posts dans la catégorie 'Perso'


Sous le noyer

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Protégé : L’Ordre

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Brouillard

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Jean-Jacques Annaud : Le Nom de la Rose – 1986

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Valentina Vargas

« Cependant, à présent que je suis devenu vieux, très vieux, je dois confesser que de tous les visages du passé, celui que je revois le plus distinctement est celui de cette fille à laquelle je n’ai jamais cessé de rêver pendant toutes ces longues années. Elle fut le seul amour terrestre de ma vie. Pourtant je ne savais, et jamais je ne sus… Son nom.« 

 

Anne Consigny : Je ne suis pas là pour être aimé – 2005

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Tout en nuances / Le tango fait naitre la passion entre cette jeune femme dont on prépare le mariage et cet homme seul de cinquante ans. /Mes scènes préférées sont celles où ils dansent.

Amrican Beauty – 1999 : Thora Birch

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Match Point – Voody Allen – 2005 : Scarlett Johansson

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Alan J. Pakula : L’Affaire pelican – 1993

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Joe Wright : Orgueil et Préjugés (Pride and Prejudice) – janvier 2006

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Keira Knightley

When Harry met Sally – 1989

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Claude Sautet (1924-200) : Nelly et Monsieur Arnaud – 1995

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The Island – 2005 : Scarlett Johansson

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Jan Guillou : Arn, chevalier du Temple – 12-2007

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Léon : Natalie Portman

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Edward Yang : Yi-yi – 1999

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Les feuilles,
que l’on dit mortes
courent sur la route,
avec le vent !

Pierre Desproges (1939-1989) : Psy – 28-03-1986

57325desproges.jpgDepuis pas loin d’un siècle qu’une baderne autrichienne obsédée s’est mise en tête qu’œdipe voulait sauter sa mère, la psychanalyse a connu sous nos climats le même engouement que les bains de mer ou le pari mutuel urbain.

On a beau savoir pertinemment que la méthode d’investigation psychomerdique élucubrée par le pauvre Sigmund n’est pas plus une science exacte que la méthode du professeur Comédon pour perdre trente kilos par semaine tout en mangeant du cassoulet, ça ne fait rien, la psychanalyse, c’est comme la gauche ou la jupe à mi-cuisse, c’est ce qui se fait maintenant chez les gens de goût.

Ce scepticisme à l’égard de la psychanalyse, mais aussi de la psychologie et de la psychiatrie qui s’y réfèrent de plus en plus, me vient, selon mes docteurs, des données de base primaires d’un caractère brutal et non émotif qui me pousse à manger le pilon du poulet avec les doigts ou à chanter l’ouverture de Tannhâuser dans les moments orgasmiques.

Voici une histoire vécue, où le prestige des psy en prend plein le subconscient. Ma copine Betty Sartou, mère de famille à ses moments pas perdus pour tout le monde, a connu le malheur d’accoucher d’une espèce de surdoué qui s’appelle Grégoire, comme les moins cons des papes, mais c’est une coïncidence. A cinq ans et demi, ce monstre donnait des signes alarmants d’anormalité. Notamment, il préférait Haendel à Chantal Goya, il émettait des réserves sur la politique extérieure du Guatemala et, surtout, il savait lire malgré les techniques de pointe en vigueur à l’Éducation nationale.

Devant ce désastre, la maman et la maîtresse d’école estimèrent d’un commun accord que Grégoire était un mauvais exemple pour ses collègues de la maternelle, et qu’il serait bienséant de le jeter prématurément dans le cours préparatoire. Oui, mais à condition, dit l’Education nationale, que Grégoire subisse de la part d’un psychologue, par nous choisi, les tests en vigueur en pareille occasion. Au jour dit, mon amie Betty et son super minus se présentent au cabinet du psy, en l’occurrence une jeunesse binoclée de type  » Touche pas à mon diplôme « . On prie la maman de rester dans la salle d’attente. Vingt-cinq minutes plus tard, la psychologue dont le front bouillonnant se barre d’un pli soucieux libère le gamin et accueille la mère.

- Votre fils Grégoire peut sauter une classe. Il en a la maturité. Il a parfaitement réussi les tests de latéralisation (en gros, cela signifie que si on lui présente une cuillère, il aura tendance à l’attraper plutôt avec sa main droite qu’avec son pied gauche). Malheureusement, je ne vous cacherai pas qu’il semble souffrir de troubles affectifs probablement dus à… un mauvais climat familial. Voyez le dessin qu’il vient de réaliser. Je lui avais demandé de dessiner papa et maman. C’est assez clair, non ?

L’enfant avait dessiné un père gigantesque, dont la silhouette occupait toute la hauteur de la page, alors que la mère lui arrivait à peine au plexus.

- Pour moi, c’est clair, soupira la psy. Cet enfant marque une tendance à la sublimation de l’image du père, tendance subconsciemment contrecarrée par une minimisation anormale de l’image et donc du rôle de la mère dans le contexte familial. Je ne vois malheureusement pas d’autre explication.

- Moi, j’en vois une, dit Betty. Mon mari mesure un mètre quatre-vingt-treize et moi un mètre quarante-sept.
Chroniques de la haine ordinaire, Points Virgule n° V50, p. 85
Pour Chriss ! La victoire du bon sens sur !

Brouillard

Il se terrait depuis mars au fond des forêts, des ravins et des grottes.
Timidement il pointait son nez les jours de pluie.
Septembre l’a ramené !
Tous les matins il s’étale sur les hauteurs.

puis descend dans la vallée et cache le soleil.
Le brouillard !
Nuage tombé du ciel comme un oiseau à l’aile brisé.

