet à plus de 150 kilomètres des côtes les plus proches.

Cette découverte laisse donc penser que 130000 ans en arrière une espèce d’hominidé s’est installée sur l’île. Pour arriver sur l’île les colonisateurs ont dû naviguer pendant plusieurs jours en utilisant des radeaux ou un autre type d’embarcation. Pour le professeur Curtis Runnels « …cette découverte repousse de plus de 100 000 ans l’histoire de la navigation en Méditerranée et a des implications sur la dispersion des pré-humains.. » En plus…

Kéops : du nouveau

Selon Jean-Pierre Houdin, architecte français, figureraient, au sein de la pyramide de Kheops, deux antichambres contenant le mobilier funéraire, tout près de la Chambre du pharaon.

Il pense avoir retrouvé « le véritable itinéraire » emprunté par la procession funéraire lorsque la momie du pharaon a été placée au cœur de la pyramide voici 4.500 ans. Il en est arrivé à ces conclusions, grâce à des technologies de simulation numérique en 3D et à des indices recueillis sur place, notamment par l’égyptologue américain Bob Brier.

Haute de 146 mètres, la pyramide de Kheops, se dresse à Guizeh, près du Caire.

Elle aurait donc ainsi des appartements funéraires semblables à ceux de la pyramide rouge du pharaon Snefrou, père de Kheops.

L’examen des blocs du mur nord de la Chambre du roi laisse aussi imaginer la possibilité d’un passage jusque là ignoré, conduisant aux antichambres et ayant permis à tous les membres de la procession funéraire de sortir.

L’issue jusque là envisagée supposait que la chambre du roi ait été fermée de l’intérieur, compte tenu de la forme du bloc de pierre.

Aurait-on emmuré vivants une dizaine d’ouvriers avec le pharaon ? C’est impensable, selon l’architecte, qui retrace dans la simulation en 3D les itinéraires probables de sortie des prêtres et des ouvriers, estimant avoir percé un nouveau mystère de la grande pyramide de Khéops, après celui concernant sa construction.

En 2007, en s’aidant déjà de modélisations en trois dimensions, l’architecte avait présenté une théorie originale : cette haute pyramide aurait été construite en partie de l’intérieur.

La construction se serait déroulée en plusieurs phases : d’abord par une rampe extérieure pour les premiers 43 mètres, puis grâce à une rampe interne en spirale pour le haut de l’édifice, le hissage des poutres étant facilité par un système de contrepoids.

Des données de microgravimétrie, permettant d’estimer la densité des différentes zones de la pyramide, feraient apparaître des lignes de plus faible densité en matériaux, précisément là où la rampe intérieure pourrait se trouver, selon M. Houdin, qui fait état d’autres indices (encoches, zones creusées sur la façade, chevrons) à l’appui de ses thèses.

L’équipe de Xavier Maldague (Université de Laval, Québec) doit effectuer une étude en thermographie infrarouge de la pyramide de Kheops, en mesurant sur une longue durée, grâce à des caméras thermiques automatiques installées à 500 mètres de l’édifice, de petits écarts de température qui pourraient dévoiler la structure interne de la pyramide.

M. Houdin présentera ses thèses lors de conférences interactives ouvertes au public les 10 février et 8 mars à la Géode.

Destouches

 » Destouches a écrit de répugnants pamphlets antisémites : Bagatelles pour un massacre (1937) L’École des cadavres (1938) Les beaux draps (1941)…

  1. Je me sens très ami d’Hitler, très ami de tous les Allemands, je trouve que ce sont des frères, qu’ils ont bien raison d’être racistes. Ça me ferait énormément de peine si jamais ils étaient battus. Je trouve que nos vrais ennemis c’est les Juifs et les francs-maçons. Que la guerre c’est la guerre des Juifs et des francs-maçons, que c’est pas du tout la nôtre. Que c’est un crime qu’on nous oblige à porter les armes contre des personnes de notre race, qui nous demandent rien, que c’est juste pour faire plaisir aux détrousseurs du ghetto. Que c’est la dégringolade au dernier cran de la dégueulasserie.

  1. Je veux les [les Juifs] égorger… [...] Lorsque Hitler a décidé de “purifier” Moabit à Berlin (leur quartier de la Villette), il fit surgir à l’improviste dans les réunions habituelles, dans les bistrots, des équipes de mitrailleuses et par salves, indistinctement, tuer tous les occupants ! [...] Voilà la bonne méthode. » (Lettres à Marie Canavaggia, Du Lérôt éd., 1995).

A la libération il se réfugie en Allemagne à Sigmaringen avec les derniers collabo puis au Danemark ou il est emprisonné. De retour en France il est condamné pour collaboration, à une année d’emprisonnement à 50 000 francs d’amende, à la confiscation de la moitié de ses biens et à l’indignité nationale. Son éditeur belge, Robert Denoël, a été assassiné en décembre 1945 dans des circonstances mystérieuses…  »

Je me demande souvent ce qu’il serait advenu de Marcel Proust, durant l’occupation, s’il n’était pas mort prématurément. Un écrivain ce n’est pas un style, c’est un tout ! Autant compte les idées que l’écriture !

Mammouth !

Faire revivre le mammouth laineux, disparu depuis des milliers d’années, est l’objectif que se fixent des scientifiques de l’université de Kyoto au Japon, dirigés par Akira Iritani. Ils vont utiliser les tissus d’un cadavre de mammouth retrouvé congelé et conservé dans un laboratoire sibérien. Les chercheurs comptent prélever des noyaux de cellules du mammouth mort pour les introduire dans des cellules d’éléphant préalablement énucléées. Une fois en possession de cellules contenant un ADN de mammouth, ils tenteront de les transformer en embryons, qu’ils implanteront dans une femelle éléphant. Les scientifiques se basent sur la technique d’un autre chercheur japonais, Teruhiko Wakayama, du Centre Riken de biologie du développement à Yokohama, qui avait réussi à créer des clones de souris mortes et congelées depuis 16 ans. Travaillant avec un spécialiste russe des mammouth et deux experts américains des éléphants, l’équipe d’Akita Iritani espère toucher à son but d’ici 5 ans. Génèt(h)ique

Echange

Durant la deuxième guerre Anglo-néerlandaise, qui oppose l’Angleterre aux Provinces-Unies, les Nouveaux-Pays-Bas sont conquis par les Anglais. Le directeur général Peter Stuyvesant livre la Nouvelle-Amsterdam le 8 septembre 1664. La colonie est rebaptisée New York, en l’honneur du duc d’York, frère du roi Charles II.
En 1667 les Néerlandais renoncent à leurs revendications sur cette portion du territoire américain, lors du Traité de Breda, et obtiennent en retour la souveraineté sur le Surinam. Cependant, lors d’une autre guerre opposant les Anglais aux Néerlandais, ces derniers reprennent brièvement la colonie en 1673 (rebaptisé Nouvelle-Orange), avant que les Anglais ne la récupèrent avec le traité de Westminster, le 19 février 1674.

Jean Anthelme Brillat-Savarin (1755-1826) : De la fondue

La fondue est originaire de la Suisse. Ce n’est autre chose que des œufs brouillés au fromage, dans certaines proportions que le temps et l’expérience ont révélées. J’en donnerai la recette officielle.
C’est un mets sain, savoureux, appétissant, de prompte confection, et partant toujours prêt à faire face à l’arrivée de quelques convives inattendus. Au reste, je n’en fais mention ici que pour ma satisfaction particulière, et parce que ce mot rappelle un fait dont les vieillards du district de Belley ont gardé le souvenir.
Vers la fin du 17e siècle, un M. de Madot fut nommé à l’évêché de Belley, et y arrivait pour en prendre possession.
Ceux qui étaient chargés de le recevoir et de lui faire les honneurs de son propre palais, avaient préparé un festin digne de l’occasion, et avaient fait usage de toutes les ressources de la cuisine d’alors pour fêter l’arrivée de monseigneur.
Parmi les entremets brillait une ample fondue dont le prélat se servit copieusement. Mais, o surprise! se méprenant à l’extérieur et la croyant une crème, il la mangea à la cuiller, au lieu de se servir de la fourchette, de temps immémorial destinée à cet usage.
Tous les convives, étonnés de cette étrangeté, se regardèrent du coin de l’œil, et avec un sourire imperceptible. Cependant le respect arrêta toutes les langues, car tout ce qu’un évêque venant de Paris fait à table, et surtout le premier jour de son arrivée, ne peut manquer d’être bien fait
Mais la chose s’ébruita, et, dès le lendemain, on ne se rencontrait point sans se demander : « Eh ! bien, savez-vous comment notre nouvel « évêque a mangé hier au soir sa fondue? — « Eh ! oui, je le sais ; il l’a mangée avec une cuiller. Je le tiens d’un témoin oculaire, etc. » La ville transmit le fait à la campagne; et après trois mois, il était public dans tout le diocèse.
Ce qu’il y a de remarquable, c’est que cet incident faillit ébranler la foi de nos pères. Il y eut des novateurs qui prirent le parti de la cuiller, mais ils furent bientôt oubliés : la fourchette triompha; et après plus d’un siècle, un de mes grands-oncles s’en égayait encore, et me contait, en riant d’un rire immense, comme quoi M. de Madot avait une fois mangé de la fondue avec une cuiller.
 Recette de la fondue : Telle qu’elle a été extraite des papiers de M. Trollet, bailli de Mondou, au canton de Berne.
Pesez le nombre d’œufs que vous voudrez employer, d’après le nombre présumé de vos convives.
Vous prendrez ensuite un morceau de bon fromage de Gruyère pesant le tiers, et un morceau de beurre pesant le sixième de ce poids.
Vous casserez et battrez bien les œufs dans une casserole ; après quoi, vous y mettrez le beurre et le fromage râpé ou émincé.
Posez la casserole sur un fourneau bien allumé, et tournez avec une spatule, jusqu’à ce que le mélange soit convenablement épaissi et mollet; mettez-y peu ou point de sel, suivant que le fromage sera plus ou moins vieux, et une forte portion de poivre, qui est un des caractères positifs de ce mets antique; servez sur un plat légèrement échauffé; faites apporter le meilleur vin, qu’on boira rondement : et on verra merveilles. La Physiologie du goût, p. 383

Olympe de Gouges (1743-3/11/1793) : Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne

Toute femme naît et demeure libre et égale à l’homme en droits ; les distinctions sexuelles ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de la femme et de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la société et surtout la résistance à l’oppression.

Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nature qui n’est que la réunion de la femme et de l’homme. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément.

