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Pierre Desproges (1939-1989) : Psy – 28-03-1986

57325desproges.jpgDepuis pas loin d’un siècle qu’une baderne autrichienne obsédée s’est mise en tête qu’œdipe voulait sauter sa mère, la psychanalyse a connu sous nos climats le même engouement que les bains de mer ou le pari mutuel urbain.

On a beau savoir pertinemment que la méthode d’investigation psychomerdique élucubrée par le pauvre Sigmund n’est pas plus une science exacte que la méthode du professeur Comédon pour perdre trente kilos par semaine tout en mangeant du cassoulet, ça ne fait rien, la psychanalyse, c’est comme la gauche ou la jupe à mi-cuisse, c’est ce qui se fait maintenant chez les gens de goût.

Ce scepticisme à l’égard de la psychanalyse, mais aussi de la psychologie et de la psychiatrie qui s’y réfèrent de plus en plus, me vient, selon mes docteurs, des données de base primaires d’un caractère brutal et non émotif qui me pousse à manger le pilon du poulet avec les doigts ou à chanter l’ouverture de Tannhâuser dans les moments orgasmiques.

Voici une histoire vécue, où le prestige des psy en prend plein le subconscient. Ma copine Betty Sartou, mère de famille à ses moments pas perdus pour tout le monde, a connu le malheur d’accoucher d’une espèce de surdoué qui s’appelle Grégoire, comme les moins cons des papes, mais c’est une coïncidence. A cinq ans et demi, ce monstre donnait des signes alarmants d’anormalité. Notamment, il préférait Haendel à Chantal Goya, il émettait des réserves sur la politique extérieure du Guatemala et, surtout, il savait lire malgré les techniques de pointe en vigueur à l’Éducation nationale.

Devant ce désastre, la maman et la maîtresse d’école estimèrent d’un commun accord que Grégoire était un mauvais exemple pour ses collègues de la maternelle, et qu’il serait bienséant de le jeter prématurément dans le cours préparatoire. Oui, mais à condition, dit l’Education nationale, que Grégoire subisse de la part d’un psychologue, par nous choisi, les tests en vigueur en pareille occasion. Au jour dit, mon amie Betty et son super minus se présentent au cabinet du psy, en l’occurrence une jeunesse binoclée de type  » Touche pas à mon diplôme « . On prie la maman de rester dans la salle d’attente. Vingt-cinq minutes plus tard, la psychologue dont le front bouillonnant se barre d’un pli soucieux libère le gamin et accueille la mère.

- Votre fils Grégoire peut sauter une classe. Il en a la maturité. Il a parfaitement réussi les tests de latéralisation (en gros, cela signifie que si on lui présente une cuillère, il aura tendance à l’attraper plutôt avec sa main droite qu’avec son pied gauche). Malheureusement, je ne vous cacherai pas qu’il semble souffrir de troubles affectifs probablement dus à… un mauvais climat familial. Voyez le dessin qu’il vient de réaliser. Je lui avais demandé de dessiner papa et maman. C’est assez clair, non ?

L’enfant avait dessiné un père gigantesque, dont la silhouette occupait toute la hauteur de la page, alors que la mère lui arrivait à peine au plexus.

- Pour moi, c’est clair, soupira la psy. Cet enfant marque une tendance à la sublimation de l’image du père, tendance subconsciemment contrecarrée par une minimisation anormale de l’image et donc du rôle de la mère dans le contexte familial. Je ne vois malheureusement pas d’autre explication.

- Moi, j’en vois une, dit Betty. Mon mari mesure un mètre quatre-vingt-treize et moi un mètre quarante-sept.
Chroniques de la haine ordinaire, Points Virgule n° V50, p. 85
Pour Chriss ! La victoire du bon sens sur !

Belle inconnue à l’Etang salé !

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 » Cette dernière photo est pour Juan. »

Elle lit  » Moonlight becomes you » de Mary Higgins Clark
Mais je suis belle d’être aimée,
Vous m’avez donné la beauté,
Jamais ma robe parfumée
Sur la feuille ainsi n’a chanté,
Jamais mon pas n’eut cette grâce
Et mes yeux ces tendres moiteurs
Qui laissent les hommes rêveurs
Et les fleurs même, quand je passe.

Cécile Sauvage

Chriss : Femme lisant

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A Boucan le 17 août 2010

Pour Chriss !

57169mots.jpgComme avec les êtres vivants, j’ai avec les mots des amitiés, des antipathies, des amours et des tabous. Certains définissent mes ambitions, mes projets, mes « objectifs » intellectuels : lire, apprendre, méditer, voir, comprendre, savoir, écouter, s’enthousiasmerLiberté, justice, honnêteté, respect, humanité, définissent mon idéal de vie. Je me méfie de  » l’homme » d’un seul mot comme de celui d’un seul livre. Je crois que nous avons tous notre dictionnaire, que nous complètons et expurgeons au cours de notre vie. Nous les classons non par ordre alphabétique mais en fonction de nos expériences et en cela nous devons nous méfier. Mais celui qui me représente peut-être le plus c’est curiosité : curiosité pour la vie, la femme(s), le passé, le progrès, l’avenir, l’univers, les livres, le temps…. la poésie ! Mots qui eux aussi font partie de mes préférences.

57-126 : Pour Chriss ! A propos de  » Je n’oublierai jamais ! « 

En 1960, Pearl Buck, part pour le Japon. Elle doit superviser le tournage d’un film tiré de son roman :  » La grande Vague « . Au cour de ce voyage elle est avertit par l’une de ses filles de la mort de son mari. Elle revient aux Etats-Unis quelques jours pour les funérailles et reprend son travail.
Dans ce récit, elle fait alterner le présent et le passé. Le présent est fait du film en train de naître (les acteurs, les lieux, les soucis…), du Japon qu’elle retrouve (elle y a vécu dans son enfance), de son chagrin et de la solitude qu’elle voit s’installer dans sa vie. Le passé, lui, c’est son enfance en Chine, la rencontre, la personnalité et l’amour de celui qui vient de partir.
Pour toutes ces raisons je crois que tu ne peux qu’être à nouveau en phase avec Pearl Buck.

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