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Question : Est-ce pour nous-même ou pour d’éventuels lecteurs que nous tenons un blog ?

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Sonne le glas !

Sonne le glas. Il est seize heure.
Au milieu de la vie qui continue, elle s’en va.
Pour une dernière fois, son nom va être évoqué.
Pour la dernière fois, elle traversera le village ensoleillé.
Puis, insensiblement son souvenir va s’effacer
pour n’être plus un jour que quelques lignes sur du papier
pour n’être plus que quelques photos à identifier.
Elle emporte avec elle ses espoirs, ses chagrins et ses joies !
ses déceptions, ses illusions et ses rêves de jeune fille.
Même le tumulus qui ce soir la recouvrira,
sera usé par le temps et n’arrêtera plus les passants.
A quoi cela sert-il tout le mal qu’on se donne à vivre ?
Bientôt notre tour viendra !
Quel est le sens caché à tout cela ?

En vacances…

En vacances... dans Me souvenir DSC01315-225x300

Ma fille retire de l’argent ! 

Roger Vercel (1894-1957) : Capitaine Conan

57235vercel.jpgA condition de ne jamais remuer, de s’être empaqueté dans les deux couvertures, d’avoir enfilé, l’une sur l’autre, cinq paires de chaussettes, de s’être calé les reins avec ses souliers, afin de pouvoir les remettre, le moment venu, on est bien !…

Je lis un livre. Toutes les dix pages, j’arrête ma lecture, j’arrache ces dix feuillets, je les tords et j’allume. Cela fait, pendant quelques secondes, une chaleur de four qui tombe tout de suite, mais permet quand même d’arriver au bout des dix pages suivantes. Le Livre de Poche n° 9, p. 9

57-268 : rue de la Rasse

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D…

Tu sais, le temps passe ! Je vois d’autres visages, d’autres paysages, d’autres femmes, d’autres charmes ! Je fais de nouvelles connaissances ! De nouvelles expériences ! J’apprends ! Je me blesse ! Je regrette ! Je lis ! Je rêve ! Je ris ! Je parle ! Je chante ! J’écris ! J’écoute ! J’apprends !

Mais… je ne t’oublie pas, tu sais !

L’Entremetteuse

Sa table était tout au fond dans un coin de la longue salle d’étude près d’une fenêtre. Le dos appuyé au mur et les jambes allongées sur la chaise voisine, il lisait. Claire arriva et lui demanda:
- La place est libre ?
- Oui !
Il retira ses jambes, posa son livre et ses coudes sur la table. Elle s’assit.
- Qu’est-ce que tu veux ? «  demanda-t-il.
- Rien ! Ou plutôt si ! Mais parle doucement.
- Ah, je vois !
Il approcha son visage très près du sien. Son regard buvait les traits de Claire.
- Laisse-moi deviner ! Tu as une copine qui…
- Oui ! a flashé sur toi !
Elle était surprise de son intuition.
- Et c’est toi qu’elle a envoyé faire la commission. Bonne idée je l’en remercie. Mais c’est non !
- Tu as quelqu’un ?
- Non ! Tu le saurais d’ailleurs.
- Pourquoi ?
- Je me comprends.
- Tu veux pas savoir qui c’est ?
- Non !
- C’est Eugènie !
- C’est pas mon genre.
- Tu as un genre toi ?
- Oui ! Très précis.
Il ne la quittait pas des yeux.
- Eugènie c’est une fille bien. Elle a refusé beaucoup de garçons.
- Je n’en doute pas mais elle a tort.
Son regard était doux. Il semblait caresser son visage. Il remit même une de ses mèches en place.
- C’est quoi ton genre.
Elle avait tourné la tête et regardait la salle devant elle.
- Moi je sais le tien ! C’est le l’Bob !
Elle ne répondit pas. Elle jouait avec une des ses bagues. Il reprit.
- Tu vas être gêné si je te le dis. C’est toi !
Elle le regarda.
- Eh oui ! Toi ! Pas une autre ! Aucune autre !
Il semblait jubiler de sa surprise.
- Elle me ressemble Eugènie !
Il rit si fort que des têtes se retournèrent.
- Puis quoi encore. Tu me l’as propose maintenant en lot de consolation ? Mais moi je veux l’originale et pas une copie pleine de défauts.
Elle ne disait plus rien et n’osait plus le regarder.
- Personne ne te ressemble et surtout pas elle, il te l’a pas dit Bob. Et je préfère être seul que mal accompagné. Mais toi tu n’as pas ces problèmes-là ?
Elle se leva et en le toisant du regard en souriant :
- J’ai pas dit ça !
Eugènie lui demanda quand elle revint vers elle :
- Alors ?

- C’est non pour toi !
Il avait reprit sa lecture. Mais quand elle jeta un regard dans son coin, il baissa son livre et elle ne put s’empêcher de lui sourire.

Jean-François Millet : L’Angelus

L’Angélus de Jean-François Millet, date de 1858. En plein champs un couple de paysans prie, des outils posés près d’eux. On devine l’angélus sonner au clocher lointain (celui de l’église Saint-Paul des XIIe et XVe siècles de Chailly-en-Bière, près de Barbizon).

À la suite de La récolte des pommes de terre et Des glaneuses, Millet s’attache ici à représenter avec réalisme et délicatesse un aspect de la vie quotidienne des campagnes de son temps. Parallèlement au goût des foules paysannes pour les pratiques magiques et les grandes cérémonies ostentatoires, la deuxième moitié du XIXe siècle voit le développement au sein du monde paysan d’une piété plus profonde et plus personnelle. La prière de l’angélus est tout à fait représentative de cette sensibilité.