La liberté et la justice consistent à rendre tout ce qui appartient à autrui. Ainsi l’exercice du droit naturel de la femme n’a de bornes que la tyrannie perpétuelle que l’homme lui oppose. Ces bornes doivent être réformées par les lois de la nature et de la raison.

La loi doit être l’expression de la volonté générale. Toutes les citoyennes comme tous les citoyens doivent concourir personnellement ou par leurs représentants à sa formation.

Elle doit être la même pour tous. Toutes les citoyennes et tous les citoyens étant égaux à ses yeux doivent être également admis à toutes les dignités, places et emplois publics selon leurs capacités et sans aucune distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.

Nul ne peut être inquiété pour ses opinions ; la femme a le droit de monter à l’échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la tribune, pourvu que ses réclamations ne troublent pas l’ordre établi par la loi.

La garantie des droits de la femme est pour l’utilité de tous et non pour l’avantage de celle à qui elle est accordée.

La femme concourt ainsi que l’homme à l’impôt public, elle a le droit ainsi que lui de demander compte à tout agent public de son administration.

Pour l’entretien de la force publique et pour les dépenses de l’administration, les contributions de l’homme et celles de la femme sont égales.

Elle a part à toutes les corvées, à toutes les tâches pénibles, elle doit donc de même avoir place à la distribution des places, des emplois, des charges et des dignités.

Noam Chomsky : Dix Stratégies de manipulation

1/ La stratégie de la distraction

Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions

Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple : laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

3/ La stratégie de la dégradation

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

4/ La stratégie du différé

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge

La plupart des publicités destinées au grand public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proches du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion

Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité

Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

9/ Remplacer la révolte par la culpabilité

Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution…!

10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

Fascisme à la française

Selon l’avocat Serge Klarsfeld, Pétain a durci de sa propre main le document original établissant un statut des juifs en octobre 1940. Ce document inédit, récemment découvert et authentifié a été remis au Mémorial de la Shoah à Paris par un donateur anonyme. Il a ajouté le fondateur de  » l’Association des Fils et Filles des Déportés juifs de France ». » On ne savait pas jusque-là que Philippe Pétain avait annoté ce texte du 3 octobre 1940 et qu’il l’avait aggravé », dit-il.

Le projet de loi « portant statut des Juifs », les excluant d’un grand nombre de professions, est un texte de cinq pages dactylographiées comportant la mention « document confidentiel », annoté au crayon par Pétain. Ce projet de loi a été débattu lors du Conseil des ministres du 1er octobre 1940 puis adopté le 3 octobre.

Les annotations de Pétain, faites au crayon, « remanient profondément » la nature d’un texte déjà « extrêmement antisémite ». Selon l’avocat, il ne fait aucun doute que l’écriture est bien celle de Philippe Pétain. « L’écriture de Pétain est très personnelle », explique-t-il.

Pour Serge Klarsfeld, « maintenant, on a la preuve décisive que le statut des juifs relève de sa volonté personnelle. »

Le projet initial prévoyait d’épargner « les descendants de juifs nés français ou naturalisés avant 1860″, mais le maréchal a décidé de rayer cette mention. En conséquence, « ce sont désormais tous les juifs qui sont visés, qu’ils soient étrangers ou français ». De même, Philippe Pétain aurait décidé « d’élargir considérablement » le champ d’exclusion des juifs, la justice et l’enseignement leur étant désormais totalement fermés.

Selon Serge Klarsfeld, le mensonge des défenseurs de Pétain consistant à dire  » que le maréchal avait protégé les juifs français tombe avec la découverte de ce document « .

A la main le chef du régime de Vichy a complété la liste des tribunaux et juridictions d’où sont exclus les Juifs et ajoute aux mandats qui leur sont interdits les sièges dans « toute assemblée issue de l’élection ». Sous sa plume, les Juifs ne peuvent pas non plus exercer la fonction d’ »inspecteur des colonies ».

- Il élargit à « tous les membres du corps enseignant » l’interdiction pour les Juifs d’exercer, alors que les rédacteurs du statut avaient prévu cette interdiction pour les recteurs, inspecteurs, proviseurs et directeurs d’établissements primaires et secondaires.

- Le projet initial prévoyait une mesure d’exception: « être descendant de Juifs nés français ou naturalisés avant 1860″. Pétain raye cette phrase.

- Enfin, il conclut ces mesures anti-juives en demandant que « les motifs qui les justifient » soient publiés au Journal officiel.

Pétain rectifie également les numéros des paragraphes. L’article 3 devient le paragraphe 6 de l’article 2, les numéros des autres articles avançant ainsi d’un rang jusqu’au 9è. Pour Me Arno Klarsfeld, ce souci du détail démontre que le maréchal, alors âgé de 84 ans, « n’était pas gâteux », contrairement à ce que ses défenseurs ont parfois affirmé.

La cinquième feuille du projet indique le lieu de sa rédaction et la fonction de ses rédacteurs: « fait à Vichy, par le maréchal de France, chef de l’Etat, le vice-président du Conseil » et huit autres ministres. Il n’y a ni date, ni noms, ni signatures. Mais la version promulguée au Journal Officiel le 18 octobre 1940 comporte tous les ajouts de Pétain, y compris « les motifs » justifiant les mesures.

Njinga

57265njinga.jpgEntendu : « L’histoire de la reine Njinga (1582-1663), retombée de nos jours dans l’oubli, est un des épisodes les plus étonnants de l’histoire africaine. Cette femme, reine du royaume angolais de Matamba pendant 40 ans, résista à la tête de ses troupes durant trois décennies aux Portugais, avant de conclure la paix et de se convertir au catholicisme. Ce ne fut pas sans mal, car elle dut obtenir le pardon de ses crimes, qui étaient aussi nombreux que terrifiants. Publié en 1687, le récit de son confesseur, le missionnaire capucin Lire la suite Cavazzi, nous plonge  » au cœur des ténèbres « , en compagnie d’une femme fascinante, intelligente, cruelle, sexuellement dominatrice, qui tente d’abandonner peu à peu ses pratiques païennes pour se convertir, elle et son peuple, au catholicisme. Elle mourra à 81 ans, presque en odeur de sainteté, avant que le rejet de la greffe chrétienne et les guerres ne replongent le pays dans le chaos. Le témoignage de Cavazzi est exceptionnel, car l’homme est aussi attentif aux détails des pratiques de la vie quotidienne qu’à ceux des  » cultes diaboliques  » que les autres missionnaires répugnent même à évoquer. Par ses descriptions, et aussi par ses dessins – retrouvés récemment avec son manuscrit original -, Cavazzi livre non seulement un récit littéraire et historique d’une grande force, mais aussi un incomparable document ethnographique sur l’Afrique centrale au XVIIe siècle. « 

Anne Frank

Anne Frank dans A retenir 57-265-annefrankarbre--150x117Nous avons regardé tous les deux le bleu magnifique du ciel, le marronnier dénudé aux branches duquel scintillaient de petites gouttes, les mouettes et d’autres oiseaux, qui semblaient d’argent dans le soleil et tout cela nous émouvait et nous saisissait tous deux à tel point que nous ne pouvions plus parler. 23 février 1944 Le Livre de Poche n° 287 p. 225

Avril est en effet radieux, ni trop chaud ni trop froid, avec de temps à autre une petite giboulée. Notre marronnier est déjà passablement vert et on voit même poindre çà et là de petites grappes de fleurs. 18 avril 1944 Le Livre de Poche n° 287 p. 309

Notre marronnier est totalement en fleur ; de haut en bas, il est bourré de feuilles et beaucoup plus beau que l’an dernier. 13 mai 1944 Le Livre de Poche n° 287 p. 339

Ce marronnier d’Inde, vieux de 170 ans a été déraciné hier par une bourrasque de vent vers 13h 30 !

Star Carr

Des archéologues britanniques auraient découvert la plus ancienne maison du pays, datant de l’âge de pierre.

Des chercheurs des universités de Manchester et de York ont expliqué que les restes de cette structure circulaire de 3,5 mètres de diamètre, située à Star Carr, près de Scarborough, étaient vieux de 10.500 ans, alors que la Grande-Bretagne était toujours reliée au continent.

Près de la maison, ils ont découvert une large plateforme de bois s’étendant jusqu’à un lac, qu’ils ont décrite comme la plus ancienne ossature de bois jamais retrouvée. Des morceaux de silex et de corne utilisés pour fabriquer des flèches ont également été trouvés. Le lieu a été habité juste après le dernier âge de glace, pendant une période de 200 à 500 ans, selon les archéologues.

« Pour les archéologues, le site est aussi important que Stonehenge, » a déclaré à la BBC Nicky Milner, de l’université d’York.

« Les sites de cette période sont tellement rares qu’il est vraiment incroyable de retrouver des os, de la corne ou du bois », a-t-elle ajouté.

La maison est antérieure de 500 ans à un habitat retrouvé à Howick, dans le nord de l’Angleterre, jusqu’ici considéré comme le plus vieux de Grande-Bretagne.

Marie Rose Gineste (1911-28/10/2010)

57304gineste.jpgMes biens chers frères,
Des scènes douloureuses et parfois horribles se déroulent en France, sans que la France n’en soit responsable.
A Paris, par des dizaines de milliers, des Juifs ont été traités avec la plus barbare sauvagerie. Et voici que dans nos régions on assiste à un spectacle navrant : des familles sont disloquées ; des hommes et des femmes sont traités comme un vil troupeau, et envoyés vers une destination inconnue, avec la perspective des plus graves dangers.
Je fais entendre la protestation indignée de la conscience chrétienne et je proclame que tous les hommes, aryens ou non aryens, sont frères parce que créés par le même Dieu ; que tous les hommes quelles que soient leur race ou leur religion, ont droit au respect des individus et des Etats.
Or les mesures antisémites actuelles sont au mépris de la dignité humaine, une violation des droits les plus sacrés de la personne et de la famille.
Que Dieu console et fortifie ceux qui sont iniquement persécutés ! Qu’il accorde au monde la paix véritable et durable, fondée sur la justice et la charité !

Plus…

Cette lettre pastorale a été écrite par Mgr Théas, évêque de Montauban et lue le dimanche 30 août 1942 dans toutes les églises du diocèse. Marie-Rose Gineste transportant ce message dans le diocèse au péril de sa vie.

Niel

Plus de 10 000 amphores (d’une contenance de 20 à 25 litres), soit a peu près 30 tonnes, ont été mise à jour au cours des fouilles de l’ancienne caserne Niel à Toulouse. Une trentaine d’archéologues travaillent sur 30 000 métres carrés. Le site de Niel était utilisé par les Gaulois il y a 2000 ans, pour des rassemblements religieux.