Ce tableau s’inspire de son enfance paysanne. « L’Angélus est un tableau que j’ai fait en pensant comment, en travaillant autrefois dans les champs, ma grand-mère ne manquait pas, en entendant sonner la cloche, de nous faire arrêter notre besogne pour dire l’angélus pour ces pauvres morts » disait Millet. Il ne cherche pas à représenter la religiosité du monde rural, mais à fixer son rythme de vie.

Ce tableau a été très largement reproduit sur différents objets et supports et copié ou réinterprété par d’autres artistes XIXe siècle et du XXe siècle. Salvador Dali en particulier était fasciné par ce travail, et lui a consacré un livre entier (le Mythe tragique de l’Angelus de Millet). En 1938, Dali écrit que les paysans figurant sur le tableau, n’étaient pas simplement en prière suite à l’Angelus, mais qu’ils se recueillaient devant un petit cercueil. En 1963, Dali insiste et obtient du Louvre que le tableau soit radiographié. Sous la peinture, au premier plan, est effectivement masqué le cercueil d’un enfant.

Des variations de ce tableau de Millet apparaissent dans plusieurs de ses propres peintures. En 1889, la volonté de rachat du tableau par le Louvre est devenu en France une affaire d’État et médiatique, opposant la droite royaliste qui ne voulait pas de cette acquisition, au gouvernement qui ne voulait pas que le tableau devienne la propriété des musées américains. L’État ne réunissant pas la somme nécessaire, le tableau fut acheté par l’American Art Association en 1890, mais aussitôt revendue à Alfred Chauchard, qui le lègue aux musées nationaux à sa mort, en 1909. Dès lors, exposé au Louvre, il est lacéré par un déséquilibré en 1932. Il est affecté au musée d’Orsay en 1986.

Peur…

… de la maladie !
… du sida !
… de l’amour !
… de l’altérité!
… du qu’en dira-t’on!
… des curés!
… de la différence !
… du cancer !
… de la vieillesse !
… d’alzaimer !
… de la mort !
… d’un dieu !
… du chômage !
… de l’étranger !
… de la faim !
… de la guerre !
… de l’inconnu !
… du terrorisme !
… de l’insécurité !
… de la police !
… du changement climatique !
… des jeunes!
… de l’avenir !

 

… il est important pour certains qu’on ait peur !
comme ça, on se tient à carreau !

Tasogare Seibei

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Semishigure

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Fuku et Bunshiro !

Complainte des anti-proverbes !

Celui qui a bu,
boira !
Celui qui à bandé
Débandera !

Celui qui a barbouillé
Débarbouillera !

Celui qui a battu,
Débâtera !

Celui qui a boisé,
Déboisera !
Celui qui a boité,
Déboîtera !

Celui qui a bordé,
Débordera !
Celui qui a bouché,
Débouchera !

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J’aime :
les bourrasques de brouillard !
les nappes de soleil !
les couchers de grêle !
les averses de vent !
les tornades de lune !
les pluies de plomb !

La soirée

A cette époque-là nous formions une équipe de collègues soudée et amicale. Nous organisions des sorties hors du travail et au moins une fois par mois nous nous retrouvions à  » L’Entresol ». C’était un restaurant, du centre ville, installé dans de vieilles caves voûtées. Son caractère intime et chaud nous plaisait beaucoup.

Ce soir-là, à notre arrivée en bas des escaliers de pierres, nous avons été accueillit, non par le chef de salle, mais par le patron en personne. « Ce soir,, nous filtrons les entrées. Votre table est prête bien sûr, mais nous avons comme cliente, Marie D… avec toute l’équipe de son nouveau film. Ils tournent dans le Haut-Doubs. Je vous serais reconnaissant de vous montrer discrets et de ne pas la déranger pour des autographes ou autre chose. Merci beaucoup et bonne soirée.  » Pour son établissement c’était une première, c’était le cas de le dire.

La nouvelle nous plu aussi beaucoup. Ce petit événement apportait un plus à notre soirée. Nous allions voir de près Marie. Certains d’entre nous savouraient déjà le plaisir qu’ils auraient demain à raconter cela autour d’eux.

Dès que nous fûmes installés, dans notre petit coin, la conversation roula sur elle. Tout y passa : son physique, ses films, ses chansons, ses hommes. Les femmes comme les hommes ne tarissaient pas d’éloges. Elle était jeune, belle, et célèbre. On l’enviait.