Tell Zeïden

Dans le nord de la Syrie, une équipe d’archéologues a entrepris des fouilles qui devraient améliorer notre compréhension de l’une des cultures préhistoriques de Mésopotamie tenue pour l’origine des premières cités et Etats du monde, mais aussi de ­l’invention de l’écriture. Après deux années d’études et d’excavations préliminaires sur le site de Tell Zeidan, les chercheurs syriens et américains ont déjà découvert un éventail fascinant d’artefacts issus de ce qui fut un site préurbain florissant en amont de l’Euphrate. Le village a été occupé pendant deux millénaires, jusqu’en 4000 avant notre ère, période mal connue mais qu’on suppose cruciale dans l’évolution culturelle de l’humanité.

D’après les spécialistes de l’Antiquité, Tell Zeidan devrait nous permettre de mieux saisir la vie à la période dite d’Obeïd, entre 5 500 et 4 000 avant notre ère. Durant celle-ci, le recours à l’irrigation s’est généralisé, les échanges commerciaux à longue distance ont eu un impact social et économique, de puissants chefs politiques ont pris le pouvoir et les communautés se sont peu à peu subdivisées en classes sociales, riches élites d’un côté et roturiers de l’autre.

Selon Gil Stein, directeur de l’Institut oriental de l’université de Chicago, qui dirige les fouilles à Tell ­Zeidan, ces dernières pourraient fournir des résultats marquants au cours des prochaines décennies. Guillermo Algaze, anthropologue à l’université de Californie à San Diego, qui fait autorité dans le domaine de l’urbanisme primitif au Moyen-Orient, estime que Zeidan “pourrait bien révolutionner les interprétations actuelles sur l’avènement de la civilisation au Proche-Orient”. Le site se trouve à deux heures de route au sud-est d’Alep et à environ 5 kilomètres de la ville moderne de Raqqa. Il se compose de trois grands tumulus sur la rive orientale du Balikh, au nord de son confluent avec l’Euphrate. Les monticules, dont le plus haut dépasse 15 mètres, encadrent les ruines d’une ville. Des vestiges enfouis et des tessons de céramique sont éparpillés sur une surface d’une quinzaine d’hectares, ce qui fait sans doute de Tell Zeidan le plus grand site connu de la période d’Obeïd.

Tell Zeidan a été identifié en 1926 par l’archéologue américain William F. Albright. Il a intrigué l’archéologue britannique sir Max Mallowan, époux d’Agatha Christie, qui l’a rapidement étudié dans les années 1930. Une équipe néerlandaise dirigée par ­Maurits van Loon s’y est intéressée en 1983. C’est elle qui a établi que le site remontait apparemment à la période d’Obeïd. Durant les étés 2008 et 2009, Stein et son équipe ont procédé à la cartographie du site et ont creusé des tranchées d’exploration. Leurs premières découvertes leur ont confirmé qu’il s’agissait bien d’une “communauté proto-urbaine” de la période d’Obeïd, probablement le site d’un grand temple. On a identifié quatre phases d’occupation distinctes à Tell Zeidan : les sédiments les plus anciens recèlent des traces d’une culture primitive, dite de Halaf (période antérieure à celle d’Obeïd), une couche médiane contenant du mobilier bien conservé de l’époque d’Obeïd et deux couches supérieures datées de la fin de l’âge du cuivre. Pour l’heure, tout semble montrer que ces transitions d’une époque à l’autre se sont déroulées sans heurts.

Les archéologues ont dégagé des restes de planchers, de foyers, de murs en briques de terre crue, de la poterie peinte d’Obeïd et des portions de murs, peut-être des fortifications ou un édifice public monumental. Les styles céramiques et les tests au carbone 14 [technique de datation de la matière organique] permettent de dater ces murs d’environ ­5000 av. J.-C. L’une des découvertes les plus marquantes a été celle d’un sceau en pierre représentant un cervidé, sans doute utilisé pour marquer les marchandises afin d’en indiquer le propriétaire avant l’invention de l’écriture. De près de 5 cm sur 6 cm, ce sceau est d’une taille inhabituelle et gravé dans une pierre rouge qui n’est pas originaire de la région. En fait, estiment les archéologues, il ressemble à un autre sceau retrouvé à quelque 300 kilomètres plus à l’est, à Tepe Gawra, près de Mossoul.

Pour les spécialistes, un sceau est un artefact riche en information. Il signifie, précise Richard L. Zettler, archéologue de l’université de Pennsylvanie, que “quelqu’un a l’autorité pour contrôler l’accès aux choses – pour fermer et sceller les jarres, les sacs, les portes – et, par conséquent, l’existence de tels sceaux révèle qu’il y avait une stratification sociale”. L’existence de sceaux élaborés présentant des motifs presque identiques sur des sites aussi éloignés laisse penser, ajoute Stein, que, “à cette époque, des élites commençaient à occuper des positions de pouvoir dans une région très étendue et [que] ces élites dispersées partageaient les mêmes symboles, peut-être même une idéologie commune concernant la supériorité de leur statut social”.

D’autres artefacts confirment l’évolution de villages de la culture d’Obeïd, passant de l’autosuffisance à une production artisanale spécialisée qui dépendait du commerce et était capable de procurer des biens de luxe. Une transition de cet ordre n’a pu s’opérer qu’avec une certaine structure administrative et a dû donner naissance à une classe aisée. La campagne de fouilles recherche des restes de temples et de grands édifices publics susceptibles d’étayer l’hypothèse de ces bouleversements sociopolitiques.

Dans ce qui était apparemment la zone industrielle du site, les archéologues ont mis au jour huit grands fours à poterie, une marchandise produite par la culture d’Obeïd que l’on retrouve même dans des régions éloignées. Ils ont également trouvé des lames d’obsidienne de grande qualité. L’abondance d’éclats d’obsidienne montre que ces lames étaient produites sur place. Leur couleur et leur composition chimique indiquent que la pierre provenait de mines qui se situent aujourd’hui en Turquie. Tell Zeidan abritait aussi une fonderie pour la fabrication d’outils en cuivre, la technologie la plus avancée du Ve millénaire avant. notre ère. Il est probable que les gens parcouraient jusqu’à 400 kilomètres pour se procurer du minerai de cuivre, sur des sites près de Diyarbakir, en Turquie. Il ne devait pas être facile de rapporter le minerai à Tell Zeidan. A une époque où l’on ne connaissait ni la roue ni les ânes domestiques, le minerai devait être transporté à dos d’homme. Récemment encore, explique Algaze, les universitaires considéraient que l’apparition des villes et des Etats en Mésopotamie avait été “un événement relativement soudain ayant eu lieu au IVe millénaire avant notre ère. dans un espace confiné au sud de ce qui est aujourd’hui l’Irak”. Mais, conclut le chercheur, le développement des échanges et de la technologie les cultures interconnectées de la période d’Obeïd que l’on observe à Tell Zeidan permet d’envisager que le “ferment de la civilisation urbaine” remonte à bien avant 4 000 avant notre ère.

Les ossements du Mucem

Nouveau rebondissement dans l’histoire déjà mouvementée du chantier marseillais du futur Musée des civilisations d’Europe et de la Méditerranée (Mucem). Mardi, des ossements, crânes et fémurs essentiellement, ont été découverts « à cinq mètres de profondeur, dans les dents des pelleteuses« . « Une partie est allée à la décharge avant qu’on ne s’en rende compte, raconte Tilman Reichert, chef de chantier. On a alors prévenu la police, qui a demandé une expertise. »
La surprise est totale, puisque les travaux se déroulent sur une zone de remblais, l’esplanade du fort Saint-Jean ayant été gagnée sur la mer à la manière d’un polder, à la fin du XIXe siècle . La zone n’a donc a priori pas de raison de receler des vestiges archéologiques. Pour l’anecdote, Jean-Claude Gaudin, sénateur-maire de Marseille, avait même déclaré lors d’une conférence de presse en 2009 : « En principe, ce n’est pas là qu’on devrait rencontrer les tibias de Jules César… On les a déjà trouvés partout ailleurs ! » Les ossements sont aujourd’hui en cours d’expertise, et la décision d’interrompre ou non le chantier sera prise dans les jours qui viennent. Du côté du cabinet d’architecture Rudy Ricciotti, on affiche cependant une certaine sérénité. « La découverte peut avoir des conséquences sur le calendrier du chantier, mais la zone des ossements est très localisée, elle s’étend sur 50 m², cela ne nous empêche pas de continuer à travailler, affirme Rudy Ricciotti. Je trouve très beau qu’on trouve une trace de vie de civilisations qui remontent avant les Grecs – si l’information se confirme – pour un musée des civilisations ! »
La découverte de ces ossements a étonné jusque dans l’environnement immédiat du chantier du futur musée. Alain Bourdy, président de la société des Amis du Mucem, affirmait hier: « Personne au Mucem n’a été informé de quoi que ce soit ». Penchant plutôt pour « un canular bien orchestré par les opposants au projet« . Idem dans les milieux politiques où personne n’avait pris connaissance de cette information. Sans doute parce que le chantier de ce futur musée, pièce majeure dans le dispositif de Marseille-Provence capitale européenne de la Culture en 2013, est géré par l’établissement public de maîtrise d’ouvrage des travaux culturels (Emoc), qui dépend du ministère de la Culture.
Réquisitionné par la police qui, au début de cette découverte, avait ouvert une procédure judiciaire (aujourd’hui stoppée), le Dr Pascal Adalian, maître de conférence en anthropologie à la faculté de médecine de Marseille (Université de la Méditerranée, U2), a expertisé un échantillon de ces ossements, avec le Dr Michel Signoli, responsable de l’unité de recherche UMR 6578 « anthropologie bioculturelle » (U2, CNRS, Établissement français du sang). « Ces ossements sont potentiellement de nature archéologique », explique le Dr Adalian, se refusant pour l’heure à donner une datation plus précise. « Ce dont on est sûr, c’est qu’ils ont plus de 10 ans. Mais impossible pour l’instant d’affirmer s’ils datent d’il y a 60 ans, s’ils proviennent d’un charnier de pestiférés de 1720, comme on en a découvert un récemment au pied de La Major, ou s’il s’agit d’une zone de réduction d’un ancien cimetière. Ces ossements nous ont été apportés dans la salle d’autopsie de l’unité de médecine légale, nous devons maintenant aller sur place pour analyser les sédiments ». Les deux anthropologues devraient donc se rendre sur le chantier du Mucem dès ce matin.