Sa troupe était autour de plusieurs tables dressées entre les piliers au milieu de la salle. On y discutait fort, on riait, on jouait de la guitare.
Déborah demanda à Jean :
- T’en pense quoi, toi, Jean, de Marie D.?
- Rien ! C’est une femme comme toutes les autres !
- Et bien moi, dit Paul, j’aimerais en avoir une comme ça de femme-comme-toutes-les-autres !
- Tu le penses vraiment ? «  reprit Déborah.
- Oui, bien sûr ! Peut-être un peu plus égocentrique et narcissique, mais c’est tout !
Jean était de dos à la salle. A aucun moment il ne se retourna. Il semblait plus intéressé par Déborah.
Nous finîmes néanmoins par oublier leurs présences et par discuter d’autre chose : le travail bien sûr, les vacances forcément, nos prochaines sorties, les soucis familiaux de certains et du cadeau que nous voulions faire à une future mariée dans la maison.
La soirée était bien avancée quand nous décidâmes de partir. Certains n’en avaient pas envie.  » C’est bien ce soir ici !  » disait, Jocelyn.
Pour regagner la sortie nous avons dû retraverser la salle et longer la table des V.I.P. A notre passage, Marie D… dit assez fort :
- Jean !
Il s’arrêta, la regarda. La tablée s’était tue. Jean fit les quelques pas qui le séparaient de sa chaise. Elle se leva. Ils se firent la bise.
- Tu ne m’aurais rien dit !
- Non !
- Tu n’as pas changé. Tu viens toujours ici !
- Eh, oui !
- Toujours avec une jolie fille, dit-elle en regardant Déborah.
- Ne dit pas ça !
- Tiens !
Elle lui tendit un papier qu’il fourra dans une poche rapidement, puis il lui fit la bise et nous rejoignit.
Elle se rassit sans le quitter des yeux. Lui en arrivant vers nous qui l’attendions à la porte nous demanda :
- S’il vous plaît ne dites rien.
Nous partîmes suivit par les regards interloqués du patron et du barman.
Dans les escaliers et puis dans la rue, nous ne nous sommes pas retenu de l’abreuver de questions : mais d’où tu la connais ? Pourquoi tu n’as rien dit ? Tu lui aurais pas parlé ? C’est quoi ce papier ? Jean était sombre et silencieux.
- Vous m’auriez cru de toute façon ?
- ça t’as raison, acquiesça Paul.
- Elle m’a gâché la soirée !, dit-il en regardant Déborah.
- Non, moi j’ai bien aimé la voir. Tu me ramènes ?, dit celle-ci.
Oui !
A ce moment-là, Jean retrouva le sourire et même sa bonne humeur.
- Avant on pourrait aller boire un verre, ailleurs, pour oublier tout ça.
– Si tu nous parles un peu d’elle.
Mais il éluda toutes nos questions en répondant à côté de la plaque et en faisant de l’humour. Finalement nous avons eu pour toute explication, cette phrase laconique :  » Elle a eu une vie avant d’être célèbre ! « . Il n’est jamais revenu sur le sujet.

Evasion…

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Depuis le printemps,
elle attendait,
elle l’attendait

sa délivrance.

Enfin, était arrivée,
sa belle parure dorée.

Lui, à chacun de ses passages
il l’avait frôlé,
caressé,
fait frissonné !

Et, aujourd’hui,
il l’avait emporté.

Maintenant,
il la faisait danser,
virevolter,
courir sur le sol
au milieu de ses sœurs !

Pour la première fois
elle se sentait vivre et libre !

Pourtant elle n’était,
dans les bras du vent,
qu’une feuille morte
qui ne passerait pas l’automne !

Soir de fête…

Par le chemin désert et sombre
nous rentrions, un peu avant minuit
tout étourdit de la musique, du bruit
et de la griserie des manèges.

Nous ramenions notre lot de berlingots
et de bonbons des Vosges,
de porte-clés et de sifflets,
de souvenirs et de regrets.

Les étoiles filantes d’août,
nous faisaient lever la tête
et les verts luisants
perçaient l’obscurité des fossés.

Plein d’une fatigue inconnue
nos fredonnions
la chanson scie de l’été
et attendions notre destinée !

Seul le poète…

Le poète, seul, connait la valeur et la puissance des mots !
Lui seul sait les placer dans la phrase,
dans la bonne lumière,
pour qu’ils se mettent en valeur mutuellement
pour qu’ils expriment pleinement leur sens !
Il en est avare.
il construit sa phrase pour eux et non avec eux.

Le poète est le jardinier des mots !

Instant…

Vous marchiez à côté de moi, avec quelques pas d’avance.
Vous m’offriez en plus d’un parfum léger, les lignes douces et arrondies de votre profil.
Une onde de chaleur, provoquée par les mouvements gracieux de votre corps, parcouru le mien.

Passage !

Comme…

… le premier chant d’oiseau de l’aurore !
… le cri de l’enfant s’éveillant à la vie !
… l’envolée d’une nuée d’étourneaux, dans le soleil couchant !
… mon cœur a bondit en croisant ton regard et en revoyant ton visage !

Avant la pluie !

Poursuivant son interminable voyage, le vent arrive ! Doucement, puis en force, il accompagnera la pluie, il passera et s’en ira. Il emportera au loin nos parfums, nos chants et nos rires ; nous laissera l’envie de courir, de le poursuivre et des regrets de liberté.

Le D….

De nuit comme de jour
Il suit son cours
Il court vers Marseille
murmurant son amour !

De nuit comme de jour
Il fuit son cours
Il court vers le soleil
Et à la Saône fait la cour !

De nuit comme de jour !

Mémoires

Toutes ses voisins, amis et connaissances sont réunit dans l’église. Le cercueil entre, porté par les pompiers. La famille suit. Ses petits-enfants et arrières-petits-enfants sont venu de loin. C’est l’une des rares fois où ils traverseront le village et entreront dans le temple. Que savent-ils de cet aïeul ? Si peu ! Sa mémoire est dans cette assistance inconnue d’eux ! Chaque spectateur en conserve une parcelle, parfois courant sur des dizaines d’années. Eux, repartiront en laissant cette saga, leur saga derrière eux !

57-136 : ce matin

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133

Question : Que doit-on retenir d’une journée : le moment le plus marquant ? l’impression générale ? notre état d’esprit quand elle s’achève ?
Réflexion : Vingt ans ce n’est pas le plus bel âge de la vie : mais c’est celui où le point noir de la mort ne grossit pas à l’horizon tous les jours.
Citation : Pour bien écrire, il faut sauter les idées intermédiaires, assez pour n’être point ennuyeux, pas trop de peur de n’être pas entendu. Montesquieu Mes pensées.
Photo : Ce matin :

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La Déesse aux serpents

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126

Moi : Journée bien chargée ; toujours sans café.

Inspiration :

Dans ses yeux bleus, y’a toutes les mers et tous les ciels !
Y’a une voile blanche et un nuage !
Y’a une île et une grande plage !
Dans ses yeux bleus, y’a un voyage !
Y’a une plage sur une île !
Y’a tous les bonheurs possibles !

Jogging

je cours !
je cours obstinément !
je cours contre le vent !
je cours contre le temps !
je cours !

je cours !
je cours éperdument !
je cours par tous les temps !
je cours contre les ans !
je cours !

je cours !
je cours sérieusement !
je cours pour tuer le temps !
je cours après moi-même !
contre le cours du temps !

Aurore

Au lever du jour,
En écoutant les chants d’oiseaux,
Qui peut dire,
S’il en manque un depuis la veille ?
Et la vie continue !
Il en sera de même pour moi !

Le Visiteur

    Lorsque l’envie m’est venu de vous raconter cette histoire plusieurs débuts se sont présentés à moi. Car, ce n’est qu’une fois que nous avons comprit ce qui se passait que certains petits événements précurseurs nous sont apparus comme étant en relation avec elle.
    Néanmoins j’ai choisis de commencer par ma chronologie personnelle. Je suis né dans un petit village du Jura (la montagne, non le département), Ahon. Comme il ne possédait aucune industrie j’ai dû à l’âge adulte, si on l’atteint un jour, trouver un travail dans une ville assez éloignée.
    Une fois mes parents disparus je n’avais plus de raison d’y revenir. Néanmoins, une dizaine d’années après mon départ, la liquidation de la maison familiale m’amena un matin d’août à faire le voyage. Je le fis par une belle journée ensoleillée et je savourais ces retrouvailles avec mon enfance.
    Arrivé sur la place du village ce fut la propreté des lieux qui me surprit immédiatement. Tout avait été remit à neuf. La chaussée, les trottoirs, les fontaines, les façades, les parterres de fleurs, les enseignes, les chemins, etc. Au cour de ma visite je découvrit que l’on avait comme passé un immense coup de torchon et de pinceau sur la totalité du village.
    Les arbres étaient taillés, les berges des deux rivières tondues, toutes les murettes remontées… les chemins entretenus autant que les rues et les ruelles… Pas un brin de rouille sur une barrière ni une pierre noircie par la pollution des voitures. Pas un coin de peinture écaillée sur un volet, pas une faute de goût… J’étais dans un village témoin !
    La maison familiale avait elle aussi reçu son ravalement. Ma sœur m’expliqua que la mairie en avait prit en charge la plus grosse partie et que la location avait payé le reste.
Elle ajouta : ” T’es allé voir la château ? “.

Je voudrais…

Je voudrais…

  • Que mon avenir et mon espoir soient dans ton regard !
  • Que ma vie ait la couleur de tes yeux : bleu !
  • Que mon horizon soit la ligne de ton profil !
  • Que l’émail de mon blason soit le blond de tes cheveux !
  • Que ma force soit dans tes mains !
  • Que ma chrysalide soit dans tes bras !
  • Que mon ivresse soit dans le velours de ta peau !
  • Qu’entre mes doigts ta chevelure soit un ruisseau !
  • Que le repos de ma tête soit dans la cambrure de tes reins !
  • Que mes pommes de la conaissance soient tes seins !
  • Que mon miel soit dans ta bouche !
  • Que ma joie soit dans ton sourire !
  • Que mon oasis soit dans ton sexe !
  • Que mon élixir soit ta rosée !
  • Que mes fers soient tes cuisses !
  • Que l’argile sous mes mains soit ton corps !
  • Que mon chant préféré soit ton rire !

Fleur : La Fête

II

Pour se garer, Jean alla jusqu’au petit parking. La route surplombait le parc où la fête avait lieu. Elle était organisée en son honneur, pour son retour. Il ferma sa voiture et revint sur ses pas. Mais au bout du chemin, il l’aperçut. Elle souriait. Qu’est-ce qu’elle faisait là ?

Il s’arrêta net. Comme elle lui ressemblait. Son envie de faire demi-tour, fut aussi forte que sa colère d’être venu. Non seulement il n’était pas guérit mais ce qu’il avait redouté le plus lui arrivait.

Elle vint à sa rencontre. Il ne pouvait plus partir.

- Je suis sa fille.

- J’ai vu

- Je lui ressemble tant que ça ?

Jean avait la gorge nouée et ne trouvait pas les mots. Elle avait dit cela en lui faisant la bise et en lui prenant le bras.

- Je guettais votre arrivée depuis le bas. Je savais que ça vous ferait quelque chose. Venez ! Tout le monde vous attend. Je ne voulais pas que vous me rencontriez devant les autres et qu’ils voient votre surprise.

- Merci !

- J’étais tellement impatiente de vous connaître.

- C’est gentil !

Elle vit que le regard de Jean était embué.

- Et votre prénom c’est…

- Claire, bien sur !

- Et oui ! Suis-je bête !

- C’est vous qui l’avez choisi sans la savoir.