Une base Stefan Zweig

Des chercheurs de l’Université de Salzbourg vont numériser les écrits originaux de l’écrivain autrichien Stefan Zweig, dispersés dans le monde entier, pour créer une banque de données multimedia sur Internet.
« Nous essayons de savoir où tous ces documents se trouvent. D’après nos estimations, il y a environ 30.000 lettres et elles sont encore plus dispersées que les manuscrits », a expliqué le responsable du projet, M. Olivier Matuschek du Centre Stefan Zweig ouvert en 2008 et entièrement.
L’équipe, dont le projet devrait prendre 3 ans, va d’abord alimenter la banque de données avec l’autobiographie « Le Monde d’hier », rédigée peu avant le suicide en 1942 de l’écrivain d’origine juive. « Ainsi, nous aurons un fil directeur temporel sur lequel nous pourrons accrocher le reste. Nous allons mettre l’édition originale en allemand en ligne et y lier les manuscrits. Les gens pourront voir quel était le premier jet pour le troisième chapitre par exemple », a détaillé le chercheur qui travaille depuis 15 ans sur Zweig.
« Avec un clic, les utilisateurs pourront voir aussi s’il existe une lettre relative à ce passage ou un extrait de son journal intime. Ou bien des résultats issus de recherches récentes. Ce sera un instrument pour les profanes comme pour les chercheurs », a encore ajouté M. Matuschek; il a souhaité que la plate-forme se développe également sur un mode interactif avec les internautes.
Le Centre Stefan Zweig de Salzbourg a déjà passé des accords avec un éditeur londonien de l’écrivain et l’université américaine de Fredonia (Etat de New-York), pour numériser les écrits détenus par ces deux institutions.
Né en 1881 à Vienne en Autriche-Hongrie, Stefan Zweig a connu ses premiers succès avant la première guerre mondiale. Il partit en exil dès 1934 en Grande-Bretagne, pressentant les dangers du nazisme. Il se suicide le 22 février 1942 au Brésil où il s’était établi un an auparavant.
Outre « Le Monde d’hier », ses livres les plus connus s’intitulent « Amok », « 24 heures dans la vie d’une femme », et « Le joueur d’échecs ».

Anne Proenza : Evasion

Il est 22 h 30 ce 29 janvier 1990 lorsque retentit le signal tant attendu. «Salmon !» Le mot de code annonçant que la voie est libre parcourt les 60 mètres de tunnel où sont couchés, l’un derrière l’autre, vingt-quatre hommes âgés d’une vingtaine d’années. Un à un, ils s’extirpent du trou, se débarrassent de leurs habits souillés et commencent à courir, par petits groupes et à petites foulées. Au coin de la rue, un bus, un colectivo comme il y en a tant dans la capitale chilienne, les attend. Ils montent, regardent s’éloigner l’ombre de la sinistre prison publique de Santiago où la dictature a, en 1987, regroupé les prisonniers politiques.
Enfin libres ! Les dix-huit mois passés à creuser un tunnel à l’insu des gardiens sont enfin récompensés. Ils apprendront le lendemain que vingt-cinq autres prisonniers les ont suivis. En tout, cette nuit-là, 49 détenus politiques se sont échappés de la prison. Sans tirer un coup de feu. Quinze ans après, la majorité des acteurs de cette spectaculaire évasion n’en a pas terminé avec la justice chilienne qui les considère encore comme des fugitifs. Certains vivent clandestinement au Chili. D’autres connaissent un exil sans fin dans les pays qui les ont accueillis à l’époque comme réfugiés politiques.
En France, ils sont encore une dizaine. Et à l’heure où les Chiliens commencent enfin à régler leurs comptes avec la dictature, ils rêvent de pouvoir rentrer chez eux. «La dictature a duré dix-sept ans. Pour l’avoir combattue, j’ai été torturé, j’ai passé six ans en prison, je me suis évadé et je vis depuis quinze ans en exil, sans pouvoir retourner dans mon pays car j’y risque encore la prison. On a beau refaire les comptes dans tous les sens, cela ne peut-être ni juste ni légitime», s’exclame Francisco Peña, 44 ans, réfugié politique ici depuis 1990. Mêmes comptes pour German Alfaro, 44 ans, torturé, quatre ans de prison, quinze ans d’exil, et pour Lautaro Cruz, 49 ans, torturé, trois ans de prison, quinze ans d’exil. Tous trois ont monté une petite entreprise en bâtiment et travaillent sur des chantiers en région parisienne. Toujours ensemble. Chacun est le parrain des enfants des deux autres, certains nés au Chili, d’autres au cours de l’exil. La communauté chilienne parisienne tient lieu de famille. La vraie famille, elle, est restée là-bas. Quinze ans sans les voir, sans pouvoir assister ni aux mariages des uns, ni aux enterrements des parents. De silence, aussi.
Les langues se délient depuis la publication à Santiago, en novembre, du rapport de la commission Valech. Le gouvernement chilien a ainsi reconnu pour la première fois qu’au moins 35 000 personnes avaient été torturées sous la dictature de Pinochet. En vertu de la loi de réparation promulguée cet hiver, les victimes de la dictature recevront désormais 112 000 pesos (120 euros) par mois. C’est le cas de Francisco, de German et de Lautaro. Mais leur situation révèle les ambiguïtés du processus démocratique chilien : l’Etat les reconnaît comme victimes, mais s’ils retournent dans leur pays, ils peuvent être arrêtés et jugés. Très récemment, tous trois ont décidé de prendre un avocat au Chili pour tenter de régulariser leur situation. Ils savent que la procédure sera longue, mais le moment est venu de raconter cette ahurissante épopée qu’ils ont longtemps gardée pour eux.
La plupart des 49 fugitifs appartenaient au Front patriotique Manuel-Rodriguez (FPMR), une organisation créée en janvier 1983, dissidente du Parti communiste et prônant, à un des moments les plus forts de la répression, la lutte armée. Le FPMR s’est fait remarquer à cette époque par des actions spectaculaires (occupations de médias, enlèvements) qui culminèrent, le 7 septembre 1986, par un incroyable attentat, baptisé «Operación Siglo XX», contre Pinochet qui ne devait échouer que de justesse. Les représailles déclenchées par le pouvoir avaient été sanglantes : l’état de siège avait été décrété et la plupart des militants du FPMR arrêtés ou tués.
Regroupés en 1987 dans la prison de Santiago, transformée pour l’occasion en «prison de haute sécurité», les militants du FPMR songent à s’évader du bunker. Seule solution: un tunnel qui devra passer sous la prison, profiter plus loin de la cavité existant entre le tunnel du métro construit par les Français et la chaussée, pour enfin terminer de l’autre côté de la rue, au pied de la station Mapocho, derrière un mur abrité du regard des gardes, mais situé à un pâté de maisons d’un des sièges de la CNI (Central Nacional de Inteligencia, la police politique).
Dans la galerie 7/8 de la prison, ils sont d’abord quatre ­ dont German Alfaro ­ à échafauder les plans. Premier casse-tête : que faire de la terre et des gravats ? Les prisonniers se rendent compte qu’ils peuvent exploiter les combles entre le toit de zinc de la prison et le plafond des cellules: en étalant la terre, tous les gravats devraient tenir, mais il faudra travailler à plat ventre sous des tuiles de zinc qui, en été, dégagent une chaleur de plus de 50 °C… Pour camoufler l’ouverture, ils fabriquent une sorte de bloc de plâtre, avec de la chaux… et des oeufs, récupérés en cantinant. Dès lors, le creusement du tunnel peut commencer. Dans la cellule du rez-de-chaussée, l’entrée du tunnel est camouflée. Dans la cellule du premier étage, on évacue les gravats. Entre les deux, il y a encore un mini-tunnel par lequel on passe la terre préalablement entassée dans des jambes de pantalon transformées en sac. «Qu’est-ce qu’on a piqué comme blue-jeans», se souviennent-ils en riant aujourd’hui.
La victoire du non au référendum d’octobre 1988 (1) déclenche de vastes discussions. Personne n’y croyait et voilà que les Chiliens ont décidé de ne pas reconduire Pinochet à la tête de l’Etat. Des élections sont prévues un an après. Est-ce vraiment la fin de la dictature et l’avènement de la démocratie ? «Nous continuions à travailler dans le tunnel tout en observant le changement», se souvient Francisco. Les partis politiques qui forment alors la «Concertation» décident que les prisonniers politiques arrêtés en vertu de la loi antiterroriste seront exclus de toute amnistie. La plupart des prisonniers du FPMR sont dans ce cas. Dans la galerie 7/8 de la prison de Santiago, décision est donc prise de continuer à creuser. Cela n’avance pas vite. D’autres prisonniers sont mis dans le secret. Certains n’y croient même pas. Même la direction du FPMR, contactée à l’extérieur, n’y prête guère attention, jusqu’au jour où un détenu remis en liberté leur apporte une poignée de terre en guise de preuve…
A la fourchette, à la cuillère, avec ce qui leur tombe sous la main, ils sont bientôt dix-neuf à travailler jour et nuit, selon une discipline toute militaire. 420 bouteilles en plastique sont récupérées pour le tuyau d’aération. Le tunnel est consolidé, électrifié. Il fait 60 cm de diamètre, mais comprend quelques ouvertures plus larges, éclairées, où l’on peut se retourner. Les futurs évadés vivent au rythme des 3 x 8. Les grandes peurs ne manquent pas : mini tremblement de terre, effondrement du tunnel, fouilles un peu corsées… Sous les combles, l’été, les hommes se déshydratent. Dans le tunnel, l’air est rare. Un jour, les détenus tombent sur des ossements, un charnier et… des pelles !
Le 14 décembre 1989, le démocrate chrétien Patricio Alwyn est élu président de la République. Il doit prendre ses fonctions en mars, mais annonce déjà que les prisonniers politiques accusés de «crimes de sang» ne seront pas amnistiés. Et puis, surtout, Augusto Pinochet reste commandant en chef des armées…
Ce samedi 27 janvier 1990 est jour de visites. Il est convenu d’injecter de la peinture verte à l’extrémité du tunnel. Un contact extérieur pourra ainsi vérifier sa position. Il manque encore quelques mètres. Le grand jour est donc reporté au lundi. A 21 heures, un premier groupe, avec German Alfaro et Francisco Peña, prend place dans le tunnel. A 22 h 30, vingt-quatre personnes sont à plat ventre dans le tunnel. Pas un de plus, question de sécurité. Les longues observations des camarades à l’extérieur ont montré que des groupes d’officiers de la CNI ont l’habitude de faire un jogging certains soirs. Les détenus en fuite vont donc les imiter pour ne pas attirer l’attention des gardes postés sur le mirador. C’est comme ça qu’ils se font la belle.
Pendant ce temps, dans la prison, la rumeur de la disparition des 24 court les galeries. «Nous qui avions toujours pensé qu’il était impossible de faire un tunnel, nous nous sommes mis à chercher le trou», raconte aujourd’hui dans son appartement de la banlieue parisienne Juan Carlos Cancino, 45 ans, autre militant du FPMR arrêté en septembre 1987. Il sera du second groupe d’hommes qui profitent de l’aubaine, comme Lautaro Cruz et Jorge Angulo. Ce dernier, 45 ans, plombier et réfugié en France depuis treize ans, est le premier à y aller voir : «Il est 23 h 40, je m’enfonce dans le tunnel, il n’y a pas de lumière, je ne sais pas s’il y a des pièges, ni où il mène, j’arrive au bout, je suis obligé de sortir pour faire demi-tour, je pourrais m’en aller seul mais je retourne chercher les autres…» Comme d’autres, il est accusé d’avoir participé à l’attentat contre Pinochet du 7 septembre 1986. Dans la galerie, chacun se prépare. Les détenus aux peines les plus lourdes partent en premier, sans avoir préparé leur fuite, sans savoir où aller. Certains ne connaissent même pas Santiago ! Quand l’alerte est donnée, vers 3 heures du matin, 49 détenus ont réussi à se faire la belle. Six seront repris.
Après un an de cavale et de clandestinité, Raúl Blanchet, aujourd’hui journaliste à Santiago, a réussi à faire classer son cas par la justice : «Je suis sorti de la clandestinité mais j’ai perdu à perpétuité mes droits civils : je ne peux pas voter, je ne peux pas travailler dans la fonction publique. La plupart d’entre nous n’ont que le droit de survivre.»
«Il n’a jamais été possible de trouver une solution légale collective, souligne l’avocat Alberto Espinosa, contacté à Santiago. Il faut gérer chaque cas de manière individuelle. Pour la justice, les mandats d’arrêt sont valides. Le comble, c’est que la justice militaire est encore en vigueur et peut se permettre de juger des civils!» Les accusations portées à leur encontre sont graves : association illicite, enlèvement, meurtres de carabiniers. Toutes les déclarations qu’ils ont faites à l’époque de leur arrestation avaient été recueillies sous la torture. Elles les suivent encore aujourd’hui. «On parle beaucoup des droits de l’homme, mais nous, c’est un peu comme si nous ne pouvions pas exister», conclut Juan Cancino.
(1) Avec 54,71 % des suffrages.