Ils rejoignirent les autres invités. Marcher lui fit du bien. Mais son coeur battait la chamade. Lui qui s’était sentit si fort s’apercevait d’un coup qu’il avait décidé ce pèlerinage par faiblesse.

Des tables avaient été dressées sur la pelouse et garnies d’un buffet froid. Chacun se servait et par petits groupes on discutait. Les enfants circulaient au milieu de tout ça en traînant de ballons.

Ils étaient tous là. Un à un ils disaient bonjour. Elle restait à côté lui. Ils avaient changés : grossis, blanchis, maigris, grandis, mûris… Lui au contraire, à ce que tous lui dirent n’avait pas changé.

- Tu es le même. C’est incroyable. Comment tu fais ?

On lui présenta les nouveaux venus ; nouvelles branches ou nouveaux greffons.

- Claire pouvez-vous faire une photo ?

Elle partit et il la regarda s’éloigner avec regrets.

- Elle lui ressemble hein, dit Anne.

- Oui !

- Tu dois…

- Qui est le père ?

- Tu ne sais pas ? Elle est allée dans une banque de sperme.

- C’est toi qui l’a invité ?

- Non ! C’est maman. Elle lui avait fait savoir que le jour où tu viendrais elle aimerait te voir. Elle a tenu parole tu vois. Elle vient voir souvent maman.

Jean partit faire le tour du propriétaire. Tout était comme avant mais rien n’était plus pareil.

- Comme t’as grandit toi ! dit-il à un peuplier en tapant sur le tronc. – T’es beau.

- Déjà seul Jean ? Tu viens à peine d’arriver et tu t’esquive déjà !

- Non ! non !

- Si ! Si ! Je te connais ! Tu t’ennuies ! Tu as vu Claire ! C’est une fille bien tu sais. J’ai vu qu’elle était allée à ta rencontre. Elle a du coeur cette petite. C’est un être plein de tact

- Je suis tellement content de te revoir mamie. Il lui passa un bras autour des épaules.

- J’avais peur de partir sans t’avoir revu, tu sais. Jean la serra contre lui.

- Je ne t’aurais jamais fait ça, mamie !

Fleur : La Visite

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I

Jean n’entendait – mis à part les chants d’oiseaux dans le petit jour – que le crissement des graviers sous ses pas. Comme on le lui avait dit, elle était au bout de l’allée centrale.

Juste dans l’alignement du chemin, il voyait à l’horizon le ciel rougit par le lever du soleil. La dalle était comme toutes les autres : deux dates, son nom et son prénom. Sa douleur alors se raviva démesurément.

- Fleur ! dit-t-il doucement la voix enrouée.

Il avait choisi ce moment de la journée pour être sur de ne rencontrer personne. Il n’avait pas pris de fleurs. Il n’avait pas pu. Il aurait dû accepter qu’elle était maintenant, au même rang que les autres ici, c’est-à-dire hors de ce monde et ça il ne le pouvait pas.

 » Je n’ai pas pu  » lui dit-il. Il sortit le petit carnet qu’il avait toujours dans la poche arrière de son pantalon et écrivit : je t’aime encore. Il arracha la page et la posa sur la dalle avec un peu de gravier dessus pour que la brise ne l’emporte pas trop vite.

Il resta un long moment dans ses pensées, puis reprit l’allée. Le soleil était maintenant au-dessus de l’horizon. Elle restait derrière lui, mais il sentait son regard et il savait que sous la pierre reposait avec elle le meilleur de lui-même. Il eut un léger frisson.

Les Inséparables

Debout, sur la plage de l’avenir, il est un âge où l’on regarde les cadeaux que vous apporte la vie sans les reconnaître. Ce soir Co je me souviens :
- de ton parfum !
- de ton sourire !
- de nos promenades !
- de ton bras sous le mien !
- de Besançon !
- du belvédère !
- de ses couchers de soleil !
- de nos soirées chez toi !
- de tes confidences !
- du café du Théâtre !
- de ses cappuccino !
- de ta robe rouge !
- de l’orage !
- de nous deux sous un parapluie !
- de toutes ces journées jusqu’à minuit !
- de la curiosité des autres !
- de ce surnom !
- de ta jalousie !
- de notre nuit ! Co, je me souviens ! Même si chaque jour s’acharne à effacer ton souvenir !

Envie !

Elle traverse la place. Il tourne autour d’elle, joue avec ses cheveux blonds et défait sa coiffure. Il caresse ses joues et son cou, effleure ses lèvres et même ses yeux bleus. Il se serre contre elle et écarte ses habits qu’elle retient doucement. Il s’insinue sous ses bras et entre ses jambes. Il se remplit de son odeur et de son parfum.

Admiratif, je le regarde faire et l’envie. Je suis jaloux de lui, bien que j’aie toujours aimé le vent. (2006-12-09)

Le Sable !

Que sont devenus les jours d’été de mon enfance,
Lorsque, à la rivière nous descendions nous baigner ?
Sous le tilleul retentissaient les cris des filles éclaboussées !

Comme les feuilles d’automne, ils s’en sont allé, au fil de l’eau.
Ce soir d’octobre, sur la plage, les yeux fermés, je les ai retrouvé.
C’est moi, qui m’en était éloigné, au fil des années !