Annie Lacroix-Riz : Drôle de défaite

On présente volontiers la Défaite de 1940 comme une sorte de malédiction technique, la France ayant été gouvernée par des hommes politiques recevant trop d’informations ou pas assez, et d’ailleurs inaptes à les interpréter correctement ; par des militaires gâteux, incapables de s’adapter aux conditions nouvelles d’une guerre de mouvement et attachés à la défensive s’en s’être rendu compte que l’Allemagne préparait l’offensive. Cette thèse a aujourd’hui seule droit de cité, par exemple dans un récent numéro spécial de la revue L’histoire d’avril 2010, dont les articles et interviews de « spécialistes » réels ou présumés ne tiennent aucun compte de l’apport des sources originales, françaises et étrangères, aujourd’hui disponibles.

Or, ces archives confirment l’analyse de nombreux contemporains des années de guerre et d’Occupation, et en particulier l’un des plus prestigieux, historien médiéviste et grand observateur de son époque, Marc Bloch. En avril 1944, à quelques semaines de son assassinat par la Milice, il présenta dans une revue clandestine comme la signature de la trahison de Pétain, au sens juridique d’intelligence avec l’ennemi, sa longue préface approbatrice au livre de 1938 du général de réserve Louis Chauvineau, ancien professeur à l’École de Guerre (1908-1910), Une invasion est-elle possible ?, qui prônait la défensive et ridiculisait la guerre offensive (avec avions et blindés) et les alliance de revers de la France [1] . Le jugement général qu’en tira Bloch a fourni le cadre d’une longue recherche puis de deux ouvrages récents : Le Choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930 et De Munich à Vichy, l’assassinat de la 3e République, [2] : « Le jour viendra », affirmait Bloch, « et peut-être bientôt où il sera possible de faire la lumière sur les intrigues menées chez nous de 1933 à 1939 en faveur de l’Axe Rome-Berlin pour lui livrer la domination de l’Europe en détruisant de nos propres mains tout l’édifice de nos alliances et de nos amitiés. Les responsabilités des militaires français ne peuvent se séparer sur ce point de celles des politiciens comme Laval, des journalistes comme Brinon, des hommes d’affaires comme ceux du Creusot, des hommes de main comme les agitateurs du 6 février, mais si elles ne sont pas les seules elles n’en apparaissent que comme plus dangereuses et plus coupables pour s’être laissé entraîner dans ce vaste ensemble ».

La hiérarchie de Marc Bloch des cinq principaux groupes coupables de la Défaite était ainsi établie : les militaires, les hommes politiques, la presse, les hommes d’affaires (firme Schneider, dont le président Eugène, roi de la Tchécoslovaquie, la tua en septembre 1938, avant de la vendre, concrètement, avec Skoda, à Krupp, en décembre), et les agitateurs du 6 février 1934, ce mouvement dans lequel nombre d’historiens voient une simple révolte de la droite « républicaine » et de l’extrême droite contre les tares de la république parlementaire. Depuis 1999, de nombreux fonds français ont été ouverts aux chercheurs après avoir été fermés pendant soixante ans. Leur dépouillement permet à la fois d’avérer l’analyse de Bloch et de modifier sa hiérarchie des responsables, que des années de recherches m’ont conduite à établir ainsi :

1 – Les « hommes d’affaires », que je nomme les hommes du grand capital, de la fraction la plus concentrée des milieux économiques, dominent toutes les autres catégories. Ils jouent un rôle déterminant parce qu’ils sont maîtres de la politique économique, malgré le rôle grandissant de l’Etat, et de la vie politique au sens très large : ce contrôle hégémonique inclut la possession, donc la maîtrise permanente des moyens d’information.

2 – Les politiciens. Il ne s’agit pas uniquement de Laval ou des hommes de droite et d’extrême droite, mais d’un ensemble de responsables, comprenant la gauche dite « de gouvernement », radicale et socialiste, d’autant plus que, dans l’entre-deux-guerres, depuis 1924, et plus encore pendant la crise des années 1930, une majorité de Français vota à gauche. Ne se distinguant pas sur l’essentiel – et surtout pas sur la gestion de l’économie – des élites de droite qui dirigeaient l’économie et la société, cette « gauche de gouvernement », Léon Blum inclus et les radicaux plus encore (Herriot, Chautemps, Daladier, etc.), confrontée à la crise (du profit) adhéra aux solutions requises par les responsables de l’économie. Or, les plans économiques et politiques mis au point depuis les années 1920 et surtout 1930 supposaient tous « réforme de l’État », c’est à dire réduction sensible, voire liquidation des pouvoirs du Parlement. Ils permettraient, pour régler la crise (rétablir le taux de profit) d’éliminer des institutions gênantes pour le grand patronat désireux de réduire les salaires directs et indirects. Pour les raboter de manière drastique, celui-ci disposait de modèles étrangers efficaces : il apprécia d’abord l’exemple donné par l’Italie fasciste depuis novembre 1922, puis et surtout par l’Allemagne pré-hitlérienne (de Brüning) et hitlérienne, car aucun pays n’avait sabré les salaires directs et indirects de manière aussi drastique que l’Allemagne depuis 1930 et surtout depuis février 1933.

De sorte que, pas seulement pour la droite et l’extrême droite, mais aussi pour une fraction grandissante de la gauche de gouvernement, la renonciation aux « acquis sociaux » par la masse de la population apparut comme la meilleure voie de sortie de crise – sur la base exclusive de la formule maintien ou augmentation des profits-casse des salaires. Dans les projets du grand capital fut établi un lien automatique entre ladite casse et la formule « très autoritaire » mise en œuvre dans les pays voisins. Nulle part ne pouvait être obtenue l’acceptation spontanée des énormes « sacrifices » de la crise que devrait consentir le peuple seul. Il fallait donc se passer du consentement populaire par une réduction ou une disparition 1° du Parlement toujours trop sensible aux desiderata des électeurs appelés à renouveler les sièges des députés , et 2° des partis (de gauche) au service de la population, qui seraient tentés, poussés par leur base sociale ou spontanément, de faire obstacle aux mesures contre les salaires. Tout cela supposait nouvelle organisation politique où ne se retrouva pas seulement l’ensemble droite-extrême droite tenté de fusionner au cours de la crise : la gauche de gouvernement fut aussi séduite par les solutions jugées modernes et pertinentes développées dans les milieux les plus concentrés de l’économie. L’adhésion fut au moins partielle (Blum compris, immergé dans un milieu « moderniste » directement lié au grand capital), parfois totale (chez Daladier dès 1933 et comme chef du gouvernement d’avril 1938 à mars 1940, après un virage à gauche purement pré-électoral en 1935-1936).

Dès les années 1920 se constituèrent des groupes de réflexion et d’action à l’intérieur du grand patronat, dont le principal, créé en 1922 (l’année du triomphe du fascisme en Italie), s’appela synarchie. La synarchie, nous assure-t-on, n’existe [3]. Avérée par les sources, elle fut fondée par douze décideurs issus de la grande banque (dont les banques Worms et d’Indochine) et de l’industrie lourde – et en compta une cinquantaine dans les années 1930. Ces milieux, quintessence de ce que la propagande du Front populaire appelait « les 200 familles » (les 200 plus gros actionnaires de la Banque de France), détenaient assez de pouvoirs pour convaincre les hommes politiques, les journalistes (mais aussi les publicistes et les syndicalistes compréhensifs), les hommes de main et les militaires de haut rang (auxquels il assuraient une retraite (précoce) dorée, comme Weygand, administrateur de la Compagnie internationale du canal de Suez pour 600 000 frs par an depuis sa retraite de 1935. Aux décideurs de la poignée dirigeante des synarques revint la décision, à toutes ses étapes ; aux féaux des quatre autres niveaux, la propagande et l’exécution.

Les hommes politiques, parlementaires compris, furent associés à des plans de liquidation de la République ou en furent précisément informés sans juger bon d’en aviser leurs électeurs ou les membres mineurs de leurs partis. Cette réalité, attestée par des sources françaises et étrangères, abondantes (malgré de considérables destructions d’archives), est aujourd’hui repoussée par les porteurs de l’idéologie dominante, en premier lieu les journalistes ou publicistes fabriquant l’opinion en la « dindonnant [4] : ceux-ci arguent qu’étudier un complot, une conjuration, une stratégie, relèverait d’une « histoire du complot », concept inacceptable en soi. La question, en quelque sorte, « ne sera pas posée ».