La Comté…

Je sais tes forêts de sapins et tes coins de muriers…
Je sais tes chemins creux et tes anciens vergers…
Je sais tes hivers rudes et tes automnes dorés…
Je sais tes neiges de printemps et tes orages d’été…
Je sais le tintement des clarines dans les près…
Je sais ta gentiane et tes vignes d’Arbois…
Je sais ton vin jaune et ton “Comtois rends-toi “…
Je sais le temps a passé, mais ne me rendrai pas !
Je sais me méfier du regard qui rend ivre…
Je sais pour l’avoir vu, où se cache ta Vouivre…
Je sais le soleil sur le Doubs et sa fille la Loue…
Je sais tes grottes et tes gouffres, tes combes et tes biefs…
Je sais tes ruisseaux clairs qui m’ont désaltérer…
Je sais tes aigles d’empire par le lion remplacés…
Je sais ta terre aux mains du Téméraire…
Et de tous les Habsbourg la mieux considérée…
Je sais tes clochers impériaux et l’Espagne tant aimée…
Je sais tes hommes élevés ou par le sort donné…
Charles, Louis, Gustave, Emile, René…
Je sais tous mes ancêtres de ta terre façonnés…
Et chacun de mes os de ta pierre constitués…
Je sais être ton fils ma Comté !

(Balthasar Klossowski de Rola) Balthus (1908-2001) : Michelina endormie – 1975

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crayon et fusain
sur papier « peau d’éléphant »
70 x 100 cm

Le Mouvement

Ce matin-là Anne se leva à six heures précises. Elle ne voulait rien rater des événements de la journée, qui devaient être retransmis à la télé à partir de sept heures. La semaine dans sa totalité était fériée, donc, elle et son mari, Simon, étaient de repos. Lui resta au lit.
- Il n’arrivera qu’à dix heures, pourquoi, regarder avant ?
- Je suis anxieuse tu peux pas savoir. On attend ce moment depuis si longtemps. Je me demande à quoi il ressemble.
Après avoir prit sa douche, elle sortit acheter du pain. La rue était calme et elle fit deux ou trois rencontres avec lesquelles elle papota. Elle ne cessait pourtant de se demander pourquoi elle, militante depuis 5 ans n’avait pas reçu de mission.
Quand Simon se leva, il alla comme chaque jour imperturbablement ouvrir son ordinateur dans son petit bureau et envoya un message. Anne était assise devant la télé est regardait une émission sur le Mouvement.
- Il raconte n’importe quoi.
- Ah ! Bon ?
- Ils disent que le Mouvement est vieux de 15 ans. Mais il est bien plus vieux.
- Comment tu le sais ?
- Par des Vétérans !
- Ah ! Bon !
- Pourquoi tu n’en as jamais voulu faire partie ?
- ça ne m’intéresse pas.
- Tu as peut-être bien raison ! Aujourd’hui je n’ai pas reçu de mission, ni d’affectation. Tu t’imagines.
- Elles peuvent encore arriver non ?
- Oui !
Mais elle n’y croyait pas. Elle y voyait une injustice.
- Ce n’est qu’un oubli je pense.
On frappa à la porte. Elle ouvrit à un voisin.
- Tu as vu la rue, Anne ?
Elle sortit. Des Gardes en uniforme y étaient alignés de chaque côté sur toute la longueur.
- Il va passer ici ?
- Je ne sais pas.
- Tu pourrais te renseigner.
Après avoir parcouru une vingtaine de mètres elle reconnut un garde en chef :
- Qu’est-ce qui se passe ?
- Je n’en sais pas plus que toi ! Mais c’est le grand décorum. Je n’ai pas vu ça ailleurs.
De retour à la maison elle eut beaucoup de mal de sortir Simon de son ordinateur.
- La rue est remplie de Gardes.
- Tant mieux. Tu seras aux premières loges comme ça.
Elle retourna dehors. Elle ne revint que vers dix heures moins le quart.
- Tu devrais venir voir. Des caméras de télévision sont arrivées.
- Je tape encore ça et j’arrive.
Elle repartit au salon et en revint aussitôt.
- Notre rue est à la télé, je sorts.
- ça se précise.
Simon se changea et s’assit dans un fauteuil. Il regardait la télé mais pensait à autre chose. Anne vit bientôt une dizaine de voiture remonter la rue et s’arrêter devant sa maison. En descendirent des chefs des vétérans. Ils entrèrent dans le jardin et allèrent à la porte. Anne revint sur ses pas.
- Que voulez-vous ?
Mais Simon avait ouvert la porte. Il portait l’uniforme de la garde avec le brassard, noir et doré.
- X527A
- Le code secret du jour ! dit Anne.
Les hommes se mirent au garde à vous. Anne ne comprenait plus rien. Deux femmes vinrent l’encadrer. Le chef des gardes s’avança. Simon lui posa la main sur l’épaule :
- Connétable !
- Moi aussi je suis fier de te rencontrer Vincent.
L’homme avait les larmes aux yeux. Le Connétable, celui qui avait initié le Mouvement était devant lui, celui avec lequel il correspondait tous les jours depuis quinze ans sans jamais l’avoir vu était là en face de lui.
- Aller Vincent on y va.
Simon s’approcha de Anne qui pleurait.
- Maintenant tu sais pourquoi tu n’as pas reçu d’affectation. Elles vont prendre soin de toi. Bonjour Myriam. Bonjour Rachida.
Il salua ses voisins comme chaque jour. Alors toute la rue retentit du cri de ralliement du mouvement que les Gardes poussèrent : Tous unis !
Simon monta à l’arrière d’une voiture. Il tendit la main au chauffeur, celui-là même auquel le matin il avait demandé de le conduire.
- Bonjour Paul !
L’homme se retourna.
- Je suis tellement heureux de te voir.
- Moi aussi ! Démarre ne nous mettons pas en retard.
Les voitures partirent.
Le cortège prit la direction de l’aéroport sous les cris et les applaudissements. Là, le Connétable devait prendre l’avion pour rejoindre l’hexagone dans la nouvelle capitale.
Anne à la maison ne revenait pas de sa surprise. Son téléphone sonnait sans cesse mais les jeunes femmes répondaient à sa place. Simon était Le Connétable.