Pourtant, comme je le dis souvent à mes étudiants, personne ne se demande si Allende est « tombé » tout seul : les archives américaines sont déclassifiées rapidement et l’on peut, sur la seule base des fonds publiés, vérifier que Washington a assuré, en s’appuyant sur les élites chiliennes que gênaient les réformes sociales en cours, d’abord la chute d’Allende puis sa succession par le régime de Pinochet, caractérisé d’une part, par la terreur et la baisse drastique du niveau de vie pour la masse de la population, et, d’autre part, par une liberté économique et politique sans limites pour le grand capital (chilien et américain). Les archives française et les archives étrangères que j’ai consultées permettent d’établir aussi formellement que les projets politiques évoqués plus haut étaient déjà fort avancés dans les années 1920 (projet de putsch Lyautey de 1926-1928, auquel l’obscur clerc Emmanuel Suhard fut étroitement associé : sa promotion consécutive lui permit de participer, comme archevêque de Paris, à l’ultime étape de la trahison, celle de 1940). La solution prit forme définitive en 1933-1934 : c’est à la faveur de la première tentative d’étranglement de la République, le 6 février 1934, et surtout de ses suites (le gouvernement de Doumergue, autre entretenu, aux mêmes conditions que Weygand, par « le » Suez) que fut trouvée la formule politique finalement venue au jour à la faveur de la Défaite consciencieusement préparée : le duo formé par Laval et celui que ce dernier qualifiait de « dessus de cheminée », c’est-à-dire Pétain. En 1935, François de Wendel, déjà présenté, « sout[enait] M. Laval de toute son influence » et préparait la chute du régime en préférant au le colonel de la Rocque, son ancien chouchou, et à ses Croix de Feu (qu’il finançait largement) « un homme disposant d’un grand prestige dans le pays et ayant eu également la faveur de l’Armée » [5].

La synarchie s’appuyait sur des hommes politiques et sur des hommes de main, trouvés, sauf exception notable (quelques renégats de gauche ou d’extrême gauche), dans la droite et l’extrême droite, c’est-à-dire dans les ligues fascistes qui, financées par le grand capital en général et la synarchie en particulier, s’étaient développées en France suivant deux étapes, dans les années 1920, puis dans la décennie de crise. Ces ligues, sans disparaître individuellement, fusionnèrent en « Cagoule » en 1935-1936. A « la Cagoule » qu’on nous présente volontiers, avec une arrogance égale à l’ignorance, comme un petit mouvement risible, fugace et inoffensif [6] la synarchie fournit des moyens considérables. Car elle lui servit de bras armé ou d’« “aile marchante” », selon le meilleur spécialiste de « La Cagoule » et des ligues, le juge d’instruction Pierre Béteille, dans son rapport de 1945 pour le procureur général du procès Pétain, Mornet [7] elle groupait en 1939 environ « 120 000 hommes pour toute la France, répartis en 40 légions » au service d’une stratégie de la tension – mise en œuvre quand le Front populaire se tint debout (en 1936-1937), abandonnée ensuite au profit des grands projets de la phase finale dont 20 000 dans l’armée, car il y avait une « Cagoule » civile et une « Cagoule » militaire. Au sommet de la « Cagoule » militaire, dont la direction comptait les étoiles de l’Etat-major (Gamelin, chef d’état-major général, ne fut pas de la dernière étape, mais fut informé de tout et ne s’y opposa jamais), on trouvait rien moins que Pétain et Weygand : le duo fut, le 18 mai 1940, mis en place par l’homme de la droite classique Paul Reynaud. Les liens étroits de ce dernier avec la synarchie avaient fait toute sa carrière ministérielle, mais l’historiographie dominante continue à le dresser en homme fatigué, hésitant ou en mystère [8]. Pour connaître les autres éminences (Darlan compris), il suffit de disposer de la liste des officiers peuplant les cabinets de Vichy. Les civils dirigeant la Cagoule se confondaient le plus souvent avec ceux de la Synarchie : trônèrent à Vichy tous les hommes qui avaient forgé et fait exécuter les plans de liquidation de la République, et qui s’auto-attribuèrent les deux premières promotions des médailles de la francisque.

Dans ce dispositif les journalistes jouèrent un rôle, hauts salariés qu’ils étaient d’organes de presse détenus par le grand capital : symbole d’une situation générale, Le Temps, prédécesseur direct du Monde, appartenait pour plus de 80% au Comité des Forges en 1934 (après avoir été partagé jusque là entre Comités des forges, des houillères et des assurances).

Ce qui détermina la Défaite ne fut pas seulement la perte de « la bataille de 1940 » par les généraux, par ailleurs affectés à une mission directe : Huntziger ouvrit d’emblée la percée de Sedan à la Wehrmacht, qui s’y engouffra ; Pétain et Weygand allèrent discuter autour du 20 mai avec des délégués du Reich. Ce fut la décision du Grand Capital, qui généra l’exécution de tous ses obligés, armée comprise. Il voulait des salariés dociles à la casse de leurs salaires. Il refusait de se battre contre le Reich, si précieux partenaire commercial et financier. Il convenait de lui vendre les produits dont n’avait pas besoin la France puisqu’elle ne préparait pas la guerre, au premier chef le fer des canons et la bauxite (pour l’aluminium) des avions. Il ne pouvait être question de contrarier cet énorme débiteur dont la mise en défaut avait failli détruire le système capitaliste dans la crise systémique, bancaire et monétaire, du printemps et de l’été 1931. Pour ne pas déplaire à l’Allemagne, le Grand Capital, clé de « l’Apaisement », orienta la politique de la France vers le compromis à tout prix. Entre autres, le futur gouverneur de la Banque de France et chef de la délégation française d’armistice de Wiesbaden, le synarque Yves de Boisanger, alla en traiter avec le directeur général de l’IRI (Instituto di ricostruzione industriale italiano), Giovanni Malvezzi, en juillet 1939. L’Allemagne, ayant, elle, envie de faire la guerre indispensable à la conquête, se trouva, face à ses partenaires complaisants, en mesure d’agir sans trouver résistance organisée. La France fut donc vaincue dans les cinq jours (à peine) qui suivirent l’assaut du 10 mai 1940, pas à cause du « pacifisme » présumé d’un peuple qui avait supporté plus de quatre ans de guerre à peine plus de vingt ans auparavant.

 

[1] Cahiers politiques n° 8, « À propos d’un livre trop peu connu », in Bloch Marc, L’étrange défaite, Paris, Gallimard, 1990 (juillet-septembre 1940, 1ère édition, 1946).
[2] 1938-1940 Paris, Armand Colin, respectivement, nouvelle édition complétée et révisée, 2010, et 2008.
[3] pasTypique de l’assurance hégémonique dans la production historique française, Olivier Dard, La synarchie ou le mythe du complot permanent, Paris, Perrin, 1998.
[4] »« L’opinion française dindonnée par les campagnes “idéologiques” » fut conduite, « dans son ignorance », à prendre des vessies pour des lanternes, en 1938 [et au-delà], note de l’État-major, anonyme, 15 septembre 1938, N 579, SHAT (expression souvent utilisée dans les ouvrages cités n. 2).
[5] RG, P. 8553, 4, 3 juillet 1935, F7 12960, Archives nationales
[6] « Avant-guerre, la Cagoule a pu apparaître comme une menace sérieuse contre la République. En réalité, elle a été un épiphénomène, certes bruyant, sanglant, fascinant même pour une frange réactionnaire, mais elle ne fut en rien, ni en 1936, encore moins sous l’Occupation, une organisation politique d’envergure. Apparemment, son parfum de romantisme noir ne s’est pourtant pas totalement évaporé », Henry Rousso, Libération, 31 mai 1991, « Les Cagoulards, terroristes noirs ». La Cagoule fut « mise au jour et décapitée quelques semaines » après son attentat du 11 septembre 1937 contre le siège de la CGPF, décrète Olivier Dard, Les années trente, Paris, Le Livre de Poche, 1999, p. 162.,
[7] « Relations de Pétain avec le CSAR » (Comité secret d’action révolutionnaire, autre nom de la Cagoule), fonds Mornet, II, Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC). :
[8] Exemple de cette obstination, Julian Jackson « Les politiques ont-ils failli ? », L’histoire n° 352, p. 78-85.
Annie Lacroix-Riz, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Paris VII

Marie-Hélène Carbonel : Consuelo de Saint-Exupéry : Une mariée vêtue de noir.

57156consuelo.jpgLe mot de l’éditeur: Pour la première fois la vie de Consuelo dévoilée, sans fards ni censure. Lettres inédites, journaux intimes, enregistrements privés, archives personnelles, redonnent son vrai visage à la rose du Petit Prince.
Née en 1901 au Salvador, morte en 1979 à Grasse, Consuelo Suncín épouse, en troisième noce d’Antoine de Saint Exupéry, nous révèle enfin son vrai visage.
Peintre, sculpteur, et conteuse émérite, maîtresse du ministre de l’Education mexicain, José Vasconcelos, élève de Diego Rivera, elle se meut dans le monde des artistes de son temps avec une aisance peu commune depuis l’Amérique jusqu’à l’Europe. Elle n’a que 26 ans lorsqu’elle épouse à Nice le grand chroniqueur guatémaltèque Enrique Gómez Carrillo. Elle fréquente dans les années folles, tout ce que le monde offre de personnalités de renom : depuis des Prix Nobel comme Maeterlinck ou Gabriela Mistral, en passant par des hommes politiques comme Poincaré ou Clémenceau.
Sa rencontre avec Antoine son troisième mari, la propulse à 30 ans, dans un autre monde, plus difficile à appréhender pour elle car elle n’en possède pas les codes.
Après des années houleuses, l’Exode lui fait vivre une expérience hors du monde qui lui inspira son roman Oppède. Là encore lettres d’amour magnifiques, télégrammes enflammés, tous inédits, viennent souligner cette époque exaltée et exaltante, tandis que Saint Ex s’est replié à New York.
Lorsqu’enfin elle l’y rejoint c’est pour trouver après des mois d’incertitudes, la paix et la réconciliation avec son mari. C’est alors que nait « leur enfant » : Le Petit Prince. Véritable acte de contrition de la part d’Antoine, dernier adieu avant de rejoindre sa planète. Il lui dit et écrit combien il regrette de ne pas lui avoir dédié ce conte dont elle est l’inspiratrice et la rose. On connaît la suite pour Antoine : porté disparu le 31 juillet 1944…
Mais Consuelo continue à vivre tant bien que mal, et plutôt mal que bien les années qui suivent jusqu’à sa propre mort. Elle peint, elle expose dans le monde entier se déplace beaucoup pour faire revivre la mémoire de ses deux maris d’exception que furent les deux grands écrivains qui l’épousèrent.
Elle s’éteint à Grasse des suites d’une crise d’asthme plus forte que les autres. Se sentant décliner, chaque nuit, au cours de ses deux dernières années, elle livre au dictaphone les souvenirs émouvant d’une vie, où elle ne s’épargne rien.
Elle le fait, en dépit de la gêne que cela lui procure, car « On a trop dit de mensonges »…
Elle a donc demandé ainsi qu’on rétablisse la vérité. Ce qui est fait désormais. Editions du Rocher

L’héritage

Défendue par certains anthropologues, l’idée que la rencontre entre Cro-Magnon et Neandertal ait été féconde n’avait jusqu’à présent pas trouvé de confirmation dans les études de paléo-génétique. La revue Science publie cette semaine un rebondissement de taille: le croisement aurait bien eu lieu, même s’il demeure marginal, selon l’équipe de Svante Pääbo, de l’Institut Max Planck de Leipzig. Nous aurions quelques gènes néandertaliens : 1 à 4% de l’ensemble de notre génome.

Cette même équipe avait d’abord écarté l’hypothèse. La comparaison de l’ADN mitochondrial (contenu par les mitochondries dans la cellule) de Neandertal et d’Homo sapiens ne montrait aucune parenté. Après le premier décodage de l’ADN nucléaire (du noyau de la cellule) de Neandertal, les chercheurs n’avaient pas non plus repéré de similitude avec l’ADN de Sapiens.

Après quatre ans de travail, Svante Pääbo et ses collègues disposent désormais d’environ 60% de la séquence génétique d’Homo neandertalensis, soit plus de 4 milliards de nucléotides obtenus à partir de trois fragments d’os de trois Néandertaliens. Grâce à des techniques nouvelles mises au point pour récupérer, trier et analyser ce matériel, les chercheurs publient une première carte du génome néandertalien.

Pour la comparer, Pääbo et ses collègues ont aussi séquencé l’ADN de cinq humains actuels originaires d’Afrique, d’Afrique de l’ouest, de France, de Chine et de Papouasie Nouvelle-Guinée.

Le génome de Neandertal a plus de similitudes avec les hommes actuels vivants hors d’Afrique, constatent les chercheurs. Ils suggèrent donc que les croisements entre les premiers hommes modernes et les néandertaliens ont eu lieu il y a longtemps, après avoir quitté l’Afrique mais avant de se disperser en Europe et en Asie. C’est au Moyen-Orient, il y a au moins 100.000 ans, que les deux branches humaines se seraient mélangées, avancent les chercheurs.

Au-delà de ces mystérieuses rencontres, ce qui intéresse Pääbo et ses collègues c’est l’identification des gènes qui ont permis à l’homme moderne de prospérer, tandis que Neandertal s’est éteint. Pour cela ils cherchent des régions du génome qui ont rapidement évolué chez l’homme moderne mais pas chez Neandertal. Ils en ont isolé 212, dont 20 qui ont subi une sélection très forte. Parmi ces gènes qui auraient conféré un avantage à l’homme moderne au cours de l’évolution, plusieurs concernent la cognition (apprentissage, relations aux autres…) et le métabolisme.

L’inventaire de l’atelier de Gustave Courbet

58151selfportraitcourbetwithblackdogcourbetgustave.jpgL’inventaire de l’atelier de Gustave Courbet établi en 1879 après le décès du peintre faisant partie du patrimoine franc-comtois, voire mondial, sera prochainement consultable par les chercheurs ou simples passionnés des œuvres de Gustave Courbet.

L’inventaire en question était jusqu’à lundi soir conservé dans un office notarial de Besançon depuis plus de cent ans et c’est son actuel propriétaire, Me Raphaël Callier qui très solennellement à remis le précieux document au président du conseil général, Claude Jeannerot au siège de la Chambre des Notaires du Doubs.

Visiblement très émue, Nathalie Vidal, directrice des archives départementales du Doubs, est ainsi devenue la nouvelle gardienne de ce document culturel exceptionnel.

La minute (acte original) comporte 21 pages manuscrites, elle liste et estime, parfois pour 1 franc, les quelques 501 œuvres ayant appartenu à Gustave Courbet. Ce document, rendu public lundi pour la première fois enrichit le fond Courbet, déjà dépositaire d’un premier inventaire, et s’inscrit dans le projet scientifique et culturel « Pays de Courbet, pays d’artiste ».

Mithra

Les vestiges d’un lieu de culte dédié à Mithra ont été retrouvés à l’emplacement de l’ancienne clinique Saint-Louis, à Angers. Dès le début des fouilles, en janvier, les archéologues avaient conclu à la présence d’une villa gallo-romaine très importante. Parmi les différents bâtiments, « le propriétaire avait créé un sanctuaire au dieu Mithra, » révèle Jean Brodeur, le responsable des fouilles.

Une découverte exceptionnelle à plusieurs titres. D’abord parce que c’est le premier « mitraeum » découvert dans l’Ouest. Jusqu’ici, aucun historien ne savait qu’un culte au dieu Mithra avait été rendu dans la région. Le dernier site, en Europe, a été découvert en 1986 à Bordeaux ! Ensuite par la richesse des objets retrouvés : des fragments de statues, de poteries, beaucoup de pièces de monnaie… « On a un vase zoomorphe en poterie, représentant un cervidé. C’est le seul en Europe pour cette période ! s’extasie Maxime Mortreau, céramologue. Une dédicace en grec : c’est la seule connue au nord de la Loire… » Un vase complet avec dédicace explicite à Mithra, les fragments d’un bas relief représentant le dieu sacrifiant un taureau, les morceaux d’un rare lustre en terre cuite aux figures d’Africains…

Le temple, construit au début du IIIe siècle, a été détruit à la fin du IVe, comme en témoignent des traces d’incendie (terre et morceaux de poutre brûlées) et la fragmentation de tous les objets de culte. La tête du dieu a été martelée. « Le mithriacisme est une religion monothéiste qui a été ramenée de Perse par les légionnaires romains, explique Jean Brodeur. Elle faisait concurrence au christianisme. » Elle a donc été interdite en 392 par l’empereur Théodose et le temple ravagé. Jusqu’à ce que, 1 600 ans plus tard, les archéologues le mettent au jour. Le site et le mobilier seront présentés au public les 5 et 6 juin pour les Journées de l’archéologie.

L’Etoile jaune

C’est le Pacte d’Umar qui stipule que les chrétiens (et par conséquent aussi des Juifs) qui vivent dans les pays musulmans sont tenus de porter des vêtements distinctifs. Bien qu’il existe des questions sur le statut de ce document comme une source historique, l’utilisation de signes distinctifs, est cohérente avec des preuves documentaires et archéologiques du siècle, septième et huitième siècle, l’Irak et la Syrie. Dans les pays musulmans, les juifs, comme presque tous les non-musulmans ont été traités comme des sujets de seconde classe. Cela a été exprimée à travers les lois somptuaires qui a établi des vêtements autorisés ou non autorisés à porter. L’utilisation de vêtements distinctifs ou des marques pour les communautés juives et d’autres religieux a été tracée par les historiens de l’antiquité. Dans la période islamique, les non-musulmans sont tenus de porter des signes distinctifs en public, tels que les joints métalliques fixés autour de leur cou. Le tatouage et le marquage des esclaves et les captifs étaient répandues dans le monde antique. Cependant, l’islam, comme le judaïsme, interdit les marques cutanées permanentes. De même, ils n’étaient pas autorisés à porter des couleurs associées à l’islam, en particulier vert. La pratique de l’image de marque physiquement les juifs et les chrétiens semblent avoir été commencé dans le Haut Moyen Age de Bagdad et a été jugé hautement dégradant. Selon Bernard Lewis, Les chrétiens et les juifs ont été forcés de porter des insignes spéciaux sur leurs vêtements. Le badge jaune a été introduite par un calife de Bagdad au IXe siècle, et la propagation vers l’ouest à l’époque médiévale. Même dans les bains publics, les non-musulmans portaient des médaillons suspendus à des cordes autour du cou pour qu’on ne les prennent pour des musulmans. Ceintures, chapeaux, chaussures, brassards et/ou des correctifs de tissu ont été également utilisés. Selon les règles de chiites, ils n’étaient même pas autorisés à utiliser les mêmes bains. En 1005 les Juifs d’Egypte a ordonné de porter des clochettes sur leurs vêtements. Mis à part les Juifs, les Hindous vivant sous les règles islamiques en Inde ont souvent été contraints de porter leur badge jaune également. Pendant le règne de Akbar le Grand, Son général Husain Khan Tukriya force les Hindous de porter des badges jaunes discriminatoires sur leurs épaules ou les manches.

L’expédition Kybele

58085kybele.jpgL’association turque « 360 degrés », s’est spécialisée dans la construction de répliques de bateaux antiques. C’est elle qui a initié l’expédition d’archéologie expérimentale, de la Kybele.
La galère possède deux rangées de dix rameurs. La birème a été reconstituée à partir de relevés de fouilles dans un chantier naval d’Izmir. Sa coque étroite en bois mesure 19 m de long. L’étrave est prolongé par un éperon qui servait à endommager les navires ennemis, et les rames à se rendre aussitôt sur les bateaux adverses.
Partie, le 7 juin, de Força, elle a parcouru 1400 milles. Elle a rejoint Marseille, où elle est arrivée le 30 août, après des escales en Grèce et en Italie, avec à son bord plus d’une vingtaine d’archéologues, marins et étudiants.
L’un des objectifs était savoir si la colonisation phocéenne sur le pourtour méditerranéen s’est faite à l’aide de bateaux de guerre, chargé d’ escorter les gros navires de migration.
Il s’avère que ce type de bateau était trop fragile et que la colonisation à due se faire par les gros bateaux de commerce.

Près de Ventotene

Selon l’agence Ansa, plusieurs équipes d’archéologues, ont découvert , des épaves de cinq navires romains datant du Ier siècle avant notre ére au IVe siècle après, avec leurs cargaisons d’amphores et de vases, au large de Naples (sud de l’Italie).
Elles reposaient sur un lit de sable à une centaine de mètres de profondeur par des équipes spécialisées en archéologie sous-marine, au cours d’une longue campagne de recherches entamée en août 2008.
Le bateau le plus ancien, de 18 mètres de long, daterait du 1er siècle avant notre ère. Les autres – d’une longueur comprise entre 13 et 25 mètres – recèlent encore leur chargement d’amphores espagnoles, italiques ou africaines.
Ces découvertes de Ventotene (1,54 km de superficie) démontrent que l’ile était un important carrefour de routes maritimes pour les navires antiques.