13 décembre

Moi : Nouvelle nuit blanche. Comme Proust j’ai attendu le matin non en écoutant le train passer dans le lointain, mais les voitures.
J’ai lu les Lettres de Saint-Exupéry à sa mère. J’admire son style, si clair si concis. J’ai regardé à la télé les émissions les moins intéressantes pour moi.
Je n’ai aujourd’hui, goût à rien et aucune inspiration. Aucune idée ne vient parce que je ne parviens pas à penser à autre chose que mon problème. Je suis en colère avec moi-même, je m’en veux.

Protégé : Sandra IV

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Robert Mulligan : Un été en Louisiane – 1991

58136uneteenlouisiane199110378691nnnku2041.jpgDany (Reese Witherspoon), 14 ans à l’habitude l’aller se baigner dans un étang de la propriété voisine inhabitée. Pourtant un soir Court, 17 ans, vient s’y baigner aussi et l’en chasse.

Quelque temps plus tard ses parents reçoivent une amie veuve et ses trois fils revenus s’installer à côté de chez eux. Court en fait partie. Il emmène Dany faire des courses et pour elle c’est le coup-de-foudre.

Elle retournera maintenant se baigner mais pour retrouver Court, jusqu’au jour où celui-ci vient à la maison et rencontre, Maureen la sœur aînée de Dany. Court mourra et les deux sœurs seront réconciliées par leur chagrin.

Les passages que j’ai le plus aimés sont ceux où Dany se baigne avec Court.

15 août

Perso : Le soleil depuis ce matin est de la partie, mais en ce moment le vent se lève. Des nuages bien blancs et assez éparts ont fait leur apparition.

Le village est très calme. Finalement beaucoup de gens sont en vacances.
Ce matin j’ai passé la débroussailleuse et effeuillé la vigne. (14:17)

Mes films : Le fabuleux destin d’Amélie Poulain

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Ce n’est rien d’autre qu’un conte de fée. Une image qui me reste : l’homme endormi la tête posée sur sa poitrine pendant qu’elle fantasme.
Ce qui m’a le plus amusé : les voyages et les cartes postales du nain de jardin.

 

Samsara

048samsara.gifJe garde de Samsara quelques images bien précises. Inutile de dire que j’ai aimé…

Celle des plans fixes sur les paysages de l’Inde et la rencontre de Tashi, jeune moine avec Pema, celle qui va bouleverser sa vie, dans un couloir à la lumière d’une lampe qu’il porte.

 

Quelque chose de Renoir dans ce film.

20 juillet : carte de Déborah

Reçu :

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Moi : Désabusé ! Fatigué !

23 juin

58182lady.jpgTélé : Arte a diffusé Lady Chatterley et l’homme des bois, de Pascale Ferran. Je l’ai enregistré. Marina Hands fait de Constance une femme sensible et intelligente, fragile et sans aucune vulgarité, victime de sa solitude physique, belle dans sa souffrance de ne pas être aimé dans sa chair. Elle donne une très belle image du désir féminin et c’est rare. La vie ne nous réserve pas des rencontres pareilles.

Je sens dans les longs plans sur les paysages et les fleurs, l’influence de David Leane ou Kurosawa mais je me trompe peut-être. Me voilà tel un adolescent en train de relire Lawrence. J’y recherche la référence à la solitude de Constance. Le film me fait redécouvrir le texte.

Réflexion : L’œuvre artistique accomplie déclenche l’inspiration et l’envie de création.

2006-10-26

La voiture roule lentement. Un ban de brouillard flotte à la cime des arbres. Le soleil encore bas sur l’horizon n’éclaire la forêt que par place. Où est-ce que je vais ? Pourquoi cette boule d’angoisse ? Chaque jour, l’automne apporte de nouvelles couleurs aux feuilles. Qu’est-ce qu’elle m’apportera à moi ? Plus de solitude ? La rosée est si forte que l’herbe est blanche par endroit. Je vais vers une journée comme les autres. Où est-elle celle dont la main réchauffera mon cœur ? Dont la rosée me désaltéra ?

2006-11-10

58101brume01.jpgOh ! Le beau brouillard ! Ce matin en ouvrant la fenêtre, je ne vois plus les maisons de l’autre côté de la rivière. Le ciel est descendu sur le village : nous vivons dans un nuage !

Conduite par deux adultes, une colonne de loupiots remonte le pont. Ils se tiennent la main deux par deux ; regardent de tous côtés et attirent l’attention et les sourires des passants. L’avenir en marche engoncée dans les habits chauds !

Les premières gelées ont fait brunir les feuilles. Le soleil de novembre est encore chaud. Les vaches buissonnières ont quitté leur pâturage d’été, et broutent les champs dont l’herbe a repoussé, après les foins et les regains de juin. Dans les coins ombragés, sous les sapins, persiste le givre déposé au petit matin.

Jumeaux, cachés dans votre nid de dentelle, qui réagissez à chacun de ses mouvements, c’est vous qui régissez le monde. Son léger décolleté laisse deviner votre rondeur.

Il pleut. La radio ronronne. L’habitacle de la voiture est chaud. Ce trajet est une parenthèse entre la maison et le travail. Un sas de tranquillité, de réflexion de mise au point.

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