Arles

Des découvertes sous-marines exceptionnelles ont eu lieu, à Arles. Elles ont mis au jour de nombreux éléments de statuaire antique dont certains sont uniques en Europe. Plusieurs pièces présentent un intérêt exceptionnel, parmi lesquelles :

- un buste grandeur nature de César âgé. Ce buste en marbre du fondateur de la cité romaine d’Arles constitue la plus ancienne représentation aujourd’hui connue de César. Typique de la série des portraits réalistes d’époque républicaine (calvitie, traits dus à l’âge…), il date sans doute de la création de la ville d’Arles en 46 avant Jésus-Christ ;

- une statue de Neptune en marbre de près de 1,80 m de hauteur ; datée de la première décennie du IIIe siècle.

- une statue en bronze du satyre phrygien Marsyas. Cette statue (haute d’ environ 70 cm), dont les mains sont liées derrière le dos, est sans doute d’origine grecque hellénistique ; -

une statue en bronze de Victoire d’environ 70 cm de hauteur. Se présentant en demi-relief, elle était sans doute vouée à décorer un parement de marbre.

 

Hors les deux statues en bronze, l’ensemble des éléments de statues découverts sont en marbre, à l’exception d’une base supportant un lion qui semble en calcaire local (Beaucaire). S’ajoutent à cette statuaire, un chapiteau corinthien en marbre, des fragments de chapiteaux avec feuilles d’acanthe, deux stèles, un autel et des colonnes.
Certains de ces objets seront mis en dépôt et présentés au musée départemental de l’Arles Antique.
Cette découverte a été réalisée dans le cadre d’une opération d’expertise archéologique sous-marine menée par le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM) du ministère de la Culture et de la Communication. Une seconde opération est d’ores et déjà programmée pour l’été 2008. Le site a également révélé deux nouvelles épaves.
Cette découverte confirme une fois encore l’importance du patrimoine sous-marin et rappelle la nécessité d’en assurer la protection, l’étude et la valorisation.

Wolfgang Doeblin (Vincent Doblin)

Né le 17 mars 1915 à Berlin, Wolfgang Doeblin était le fils d’Alfred Doeblin. Ce dernier, homme de gauche et psychiatre, fut l’un des grands romanciers expressionnistes allemands de l’entre-deux-guerres. Il est l’auteur de Berlin Alexanderplat.
Wolfgang Doeblin rejoint son père réfugié à Zurich au lendemain de l’incendie du Reichstag, puis la famille s’installe à Paris en 1934. Plus tard à l’Institut Henri-Poincaré, il se tourne vers la théorie «pure» des probabilités, qui connait un nouvel essor depuis que le mathématicien soviétique Andrei Kolmogoroff s’y est intéressé. Wolfgang est incorporé dans l’armée française en octobre 1938, et refuse à quatre reprises de devenir élève-officier, comme ses titres universitaires le lui permettaient. Doeblin est mobilisé en septembre 1939 comme télégraphiste. Après une campagne héroïque qui lui vaudra plusieurs citations, le jeune soldat, se voyant encerclé par l’armée allemande, préféra se tirer une balle dans la tête plutôt que de connaître l’humiliation de la captivité, le 21 janvier 1940 à Housseras (Vosges). Or, quelques mois avant sa mort, en février 1940, Wolfgang Doeblin avait adressé un pli cacheté à l’Académie des sciences de Paris, qui fut enregistré le 26 février. Ce pli est resté fermé jusqu’au 18 mai 2000, date à laquelle son jeune frère Claude Doblin a autorisé les chercheurs à l’ouvrir et l’étudier. Il contenait une centaine de pages manuscrites griffonées à la hâte et portant sur l’équation de Kolmogorov. Ces pages étaient l’œuvre d’un génie.

Blog-note : 28 mars : journée de printemps

Lu : Les âmes de nos pères vibrent en nous pour des douleurs oubliées, à peu près comme le blessé souffre à la main qu’il n’a plus. Jules Michelet

Réflexion : Une femme n’aime vraiment toute sa vie, que son père et son fils.

Moi : Chaque matin qu’y suis une répétition de théâtre, curieusement, je me sens en pleine forme surtout intellectuelle, et les idées viennent. Faire travailler sa mémoire doit être bien meilleur pour la santé qu’on ne le pense.

Blog-note : 28 mars : journée de printemps dans A retenir tussilage1Sur le chemin de retour ce soir, j’ai aperçu sur les bas-côté de la route du tussilage. Première fleur du printemps aussi. Il fait jour à la sortie du travail à 19h et ça fait du bien.

Appris : Le plus vieil enregistrement sonore du monde, réalisé en 1860 par l’inventeur parisien Edouard-Léon Scott de Martinville, est désormais audible sur Internet, sur le site d’un collectif d’historiens et d’ingénieurs du son. Il s’agit d’une séquence de 10 secondes d’”Au clair de la lune”, enregistrée le 9 avril 1860, soit 17 ans avant l’invention du phonographe de Thomas Edison.

L’inventeur français avait enregistré la célèbre chanson grâce au “phonautographe”, l’ancêtre du phonographe. Le procédé consistait à recueillir des vibrations acoustiques puis de retranscrire les ondes sonores sur une feuille de papier noircie par de la fumée. Cette invention ne permettait toutefois pas de réécouter le morceau enregistré.

Earl Cornell et Carl Haber, deux scientifiques du Lawrence Berkeley National Laboratory (Etats-Unis) sont parvenus à mettre au point une technologie capable de lire pour la première fois les enregistrements qu’Edouard-Léon Scott de Martinville avait réalisé sur ses rouleaux de papier.

Outre l’enregistrement d’Au clair de la lune, présenté jeudi 27 mars pour la première fois, les deux historiens de First Sounds, Patrick Feaster et David Giovannoni, ont découvert en février 2008 une douzaine d’enregistrements déposés par Edouard-Léon Scott de Martinville à l’Académie des Sciences et à l’Institut de France.

15 février

Blog note : n-terr, dans My Brain Write
L’arbre : Devant chez moi il y a un arbre. Tous les jours je le contemple et ne cesse de m’en extasier. Quand je le vois je me dis que la vie est belle et bien faite.
Il y a quelques temps j’ai vécu une rupture sentimentale difficile. Depuis cet arbre a, pour moi, perdu toute saveur. Je ne trouve plus la vie si belle et bien faite.
Mais l’arbre est toujours là… La frontière entre le moche et le beau, le bon et le mauvais, le bien et le mal, n’est marquée uniquement que par ma pensée.
Lui il s’en fout. Il n’est ni moche ni beau. Il ‘‘EST’’, tout simplement. La pensée est un pouvoir énorme, prenez-en conscience et rendez vos forets plus agréables.
Absurde : Bien sûr, des fois, j’ai pensé mettre fin à mes jours, mais je ne savais pas par lequel commencer. Jacques Prévert.

29 août, pluvieux

Entendu : Il n’y a rien à voir et c’est ce qui perturbe les astronomes. 070829trouuniverscmb.jpgLes 27 radiotélescopes basés dans l’état du Nouveau-Mexique (Ouest des Etats-Unis) ont déniché un trou spatial qui ne contient ni galaxies ou étoiles. Que du vide.

Trou noir?

La zone située dans la direction de la constellation de l’Eridan est large d’un milliard d’années-lumière. A bord d’un vaisseau pouvant aller à la vitesse de la lumière, il faudrait un milliard d’années pour traverser ce trou. «Du jamais vu et pas normal», selon les astrophysiciens de l’université du Minnesota. Car il ne s’agit pas d’un trou noir. Les observations des télescopes ne révèlent pas la présence d’un champ gravitationnel intense : l’absence de rayonnement et donc l’obscurité n’est donc pas le résultat d’une lumière aspirée par un astre massif.

Frigo à lumière

Devant l’étendue gigantesque de cet objet sidéral éloigné de 6 à 10 milliards d’années-lumière de notre globe, les explications ne se bousculent pas. Une hypothèse tient pour l’instant la corde. La zone serait l’empreinte d’une zone opaque de l’univers. Les scientifiques ont décelé des radiations émises 380.000 ans après le Big Bang, les restes d’une lumière émise juste après la formation de l’univers. A cette époque, les températures étaient si importantes que la matière et la lumière se seraient amalgamées pour donner naissance à l’«énergie noire» totalement opaque.

Depuis, le mercure aurait chuté de manière vertigineuse, atteignant les -270 °C, le 0 absolu, température réellement mesurée par les télescopes du Nouveau-Mexique. D’où la désignation utilisée par les astrophysiciens pour explique le phénomène: un «cold spot» (ndlr : tache froide). Dans cette région, toute particule émettant des ondes lumineuses perdra son énergie. Et donc sa luminosité.

“Non seulement personne n’avait jamais trouvé un vide aussi grand, mais nous n’avions jamais même prévu d’en trouver un de cette taille,” commente Laurent Rudnick (University of Minnesota). Rudnick, avec Shea Brown et Liliya R. Williams, également de l’Université du Minnesota, ont rapporté leurs résultats dans un papier accepté pour publication dans Astrophysical Journal.

Les astronomes savaient depuis des années que, sur de grandes échelles, l’Univers a des régions “vides”, c’est à dire en grande partie dénuées de matière. Cependant, ces vides sont beaucoup plus petits que celui trouvé par Rudnick et ses collègues. “Ce que nous avons trouvé n’est pas normal, basé sur les études d’observations ou sur les simulations sur ordinateurs de l’évolution à grande échelle de l’Univers,” ajoute Williams.

Date :

1911 : Ishi, dernier indien yahi, dont le vrai nom est inconnu (ishi signifie homme en Yahi), se rend dans la ville d’Oroville où il est capturé.

Blog-notes : 29 avril, jour de fête et d’orage

Lu : La décision chrétienne de trouver le monde laid et mauvais a rendu le monde laid et mauvais. Friedrich Nietzsche

Et cela est valable pour beaucoup de religions.

Puisque tes jours ne t’ont laissé
Qu’un peu de cendre dans la bouche,
Avant qu’on ne tende la couche
Où ton cœur dorme, enfin glacé,
Retourne, comme au temps passé,
Cueillir, près de la dune instable,
Le lys qu’y courbe un souffle amer,
— Et grave ces mots sur le sable :
Le rêve de l’homme est semblable
Aux illusions de la mer.
Paul-Jean Toulet

J’ignorais tout de lui jusqu’à ce soir : grave lacune.

 

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